Tirol, Kaziionié, p. <3. — Ogledalo srbsko, p
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faire retentir en Orient le fracas des armes républicaines. Nous comptons examiner un jour, dans une étude spéciale, l’influence que la Révolution française, ses idées et ses triomphes exercèrent sur les populations soumises au sceptre des Osmanlis. Pour le moment, il nous suffira de dire que les premiers succès remportés par Bonaparte sur le gouvernement de Venise et la prise de Vérone exaltèrent au plus haut degré l’orgueil et les espérances des Turcs. Ils virent dans la ruine du gouvernement qui avait tant de fois arrêté les progrès des armes musulmanes l’occasion de venger leurs dernières défaites et de reprendre la carrière des conquêtes, et ils se hâtèrent d’en profiter en détruisant les derniers restes de liberté chrétienne demeurés debout au milieu de leurs domaines.
Tandis que, dans les Montagnes de la Chimère en Albanie, Ali-Tebelenli de Jannina assaillait les habitants de Saint-Basile et de Nivitza-Bouba et les faisait égorger par Yousouf l’Arabe au pied de cet arbre qui porte encore le nom d 'olivier des martyrs, Kara-Mahmoud de Scutari, dans l’été de 1796, se mettait en marche à la tète d’une armée de 20,000 hommes, pour opérer contre les Monténégrins dans les districts de Biélopavlitj et de Pipéri. 3,000 hommes choisis dans l’élite de tous les plèmes l’attendaient au grand village fortifié de Martinitj. Le 11 juillet, la bataille s’y engagea. Les Turcs s'élancèrent, avec leur impétuosité habituelle, mais furent reçus par un feu terrible que les montagnards chrétiens dirigeaient contre eux, avec une très-grande sûreté de tir, des maisons et
des barricades élevées à tous les passages. La fusillade dura six heures sans interruption, jusqu’au moment où les Tsernogortses , qui avaient fort peu souffert, voyant la lassitude s’emparer de leurs ennemis, sortirent du village et se jetèrent sur eux à l’arme blanche. 11 y eut un moment de furieuse mêlée. Le serdar Michel Boschkovitj courut fermer la retraite aux Turcs. Le frère du vladika, Sava Petrovitj, fit voler d’un coup de sabre la tête d’un bim-bachi, nommé Méhémet Kokotlia. Bego Voïvoditj, l’un des plus vaillants capitaines de la Katounska-Nahia, fit mordre la poussière au chef des Turcs d’Antivari, Iakoub-Aga Serdarovitj, et tomba lui-même mortellement frappé sur son cadavre. Kara-Mahmoud en personne fut blessé de la main de Radovan Stakof, du village de Tsernitsa, et ne dut son salut qu’à la rapidité de son cheval. Au bout de quelques minutes, la déroute devint générale, et les Turcs, laissant 4,000 morts et blessés sur le champ de bataille, ne s’arrêtèrent qu’aux portes de Scutari*.
Cette victoire eut pour résultat d’assurer définitivement aux Monténégrins la possession des deux districts en litige. Elle fut célébrée dans tout le pays par des messes solennelles, des feux de joie, des banquets, des danses; en un mot, toutes les manifestations de l’allégresse populaire. Attentive à conserver pour l’avenir les sympathies du Tsernogore, la Russie eut soin de ne pas se montrer indifférente à la victoire de Martinitj,