‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 90 sur 163 · Histoire de Catherine II, t. Il, p · texte numérisé non relu

Histoire de Catherine II, t. Il, p

î. Histoire de l’Empire Ottoman, t. XVI, p. 162 de la traduction française.

« née à ses seules forces, fut écrasée par les janis- * saires * . »

11 est difficile de trouver deux récits plus dissemblables. Dans l’un, c’est un médecin qui, se donnant pour l’empereur Pierre III, agite, on ne sait trop pourquoi, un petit coin de terre soumis au Sultan ; dans l’autre, c’est un moine, agent de Pierre ou de Catherine, qui excite une formidable insurrection sur une vaste étendue de territoire. Le seul point où les deux écrivains que nous avons cités se trouvent d’accord, est que cette révolte fut facilement écrasée par les janissaires.

Voyons maintenant quelle est la vérité sur cette histoire. Elle est assez curieuse par elle-même pour n’avoir besoin d’aucune espèce de broderie ou d’enjolivement.

La sanglante tragédie de 1762 avait produit la plus terrible impression parmi les populations slaves. A Moscou, la ville sainte, ce n’était qu’avec peine que Catherine avait été reconnue pour impératrice, et, bien que le cadavre de son époux, Pierre III, eût été exposé publiquement pendant plusieurs jours à Saint-Pétersbourg, le peuple, dans la plus grande partie des provinces de l’Empire, se refusait à croire que le Tsar eût vraiment succombé sous les coups des assassins. On se disait tout bas qu’il avait été miraculeusement sauvé, et qu’il se tenait caché dans une retraite mystérieuse, attendant le moment de reparaître en vengeur, redivivus et ultor, comme Pougatcheff écrivit un peu plus

Page 1