‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 92 sur 163 · Ogledalo srbsko, p · texte numérisé non relu

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2. Il parait qu’au début de la campagne le vizir de Bosnie obtint quelques succès, dont il fit, dans son rapport à la Porte, de grandes victoires comparables à celle que l’on avait gagnée sur les Autrichiens à Banialouka dans la guerre précédente. Wassif, p. 311. — De Hammer, Histoire de l’Empire Ottoman, t. XVI, p. 162.

tation et à la joie des Monténégrins. Le 28 octobre, ils attaquèrent par trois côtés à la fois, avant le point du jour, avec les contingents des Nahias Katounska et Rietchka, commandés par les voïvodes Drago et Péro Voukotitj, le serdar Petrovitj et le pope Joutkovitj, les deux vizirs de Bosnie et de Roumélie, qui avaient opéré leur jonction dans le district de Bielopavlitj. L’archimandrite Pierre Pétrovitj, qui fut plus tard vladika, debout au sommet du mont Lisats, donna le signal du combat, et demeura en prières pendant toute l’action, comme Moïse pendant qu’lsraël combattait les Àmalécites. Bien qu’ils ne fussent que 3,000 hommes, les chrétiens déployèrent un tel courage, qu’ils obligèrent à battre en retraite l’ennemi, fort de 60,000 hommes. La lutte dura jusqu’au soir, et les Turcs, mis en fuite, furent poursuivis dans la nuit depuis Tchévo jusqu’à Zagaratj. Une chanson monténégrine dit qu’ils perdirent dans cette journée 20,000 hommes; le chiffre est énormément exagéré, mais au moins de 2 à 3,000 musulmans restèrent sur le champ de bataille. Du côté des Monténégrins, il y eut seulement 215 morts et 300 blessés. 3,000 chevaux, 1,300 tentes, parmi lesquelles celles des vizirs, 30 *forges de campagne, une grande quantité de munitions et de vivres tombèrent aux mains des guerriers de la Montagne.

Restaient encore l’armée du vizir de Scutari et celle des Vénitiens. Mais le second camp des Turcs fut effrayé, le 1er novembre, par l’explosion d’un magasin à poudre allumé par la foudre dans un orage. Les soldats prirent la fuite, et les Monténégrins de la Tsernitska-

Nahia leur coupèrent un millier de têtes en les poursuivant. La foudre tomba presque en même temps dans le camp des Vénitiens, près de Boudva, y mit le feu aux poudres, et les troupes du Doge, après ce désastre, durent se replier sur les garnisons des villes maritimes1.

Telle fut la conclusion presque surnaturelle de cette guerre formidable.

Étienne le Petit, pour qui les montagnards avaient gagné une si glorieuse victoire, n’avait joué qu’un rôle insignifiant dans la guerre, aussi bien que le Patriarche d’Ipek. 11 se contenta d’élever du côté de l’Herzegovine quelques redoutes qui portent encore son nom, et se tint presque tout le temps enfermé dans le couvent de Bertchéla. Cependant les Monténégrins, quoique plus sensibles que tout autre peuple au défaut de bravoure personnelle, lui conservèrent une inébranlable fidélité.

L’année suivante, l’Impératrice de Russie prétexta de l’appui donné par la Porte aux Polonais de la Confédération de Bar pour déclarer la guerre au Sultan Moustapha,que ses défaites et les plaisanteries de Voltaire ont rendu célèbre. De même quelle s’était, en Égypte et en Syrie, acquis le concours effectif du mamelouk Ali-Bey et de l’émir Daher, Catherine voulut avoir en Europe la coopération des populations chrétiennes. Des agents secrets furent envoyés en Grèce pour préparer les rayas à l’arrivée de la flotte

1. Miloutinovitj, p. 52-100. — Andritj , p. 50 et 51. — Vatslik, p. 20 et 21.

LES VLADIKAS SAVA ET VASSILI. lüü

du comte Orloff. Quant au Monténégro, la Tsarine y attachait une importance toute particulière, d’abord parce que depuis un demi-siècle ce petit état constituait un des principaux points d’appui de la politique russe dans le Levant; ensuite parce que, connaissant l’apparition du faux Pierre III, elle craignait n’y trouver que peu de sympathies.

Le prince Dolgorouky fut donc envoyé à Tsettinié, pour détromper les Monténégrins sur le compte d’Etienne et pour leur porter une proclamation impériale contre-signée du comte Panin et du prince Alexandre Galitzin et datée du 29 janvier 1769. On lisait les paroles suivantes dans cette proclamation, dont l’original existe encore aujourd’hui dans les archives de Tsettinié :

« Nous vous promettons solennellement de vous « reconnaître dorénavant comme des amis fidèles et « sincères de notre empire, si dans la guerre actuelle « vous embrassez notre parti, pour votre propre avan- « tage, pour votre propre liberté et pour le bien gé- « néral de la chrétienté. En outre, à la suite d'un sem- « blable concours, lorsque nous ferons la paix, nous ne « vous laisserons pas exclus du traité, et nous vous y fe- « rons obtenir des garanties suffisantes, ainsi que la plus « pleine liberté de votre foi. L’autorité de notre pa- « rôle impériale est le garant de ces promesses ï. »

A l’arrivée de l’envoyé de Catherine, une skoupchtina

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