Miloutinovitj, p
2. Voyez le texte complet de cette proclamation au n° XVII des Pièces justificatives.
iOO LES VLADIKAS SAVA ET VASSILI.
fut convoquée à Tsettinié. Le prince Dolgorouky déclara sous le sceau du serment à tous les chefs de famille assemblés que le prétendu Tsar n’était qu’un imposteur, que le véritable Pierre III était mort, que tout Saint-Pétersbourg avait pu contempler son cadavre étendu sur un lit de parade et que son tombeau se voyait en Russie. Les montagnards le crurent et laissèrent arrêter, par ordre du vladika Sava, Etienne le Petit, qui fut livré à l’escorte de Dolgorouky. Mais une circonstance à laquelle personne n’eût songé sauva l’aventurier et lui permit de reconquérir plus de pouvoir que jamais.
L’envoyé russe avait enfermé son prisonnier dans une chambre placée au-dessus de la sienne. Le rusé Etienne apparut tout à coup à la fenêtre et cria aux guerriers tsernogortses qui n’avaient pas encore quitté Tsettinié : « Vous voyez que le prince lui-même me « reconnaît pour son supérieur, puisqu’il n’ose pas me * loger au-dessous de lui. C’est la marque certaine que « je suis bien le Tsar, quoi qu'il en dise. Compagnons, « me laisserez-vous aux mains de mes ennemis, qui « veulent m’assassiner, comme ils ont déjà tenté une « fois de le faire ? » Ce raisonnement grossier convainquit les Tsernogortses: revenant à leurs premières illusions, ils s’élancèrent vers la maison où était enfermé leur cher prisonnier, le délivrèrent et le portèrent en triomphe au milieu d’acclamations enthousiastes. Quant au prince Dolgorouky, il dut quitter le pays le jour même, plus vite qu’il n’y était entré *.