‹ Turcaret comédie en cinq actes Le SageChapitre 81 sur 107 · ACTE IV, SCENE X iiS · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE X iiS

madame étoit dans le goût de se marier, j’ay en main le plus excellent sujet !

La Barone.

Pour moy, madame Jacob ?

Madame Jacob.

C’est un gentilhomme limousin ; la bonne pâte de mari! il se laissera mener par une femme comme un Parisien.

Lisette.

Voilà encore un bon hasard, madame.

La Barone.

Je ne me sens point en disposition d’en profiter; je ne veux pas sitôt me marier, je ne suis point encore dégoûtée du monde.

Lisette.

Ho! bien, je le suis, moy, madame Jacob; mettés-moy sur vos tablettes.

Madame Jacob.

J’ay vôtre affaire; c’est un gros commis qui a déjà quelque bien, mais peu de protection ; il cherche une jolie femme pour s’en faire.

Lisette.

Le bon parti ! voilà mon fait.

La Barone.

Vous devés être riche, madame Jacob?

Madame Jacob, à la Barone.

Hélas! je devrois faire dans Paris une autre

TU RCARET

figure : je devrois rouler carrosse, ma chere dame, ayant un frere comme j’en ay un dans les affaires.

La Barone.

Vous avés un frere dans les affaires?

Madame Jacob.

Et dans les grandes affaires, encore : je suis sœur de M. Turcaret, puisqu’il faut vous le dire ; il n’est pas que vous n’en ayés ouï parler.

La Barone, d’un air étonné.

Vous êtes sœur de M. Turcaret?

Madame Jacob.

Oui, madame, je suis sa sœur de pere et de mere même.

Lisette, d’un air étonné.

M. Turcaret est vôtre frere, madame Jacob?

Madame Jacob.

Oui, mon frere, mademoiselle, mon propre frere; et je n’en suis pas plus grande dame pour cela. Je vous vois toutes deux bien étonnées; c’est sans doute à cause qu’il me laisse prendre toute la peine que je me donne ?

Lisette.

Hé! oui; c’est ce qui fait le sujet de notre étonnement.

Madame Jacob.

Il fait bien pis, le dénaturé qu’il est : il m’a

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