‹ Turcs et MonténégrinsChapitre 95 sur 163 · Cyprien Robert. — Andritj, p. 53. — Marmier · texte numérisé non relu

Cyprien Robert. — Andritj, p. 53. — Marmier

LES VLADIKAS SAVA ET VASSILI. ÎOS

sérieusement occupés d’un autre côté. Le seul combat digne de mention pendant cet intervalle, dont les traditions de la Montagne aient conservé la mémoire, fut livré en 1774, non contre les Turcs, mais contre les Vénitiens.

Ceux-ci avaient formé le projet de s’emparer du couvent fortifié de Staniévitj, situé sur la frontière de leurs possessions de la Dalmatie, à deux heures de Boudva. Un général d’origine slave au service de la République, nommé Rada Maina, vint attaquer le couvent à l’improviste, avec 700 hommes, sans déclaration de guerre préalable. Les moines s’enfermèrent dans les bâtiments claustraux avec les paysans qui cultivaient leurs terres, et commencèrent à y soutenir un siège en règle. Ils donnèrent ainsi le temps au petitneveu du vladika d’arriver avec une troupe nombreuse de Monténégrins et de débloquer le couvent. Un combat acharné s’ensuivit et les Vénitiens durent renoncer au projet qui leur avait fait entreprendre cette déloyale agression *.

Le petit-neveu de l’évéque Sava, qui venait de se distinguer par ce succès, était l'archimandrite Pierre Pétrovitj, que nous avons déjà vu assistant au lit de mort de son oncle Vassili et priant sur la montagne pendant la grande bataille de Tchévo. Presque immédiatement après, choisi pour coadjuteur par son grandoncle, qui renonçait une seconde fois à la politique, il commençait le règne le plus long et le plus glorieux que comptent les annales monténégrines.

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