SCENE PREMIERE
LA BARONE, MARINE Marine.
NCORE hier deux cents pistoles !
La Barons.
Cesse de me reprocher...
Marine.
Non, madame, je ne puis me taire; v6tre conduite est insupportable.
La Barons.
Marine !...
Marine.
Vous mettés ma patience à bout.
La Barone.
Hé! comment veux-tu donc que je fasse?
Suis-je femme à thésauriser?
Marine.
Ce seroit trop exiger de vous ; et cependant je vous vois dans la nécessité de le faire.
Pourquoy ?
Marine.
Vous êtes veuve d’un colonel étranger qui a été tué en Flandre l’année passée; vous aviés déjà mangé le petit douaire qu’il vous avoit laissé en partant, et il ne vous restoit plus que vos meubles, que vous auriés été obligée de vendre si la fortune propice ne vous eût fait faire la précieuse conquête de M. Turcaret le traitant. Cela n’est-il pas vrai, madame?
La Barone.
Je ne dis pas le contraire.
Marine.
Or, ce M. Turcaret, qui n’est pas un homme fort aimable, et qu’aussi vous n’aimés guere, quoique vous ayés dessein de l’épouser, comme il vous l’a promis; M. Turcaret, dis-je, ne se presse pas de vous tenir parole, et vous attendés patiemment qu’il accomplisse sa promesse, parce