Ogledalo srbsko, p. 212 et
PIERRE I«f
et le prince Platon Zouboff écrivit, au nom de l’Impératrice, une longue lettre de félicitations au vladika l.
Humilié de sa défaite, Kara-Mahmoud ne respirait plus que vengeance. Le début d'un chant populaire monténégrin exprime avec une rare éloquence les sentiments de fureur qui possédaient cette âme orgueilleuse :
• Depuis que Mahmoud, vizir de la blanche Scutari, a perdu son armée dans la guerre contre les Berdiani et les Tsernogortses, il ne dort ni ne parle, il oublie ses prières, il oublie les salutations. Il est plein de colère contre le vladika Pierre et ses guerriers montagnards ; il compte toujours le nombre de ses agas, de ses begs, de ses koulouks, de ses héros morts.
« Mahmoud se promène en parlant seul et frappe son
* genou de sa main. « Hélas 1 dit-il, qu’ai-je fait? D’où « suis-je tombé? Mais qui pourra l’emporter sur moi, « tant que j’aurai de l’argent dans ma bourse et des
* marchands au Monténégro, des marchands avides de « richesses? Je ferai encore ce que je voudrai. Eux me
* vendront le Tsernogore. Je ravagerai encore la Pri-
* morie jusqu’à la blanche ville de Raguse. Est-ce que
* le vladika, ce noir caloyer, pourra m’en empêcher? »
A peine remis de sa blessure, le vizir rassembla 30,000 hommes pour marcher de nouveau contre les Monténégrins, et s’avança, le 22 septembre 1796, contre