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leur longue guerre avait été si utile, ne les livrerait pas aux Turcs. Vain espoir! Les Vénitiens laissèrent l’Osmanli envahir leur territoire pour y sabrer les vaincus.
« Mais quelle fut la récompense du Doge, devenu l’ami des Turcs? Il se vit enlever par eux toutes ses provinces orientales. Tel fut le prix qu’obtint Venise pour avoir livré les Serbes l. »
Le poète montagnard résume en ces quelques mots une des plus tristes parties des annales de Venise, où la reine de l’Adriatique reconnut à ses dépens ce qu’on gagne à abandonner des alliés au profit d’intérêts mercantiles.
Venise espérait, en délaissant ses anciens alliés du Tsernogore, s’attirer la bienveillance des Turcs et maintenir la paix avec eux. Il n’en fut rien. Les Otto mans virent dans cette conduite un signe de faiblesse et résolurent d’en profiter. Les affaires du Monténégro et la fuite d’une partie de ses habitants sur le territoire de Cattaro fournirent un prétexte de guerre 2 et aussitôt les possessions vénitiennes du Levant furent toutes attaquées à la fois avec une grande vigueur.
Le grand-vizir Hamad-Ali, qui venait de succéder à Keuprilu chassé par une révolte des janissaires, entra