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vant le tribunal, qui se tient en plein air, entouré d’un cercle de peuple. Le demandeur et le défendeur prennent la parole à tour de rôle, sans qu’il soit permis à la partie adverse d’interrompre, sous quelque prétexte que ce soit. Les témoins sont ensuite enten dus, puis on les fait retirer, ainsi que les plaideurs ; le président résume le débat et pose les questions, puis le tribunal délibère. On rappelle les parties; la sentence est prononcée en leur présence et transcrite sur un registre ad hoc.
Il n’y a pas d’avocats de profession. « S’il arrive, ce qui est rare, qu’un des plaideurs ne sache pas se défendre lui-même, dit M. Delarue, que sa situation de secrétaire du prince Daniel a mis à même de connaître le Monténégro mieux qu’aucun autre voyageur, un des auditeurs se présente spontanément pour le suppléer. Les assistants apportent dans chaque affaire l’appoint de leurs propres renseignements ; ils excitent, soutiennent leur préféré, démentent et menacent l’adversaire. Au plus fort de ces débats tumultueux, que le juge étudie avec sagacité, s’avance ordinairement un chef ou un homme âgé :
« Moi, dit-il, je connais l’affaire mieux que tous ces « gens-là ; si je me trompe, ils pourront me répon- « dre. » Alors le rapporteur officieux commence par énoncer des faits se rapportant indirectement au procès, mais connus de tout le monde ; puis s’arrêtant et interpellant l’auditoire : « N’est-ce pas ia vé-