‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 85 sur 163 · Andritj, p. 37. — Vatslik, p · texte numérisé non relu

Andritj, p. 37. — Vatslik, p

4. Vassiii, p. 41. — Oyledalo srbsko, p. 100-t06. — Andritj, p. 38.

ratrice Elisabeth. Un oukaze rendu à Moscou le 10 mai 1744 promit aux Tsernogortses l’appui constant de la cour de Russie et leur accorda pour la reconstruction de leurs églises et de leurs monastères un subside annuel de 3,000 roubles, qui avaitété annoncé par Pierre, mais qui n’avait jamais été payé *.

L’évéque Sava était un homme doux, d’une grande piété et d’un zèle vraiment apostolique, mais son caractère était faible, son intelligence bornée; il se sentait lui-méme hors d’état de soutenir le fardeau des affaires politiques et du gouvernement ; aussi depuis son avènement était-il poursuivi du désir d’abandonner en d’autres mains le pouvoir temporel et de se renfermer exclusivement dans la vie contemplative ainsi que dans l’exercice de ses devoirs de pasteur des âmes. A son retour de Russie il accomplit ce projet et s’enferma dans le couvent de Staniévitj, laissant l’autorité à son neveu l’archimandrite Yassili, qu’il proclama son coadjuteur.

L’église monténégrine dépendait encore à cette époque du patriarcat de Servie, dont le titulaire résidait dans les états du Sultan. Espérant trouver dans ces circonstances un moyen de désorganiser le Tsernogore, les Turcs empêchèrent d’abord le Patriarche Àthanase II de confirmer la retraite de Sava dans le cloître et le choix de son auxiliaire. Yassili demeura donc quelques années en possession du pouvoir politique, mais sans situation ecclésiastique régulière, ce qui diminuait son crédit sur le peuple. Cependant le chef de l’Église serbe

J. Andritj, p. 38.

finit par céder aux prières des Monténégrins, et un diplôme patriarcal, daté de Belgrade le 22 août 1750, proclama le neveu du vladika archevêque et * Exarque « du Saint Trône Serbe *. » Ce diplôme est d’une grande importance historique. Le titre d’Exarque, assez commun dans les premiers siècles du christianisme et dont l’Église Orientale a seule conservé l’usage, s'y donne au chef d’une Église nationale trop peu considérable pour être dirigée par un Patriarche et que l’on veut cependant émanciper presque complètement de la juridiction du patriarche soumis au joug ottoman. Ainsi le chef de l’Église des lies Ioniennes, laquelle ne reconnaît qu’une suprématie honorifique au Patriarche de Constantinople, est appelé Exarque. On peut donc dire que l’acte qui décerne ce titre à Vassili Petrovitj contient, par cela même, la première reconnaissance officielle de l’indépendance politique de la Montagne- Noire.

Autant Sava était impropre au pouvoir, autant Vassili se montra par son énergie et par son intelligence à la hauteur de la lourde tâche qui lui incombait. Ses premiers soins se tournèrent vers l’administration intérieure. 11 enleva les fonctions de régent civil à Jean Voukotitj deTchévo pour les donner à Stanislas Radonitj de Niégousch, dont la famille, apparentée à celles des Petrovitj, demeura en possession de ce titre jusqu’à sa suppression, sous Pierre II. Il nomma des capitaines expérimentés à différents postes de knèzes et de ser-

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LES VLAD1KAS SAVA ET VASSIL1.

dars demeurés vacants depuis plusieurs années, et en même temps cassa quelques magistrats prévaricateurs. En un mot, il rétablit l’ordre dans le gouvernement, où la faiblesse de son oncle avait laissé s’introduire une déplorable confusion1.

Mais bientôt la guerre vint le détourner de ces soins pacifiques. En 1750 les Turcs dirigèrent une attaque redoutable contre la Montagne 2. Parmi les chants historiques du Tsernogore, il en est un qui date de l’épiscopat de Yassili et qui se fait remarquer au milieu de tous les autres par l’audace, la pureté et la fraîcheur de l'inspiration. Les rédacteurs de la Gorlitsa de Tsettinié, et d’après eux M. Cyprien Robert, ont pensé que ce chant se rapportait à un combat livré dans la journée du 26 novembre 1756; mais MM. Andritj3 et Yatslik 4 croient devoir plutôt rattacher ce piesme à l’invasion de 1750. Nous pensons qu’ils ont raison, car le chant ne mentionne que le vizir de Bosnie comme agresseur de la Montagne-Noire, tandis qu'en 1756 le vizir d’Albanie prit également part à l'attaque.

En tous cas, voici le texte du poëme tel qu’il est donné dans l’Annuaire Historique monténégrin pour l’année 1 856 etdans le M iroir serbe du vladika Pierre II 5. Nous empruntons, pour éviter quelques longueurs, la traduction abrégée en certaines parties de M. Cyprien

J. Miloutinovitj, p. 81.

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