‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 80 sur 163 · üglcdalo srbsko, p · texte numérisé non relu

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il y fut assiégé par une nombreuse armée turque que commandait le pacha de Scutari. 11 allait succomber lorsque 5,500 Monténégrins, envoyés par le vladika Daniel, arrivèrent heureusement à son secours et l’aidèrent à repousser les soldats du Padischah. Une lettre de remerciments du Sénat de Venise au vladika du Tsernogore conserve le souvenir de ce haut fait des guerriers noirs1.

Mais l’égoïste République crut avoir par là suffisamment rempli ses devoirs de reconnaissance, et lorsque, le 21 juillet 1718, la paix fut signée à Passarovitz par la médiation de l’Angleterre, l’Empereur et la Seigneurie de Venise ne songèrent qu’à leurs propres intérêts. Les Monténégrins, malgré leurs éclatants services, furent encore une fois oubliés dans les stipulations.

Ils se vengèrent noblement en demeurant fidèles à leurs engagements, tandis que les Vénitiens y manquaient , et en leur rendant un nouveau service en échange de l’abandon où ils les laissaient. Au moment même où les négociations de Passarovitz touchaient à leur fin, le comte de Schulembourg, de concert avec le provéditeur Donna, dirigeait ses attaques contre l’Albanie, taillait en pièces 10,000 Turcs qui voulaient s’opposer à la descente, et formait le siège de Dulcigno. Sous les murs de cette place, il apprit la nouvelle de la paix. Le général saxon commandant les troupes de Venise fit savoir cette nouvelle au vizir de Scutari,

1. Vassili, p. 20. — Milontinovitj. p. 70-71. — Guthrie et firay, t. IV, p. 490.

Kourd-Mohammed-Pacha1, enfermé dans la place; mais celui-ci refusa d'y ajouter foi et continua les hostilités. Pendant la contestation, un coup de vent battit la flotte vénitienne, qui gardait le rivage, et la jeta au large en lui détruisant l i galiotes, 20 tartanes et tous les petits bâtiments*. Schulembourg se trouva dans un embarras extrême, privé de munitions, de vivres et même d’artillerie, car il en avait déjà embarqué la plus grande part. Les Turcs firent une sortie avec toutes leurs forces, et le général chrétien eut besoin, pour sortir de ce mauvais pas, de tout son courage et de toute son expérience. Abandonnant comme trop embarrassante la fraction de son artillerie qui était encore sur le rivage3, il forma son armée en masse, la droite appuyée à la mer, la gauche aux montagnes, faisant face de tous côtés, et se replia de cette manière pendant plusieurs lieues, toujours harcelé et toujours répondant aux attaques de l’ennemi. Enfin l’escadre s’étant ralliée, vint protéger sa marche par le feu de son artillerie, ce qui lui permit de se rembarquer sans avoir été entamé. Dans cette retraite hardie, les Tsernogortses contribuèrent puissamment à sauver l’armée vénitienne. Bien qu'ils sussent déjà qu’on les avait exclus du traité de Pnssarovitz, ils ne l’abandonnèrent

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