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ne laissa échapper de la ville qu’un seul homme, qui apporta la nouvelle de ce désastre. Folle de colère et de terreur, la population de Constantinople se souleva et courut au sérail demander la tête du grand-vizir, Ghazi-Hassan, que le Sultan Sélim fut contraint de livrer en victime à la fureur de la foule ameutée.
Les Monténégrins, dont nous avons raconté les exploits en 1790, pendant et après les négociations autrichiennes, avaient vu vers la fin de l’année leurs opérations arrêtées par les neiges. La nouvelle du succès remporté à Ismaïl par leurs alliés les Russes les remplit de joie et d’espérance, et ils se préparèrent avec ardeur à la campagne de l’année suivante. Mais au moment où cette campagne allait s’ouvrir, en mars 1791, le comte Ivelitj, qui avait été passer l’hiver à Risano, sur le territoire vénitien, dans un endroit plus confortable et moins froid que les villages de la Montagne, manda près de lui Mina Boutchitj, serdar du district de Nikchitj, et lui déclara que, son gouvernement se préparant à traiter avec la Porte, il allait immédiatement quitter le pays sans renouveler la lutte, mais que les rayas de Nikchitj, qu’il avait appelés aux armes, pouvaient être assurés qu’il allait employer toute son influence pour leur faire donner un refuge et des terres dans les domaines de la Russie*. En effet, de plus en plus effrayées des développements que prenait la Révolution française, l’Angleterre, la Prusse et l’Autriche étaient intervenues activement, en reprochant à Ca-