I. Ilecquart, Description de la Haute- Albanie, p
des; leurs piedssont garnis de crampons, et des lamesde coutelas brillent à leur ceinture; ilssont habituésà gravir les rochers les plus escarpés, et à descendre sans crainte au fond de précipices où aucun autre mortel n’arriverait vivant : ils ont la légéreté du chamois, et vivent dans des cavernes dont l’entrée est gardée par des sentinelles armées de fusils. »
L’expédition de Doudjé-Pacha s’ouvrit au cœur de l’hiver. Les courageux montagnards, bien qu’affaiblis par la famine et manquant de munitions, opposèrent une défense désespérée. Us faisaient rouler d’énormes quartiers de roches du haut des montagnes sur l’armée turque. La mort de leur knèze Vokodoud, tué dans un combat, et quelques jours après celle du voïvode Hotasch. que le Pacha surprit lui-mème en escaladant à l’aide de crampons un pic inaccessible, priva les démenti de leurs meilleurs chefs et détermina leur soumission1.
Les principaux de la tribu furent décapités, et leurs tètes envoyées à Constantinople, Naïma raconte même à ce sujet l’anecdote suivante. Les Clémenti avaient à cette époque la coutume de séparer leur chevelure en quatre tresses, attachées par des chaînes d’argent autour des oreilles et du cou ; symbole tiré des quatre cimes de leur montagne. Doudjé envoya à la Porte les tètes de ses victimes avec leurs chaînes d’argent et leurs pendants d’oreilles. Le Sultan Mourad ayant été les voir exposées, s'adressa aux grands de sa cour,