DOCUMENTS RELATIFS A LA SUPPRESSION DU PATRIARCAT
d’achrida.
Par les présentes volontairement souscrites, nous, soussignés, faisons savoir que, comme dans l'espace de peu de temps, depuis que les mutations d’archevêques ont commencé à être plus fréquentes, nous avons dû subir des préjudices intolérables, des désordres nombreux, des outrages de toute sorte, et que la vie même nous deviendrait à charge si nous continuions à être en butte à des persécutions et à des dangers incessants;
Nous convenons tous de supplier d’une voix unanime notre mère la Très-Sainte Grande Église du Christ, représentée par le très-éclairé et très-saint Samuel, Patriarche Œcuménique, et le Saint Synode dont il est entouré, afin qu’ils daignent, au nom du Christ qui est né à Bethléem, nous recevoir, nous dignes de pitié, dans le bercail de la sainte Église du Christ, et avoir pour nous la même sollicitude que pour les autres. Quiconque voudrait contrevenir au présent arrangement ou
soulever des difficultés ouvertement ou secrètement, que l’interdit, l’excommunication, l’anathème soient sur lui.
En foi de notre résolution arrêtée, nous écrivons les présentes, y apposons notre sceau, afin qu’elles aient toute autorité, et les remettons humblement aux mains de notre commun Père, le très-saint Seigneur et Patriarche Œcuménique, et au Très-Saint Synode qui l’entoure.
Janvier 1767.
Enthymos, évêque de Castoria; Germain, de Vodéna; Gennadius, de Corytsas; Ananias, de Tibériopolis; Nicéphore, de Sisanium ; Grégoire, de Grévéna.
Par la présente abdication, consentie librement et sans violence, moi soussigné, je déclare que, à raison de l’impossibilité dans laquelle je me suis trouvé de pourvoir aux be~ soins de l'archevêché d’Achrida, du prétexte que l’existence même de cet archevêché fournit aux malintentionnés pour persécuter les métropoles relevant d'Achrida, ainsi que les pauvres rayas, de la nécessité de mettre un terme à l’existence de ce siège épiscopal pour tirer les chrétiens qui en dépendent d'une situation désespérée,
Pour tous ces motifs :
Je fais abdication et me désiste de l’archevêché d’Achrida, ainsi que de ma précédente éparchie de Pélagouie.
La présente abdication est libre et volontaire : elle a été faite après entente préalable avec mes frères les saints évêques, pour être enregistrée dans le Gode de la Grande Église du Christ.
Le 16 janvier 1767.
Arsène, d’Achrida.
Le Irès-saint siège épiscopal d’Achrida ayant été réuni et attaché au Très-Saint Siège Apostolique et Œcuménique, ainsi que les métropoles et évêchés qui en relevaient, à savoir : Castoria, Pélagonia, Yodéna, Corvtsas, Tibériopolis, Belgrade, Stroumnitza, Grévéna, Sisanium, Mogléna, Prespa, Débra-Khora, Vélissa;
Considérant que, par des incursions successives, des usurpateurs s’emparaient furtivement du siège archiépiscopal, contrairement aux règles sacrées et divines de notre sainte Église, et sans l’avis, le suffrage et le consentement des trèssaints métropolitains, et s’arrachaient cette dignité moyennant d’immenses sacrifices pécuniaires et des largesses ruineuses ;
Considérant qu'il en résultait que non-seulement l'archevêché était mis au pillage, que ceux qui avaient été la cause du mal, et bien d’autres avec eux, étaient ruinés, mais que la ruine retombait sur toute la communauté orthodoxe ;
Que, les uns demandant de l’argent sans raison, les autres déboursant sans motif, tout le pays s’abîme sous le poids de dettes écrasantes, sans que personne se soucie de veiller, de diriger, de mettre de l'ordre ; que les affaires de l'Église se trouvent dans la plus grande confusion, au point de faire craindre la destruction totale des susdites métropoles et que la manie d’ambition qu’excite le seul nom d’archevêché menace d’un anéantissement complet le troupeau et ses pasteurs ;
Pour tous ces motifs :
Étant accourus dans celte capitale, Arsène, archevêque d’Achrida, qui, de son libre arbitre, abdique et renonce à c;tte dignité, Enthymos, évêque de Castoria, Germain de Yodéna, ayant aussi pouvoir pour Germain de Mogléna, etc ; et par une adresse signée et scellée de leurs sceaux et de ceux de tous les chrétiens qui en relèvent, ayant supplié Sa
Hautesse, notre très-puissant Empereur, à l’effet qu’ils puissent trouver leur salut dans la soumission au Saint Siège Patriarcal et Œcuménique ;
Leur demande ayant été exaucée :
Et aussi le ci-devant siège archiépiscopal d’Achrida, ensemble les métropoles qui en relèvent, ayant é:é incorporés en un seul tout avec le reste de l'Église, atin d’être et demeurer désormais soumis au trône œcuménique, ainsi que les autres métropoles en Europe et en Asie, qui ont de tout temps relevé de ce Saint Siège Œcuménique, et figurer dans la série des métropoles de Constantinople qui font partie du Saint Synode et ont le droit de suffrage et d’avis en toute affaire, et jouissent des prérogatives communément attachées au rang de métropole ;
Et le nom du ci-devant archevêché se trouvant effacé des tables royales et considéré comme non avenu ;
La ci-devant circonscription d’Achrida demeurant désormais sans protection, les contrées et bourgs en relevant autrefois, ceux de Dyrrhachium, Cavaïa, Demir-hissar, Elbassan, Acbrida proprement dit, ayant été réunis à l’effet de former une seule éparchie et métropole, celle de Dyrrhachium ;
Nous, confrères en dignité épiscopale, présents à Constantinople, sur l’invitation et la permission du Très-Saint et Trèsvénérable notre seigneur et maître le Patriarche Œcuménique Samuel, nous étant réunis dans la très-vénérée église patriarcale du saint très-glorieux martyr George Tropéophore, et ayant procédé par suffrage canonique à la désignation de la personne digne d’assumer la défense pastorale de cette éparchie ;
Désignons comme tels :
En premier lieu, le moine Grégoire ;
En second lieu, le moine Jousaf;
En troisième lieu, le moine Nathaniel.
En foi de quoi leurs noms ont été enregistrés dans le présent Code de la Grande Église du Christ.
Suivent les signatures des membres du synode, parmi lesquels on voit figurer, conformément à la teneur de l’acte synodal, les évêques de Castoria, de Vodéna, de Corytsas, etc. — (Voyez le n° 1 .)