Medakovilj, p
avaient comploté la destruction complète des réfugiés chrétiens de la Moratcha. On était alors dans un moment de trêve, et les Ouscoques ne se méfiaient de rien. Dix fois supérieurs en nombre aux adversaires qu’ils allaient assaillir et guidés par un traître, les musulmans se glissèrent, à la faveur de la nuit et des brouillards du matin, jusqu'au village de Lievischte, qu’ils incendièrent et dont ils égorgèrent les habitants, le 29 juin 1795. Après cet exploit, ils se retirèrent au plus vite. Mais l’alarme avait été répandue dans le reste des Ouscoques, et le lendemain un chef chrétien, nommé Marko Iokanovitj, après une marche forcée, vint avec 30 hommes seulement couper la route des Turcs, en s’emparant d’un défilé très-étroit. Suivis d’une poignée d'hommes, les trois frères Boutchitj, Malischa, Boschko et Louka fondirent sur l’arrière-garde musulmane et précipitèrent les égorgeurs de Lievischte dans l’embuscade de Iokanovitj. Les meurtres de la veille furent cruellement punis : les Turcs taillés en pièces ou faits prisonniers. A la suite de ce combat, une conférence eut lieu entre l’aga de Nikchitj et les principaux des Ouscoques, et une trêve fut conclue *.
Jusqu’alors, les gigantesques événements qui modiliaient si profondément la face du monde occidental n’avaient point eu de retentissement dans le petit coin de terre isolé où la tribu monténégrine continuait, sans se lasser, sa carrière de combats incessants. La campagne du général Bonaparte en Italie vint subitement