‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 11 sur 163 · X XI I · texte numérisé non relu

X XI I

Les ressources financières dont dispose le gouvernement du Tsernogore sont très-restreintes. Elles se composent : d’abord de l’impôt fixé à 5 francs par maison ou famille, et rapportent à l’état 1 50,000 florins d’Autriche (375,000 francs); du revenu des douanes, s’élevant à 60,000 florins; des droits sur le sel, la viande sèche et le tabac, montant en produit à un millier de florins; puis du subside annuel de 42,000 florins ou 105,000 francs, que le prince reçoit de Saint-Pétersbourg. Ce subside a fait croire à beaucoup de personnes que les Monténégrins se considéraient comme vassaux de la Russie. Il n’en est rien cependant. Les 105,000 francs qui sont payés chaque année au souverain du Tsernogore ne sont pas un traitement d’agent moscovite. C’est une indemnité qui fut stipulée diplomatiquement comme compensation des pertes de la guerre, au commencement de ce siècle, à la suite de l’expédition que les Monténégrins entreprirent, de concert avec les Russes, contre les Français maîtres de la Dalmatie. Jusqu’à ce moment, le prince du Monténégro, qui était alors un souverain ecclésiastique, était le chef spirituel des églises grecques non unies de la Dalmatie, et comme tel en percevait des revenus assez considérables. Napoléon, pour le punir de lui avoir fait la guerre, les enleva à son autorité. Ce fut alors que la Russie s’engagea à fournir une indemnité annuelle au gouvernement tsernogortse. pour le préjudice considérable que la lutte

INTRODUCTION

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entreprise avec son alliance lui avait fait éprouver. Ce subside, ou plutôt cette indemnité, n’engage en rien, on le voit, le gouvernement de Tsettinié envers la cour de Saint-Pétersbourg.

Quant h la liste civile du prince, elle se compose de deux choses : une part que le souverain perçoit, comme nous l’avons dit, sur les pêcheries de la Riéka et du lac de Scutari, et le produit de fermes dites ivanbegovinas , données par Iyan le Noir à l’église de Tsettinié, produit qui s’élève par an à environ 130,000 francs. C’est sur cette liste civile que se prennent la solde des périaniks et les frais de l’imprimerie nationale de Tsettinié, fondée par Pierre II.

L’instruction publique n’est pas le côté brillant du Monténégro. Sous ce rapport, il faut le reconnaître, le Tsemogore est bien en arrière des autres états chrétiens de l’Orient, du royaume de Grèce et même de la principauté semi-indépendante de Servie. Tandis que la Grèce possède une université, sept gymnases, quatre cent quatre-vingt-dix-huit écoles primaires entretenues par l’État ou par les communes, et trois cent trente-cinq écoles particulières, lesquelles, réunies, donnent l'instruction à cinquante-cinq mille deux cent trente-trois enfants et jeunes gens de différents âges; tandis que la Servie compte un lycée, six gymnases, trois cent dix-huit écoles primaires fréquentées par plus de onze mille enfants, le Monténégro ne possède encore qu’une seule école régulière. Elle

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