‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 44 sur 163 · LES MAR A MONT-TSE R NOIEVITJ · texte numérisé non relu

LES MAR A MONT-TSE R NOIEVITJ

Dieu exauce cette prière ; il envoie un coup de vent qui dissipe le brouillard, et I\'an peut alors voir au loin toute la plaine couverte de chevaux et de cavaliers taillés en pièces. D’un monceau de morts à l’autre, le vieillard s’en va cherchant partout son fils.

« Le neveu d’Ivan, le capitaine lovan, qui gisait expirant, le voit passer près de lui ; il rassemble ses forces, se soulève sur le coude, et s’écrie : « Ivan, mon oncle, « tu passes bien fièrement, sans demander à ton ne- « veu si elles sont profondes, les blessures qu’il a re- « çues pour toi! Qui te rend à ce point dédaigneux? * Sont-ce les présents de la belle Latine? »

« A ces mots Ivan se retourne en fondant en larmes, et soulève doucement dans ses bras le blessé. « Neveu « lovan, lui dit-il, tes blessures sont-elles sans re- « mède? Un médecin d’outre-mer ne pourrait-il les « guérir? Permets que je te fasse transporter à Jabliak. » — « Ivan, ne prends point une peine inutile. Mes bles- « sures ne sont point de celles qui se guérissent. » — « Cher neveu, reprend Ivan, tandis que tes forces te ■ permettent encore de me répondre, dis-moi, car tu « étais auprès de la Vénitienne, comment mon fils a-t- « il succombé ? Où est son corps ? Et qu’est devenue la « fiancée? »

« Ivan, mon oncle, répond le héros, que ne me lais— « ses-tu expirer en paix? Ton fils Maxime est vivant, « il fuit vers Jabliak sur son cheval rapide, et la fille de » Venise, répudiée, s’en retourne vierge chez son père. »

On croirait lire un épisode du dernier chant des Niehclungen, et cependant ce récit n’est pas une fiction ; à

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