‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 78 sur 163 · Oyledalo srbsko, p · texte numérisé non relu

Oyledalo srbsko, p

2. Flcischmann, Manifestum contra Venetos per Asiam primis 10 diebus silhidje 1126. — Raschid, t. II, fol. 100, édition de Constantinople. — De Hammer, Histoire de l’empire ottoman, t. Xlll, p. 261 de la traduction française.

Que dire de l’ignorance du Divan qui, dans son manifeste de guerre avec Venise, appelait le vladika du Monténégro Gikan au lieu de Daniel?

DÉLIVRANCE DU MONTÉNÉGRO. IBl

lui-mème dans la Morée à la tète de la principale armée turque. En une seule campagne il emporta les places de Corinthe, de Napoli de Romanie ou Nauplie, de Modon et de Malvoisie, et acheva la conquête de toute la presqu’île. Une fois la Morée soumise, les Ottomans se tournèrent vers Candie. Ils se rendirent maîtres des trois forteresses que les Vénitiens y conservaient encore depuis la capitulation de Morosini, la Sude, Grabuse et Spina-Longa. Enfin le siège fut mis devant Corfou.

La place était défendue par le maréchal de Schulembourg à la tête d’une garnison de 6,000 hommes. Le kapoudan-pacha Dianoun-Khodja l'assaillait avec des forces immenses. Cependant rien ne fit fléchir le courage des assiégés. Après deux mois de tranchée ouverte, les Turcs durent se rembarquer, ayant perdu 15,000 hommes dans une série d’assauts infructueux, laissant dans leur camp 56 pièces d’artillerie, leurs tentes, toutes leurs provisions et 2,000 blessés.

Cet échec mit fin aux succès des Ottomans. Les Vénitiens, serrés de près, avaient invoqué l'appui de l'Empereur Charles VI, garant de la paix de Carlovitz. Répondant aussitôt à l’appel de Venise, celui-ci avait offert sa médiation entre la République et la Porte ; puis, le Divan l’ayant refusée, il avait sommé le Sultan de poser les armes et d’indemniser les Vénitiens. C’était une déclaration de guerre.

Damad-Ali rassembla une armée sur les bords du Danube, marcha contre le prince Eugène de Savoie, commandant des troupes impériales, et lui livra ba-

Uii

taille, le 5 août 1716, sous les murs de Peterwardein. Les Turcs perdirent dans cette journée 6,000 hommes, 1 1 4 canons et 150 drapeaux ; le grand-vizir se fit tuer dans la mêlée. Depuis la défaite de Kara-Moustafa par le roi Jean Sobiesky, sous les murs de Vienne, les armes musulmanes n'avaient pas éprouvé une semblable humiliation. Le vainqueur de Zenta et de Peterwardein poursuivit sa marche triomphante sur le territoire ottoman, et força Temesvar à se rendre. L’année suivante, il battit encore le nouveau grand-vizir Khalil-Pacha, le 16 août, et, deux jours après, entra dans Belgrade, tandis que le général Petrusch envahissait la Bosnie.

Pendant que tout cela se passait, Venise avait appris par une dure expérience combien était importante, pour la conservation de ses domaines en Dalmatie et en Albanie, l’indépendance et le concours armé des Slaves de la Montagne-Noire.

A peine Nououman-Keuprilu était-il parti, que ces intrépides champions de la croix étaient descendus des sommets où ils s’étaient réfugiés et étaient revenus en foule de Cattaro. Ils se rétablirent sur le terrain de leur capitale dévastée, et, reconstruisant leurs maisons en ruines, se préparèrent à de nouvelles luttes. C’est alors que Venise renoua des relations avec eux et leur demanda de nouveau leur alliance. Les Monténégrins acceptèrent la proposition avec empressement, comme ils le faisaient pour toute Puissance prête à combattre leurs éternels ennemis, les Osmanlis.

Dès l’année 1715, les Tsernogortses rentrèrent en campagne. Attaquant les troupes turques, qui étaient

restées depuis l'année précédente dans quelques-uns des districts inférieurs de leur pays; ils les en expulsèrent après plusieurs combats dans lesquels trente-six agas ou begs ottomans tombèrent en leur pouvoir*. Le Tsar Pierre, toujours attentif à flatter les Monténégrins et à se concilier leur amitié, chargea Miloradovitj de remettre 160 médailles d'or aux guerriers qui s’étaient le plus distingués dans cette circonstance*. En outre, il fonda une rente annuelle de 500 roubles pour l’entretien du couvent de Tsettinié1 2 3.

En 1716, les deux pachas d’Herzegovine et de Bosnie réunirent leurs forces et les firent entrer dans le Tser nogore, sous la conduite du beg Tcheoghitj-Sinan. Ils furent repoussés avec de grandes pertes, mais les montagnards déshonorèrent leur victoire en immolant 77 prisonniers, parmi lesquels Tchenghitj lui-même, en vengeance des 37 chefs égorgés traitreusement par Keuprilu4.

Un souvenir plus glorieux se rattache à cette même campagne de 1716. C'est celui que consacre un chant populaire intitulé : la Vengeance de Tchévo.

Plusieurs des tribus les plus considérables du Tsernogore avaient été presque anéanties par les ravages de Nououman-Keuprilu. Celle des Ozrinitj était réduite

Page 1