‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 43 sur 163 · LES MA R AMONT-TSERNOIEVITJ. G · texte numérisé non relu

LES MA R AMONT-TSERNOIEVITJ. G

« II dit, et ne prévoit point le sort qui l’attend. Comme il s’approche dcMaxime, celui-ci le frappe avec sa lance à l’endroit où le front commence, juste entre scs yeux noirs. Le héros, tué sur le coup, tombe de cheval. Il tombe, et Maxime se précipite sur lui. Altéré de son sang il brandit son sabre sur le cadavre, lui tranche la tète, et la jette dans le sacdestinéà l’avoine de son cheval. Il court ensuite vers la Vénitienne, l’enlève des mains du capitaine Iovan et fuit avec elle vers sa mère.

« Louange à toi, Dieu puissant! Qui n’eùt frémi en voyant tomber cette tête si belle? Les parents du mort échangèrent entre eux des regards de vengeance. Tout à coup le sang des guerriers commença à bouillonner, et ils se donnèrent des gages, gages terribles qui n’étaient plus ceux de l’amitié, mais ceux de la fureur et de la mort. Que de larmes pour les mères I que de sœurs en deuil ! combien d’épouses réduites au veuvage 1 Tout le jour, les chefs de tribus combattirent les uns contre les autres, jusqu’à ce que leurs munitions fussent épuisées et que la nuit fût venue joindre sesténèbres aux vapeurs sanglantes du champ de bataille. Les rares guerriers qui survivent marchent jusqu’aux genouxdans le sangdes morts. Voyez avec quelle peine un vieillard s’avance.. Ce héros, méconnaissable sous le poids de la douleur qui l'accable, c'est Ivan Tsernoïevitj. Dans son désespoir sans remède, il invoque le Seigneur. « O Dieul dit il, envoie-moi un vent de la « montagne qui disperse les nuages, afin que je puisse . voir ce qui reste des miens après le combat I •

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