AnJrilj, p
Oréa Louka. Il avait déjà passé le village de Krousché et le bois de Visovitcha, et marchait dans le défilé de deux lieues de longueur qui sépare Koman d’Orahovitsa, en longeant le pied de la montagne de Kroussa. Ses forces étaient divisées en quatre colonnes ; celles des Monténégrins, montant à 6,000 hommes seulement, en deux corps, dont l’un, commandé par le vladika Pierre en personne, la croix d'une main et l’épée de l’autre, et le second par le régent civil Ioka Radonitj. Les Turcs prirent l’offensive, et le centre des Tsernogortses, feignant de céder pendant que leurs ailes s'avançaient, couvertes derrière les rochers, Mahmoud se trouva tout d’un coup enveloppé. Pendant quatre heures, Albanais et Monténégrins combattirent à l’arme blanche avec un acharnement sans égal ; enfin, les premiers ayant lâché pied, furent poursuivis jusqu’à la Zêta1. Dans cette bataille, la plus éclatante que les montagnards duTsernogore aient jamais gagnée, Kara- Mahmoud fut pris et décapité. 26 chefs turcs et 3,000 soldats eurent le même sort, et 15 étendards avec une énorme quantité d’armes demeurèrent aux mains . des vainqueurs2.
. La conduite de Pierre Ier dans la journée de Kroussa fut celle d’un héros, et, longtemps après, les pieux vieillards de Tsettinié appliquaient à ce souvenir le verset de la Bible sur les Madianites, qui, vaincus par Gédéon, ne relevèrent plus la tête , et laissèrent vivre en
Medakovitj, p. 99-101.