‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 70 sur 163 · Miloulinovitj, p · texte numérisé non relu

Miloulinovitj, p

■ Les rayas de Zêta ont, à force de présents, obtenu du pacha de la sanglante ville de Scutari 1 la permission de bâtir une église. L’édifice terminé, le pope love se présente aux anciens des tribus réunis en assemblée et leur dit : « Notre église est bâtie, mais ce n’est qu’une « profane caverne tant qu elle ne sera pas bénite; obte. « nons donc, à prix d’argent, du pacha un sauf-conduit « pour que l'évêque du Tsernogore vienne la consa- • crer. »

■ Le pacha délivre le sauf-conduit pour le moine noir et les députés de la Zêta vont le porter au vladika de Tsettinié. Daniel Petrovitj, en lisant l’écrit, secoue la tète et dit : « 11 n’y a point de promesse sacrée parmi ces - Turcs; mais, pour l’amour de notre sainte foi, j'irai, « dussè-je ne pas revenir. • 11 fait seller son meilleur cheval et part aussitôt. Les perfides musulmans lui laissent bénir l'église, puis ils le saisissent et le mènent à Podgoritsa, les mains liées derrière le dos. *

D’autres récits traditionnels complètent le témoignage du piesme , en racontant les tortures infligées à l’évéque dans sa captivité. D’après ces récits, il fut d'abord condamné à être empalé, et par une sacrilège parodie de la passion du Sauveur, on l’obligea d’aller à pied de Podgoritsa jusqu'à Spouje, portant le pal sur ses épaules, pour choisir le lieu de son supplice. Mais le Pacha ayant tout à coup changé d’avis dans l’espoir d’obtenir une riche rançon, Daniel Petrovitj fut reconduit dans sa prison, où pendant plusieurs jours de suite

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