Stamatovitj, Srbska Ptchela (Szegedin, 1839), p
ET KARA-MAHMOUD DE SCUTARl. 209
longues négociations, on lui refusa ce qu’il demandait et on lui accorda seulement l’autorisation d’acheter des munitions dans les domaines de l’empire. Mais le nouveau vladika n’avait pas d’argent pour faire ces acquisitions et il dut entreprendre une troisième fois le voyage de Russie pour aller trouver à Scheklof le général Zoritj et lui demander les ressources pécuniaires dont il avait un indispensable besoin. De nouvelles vicissitudes l’attendaient à son retour, et une erreur de police le fit retenir plusieurs mois à Berlin avant qu’il pût regagner la capitale de l’Autriche 1 .
Pendant l’absence du souverain, prolongée par toutes ces circonstancesdurantprèsde quatre ans, un effroyable désastre ravagea le Monténégro. Pour rendre plus intelligible cet événement et ceux qui suivirent, nous devons faire connaître au lecteur le personnage qui, pendant plusieurs années, entretint contre les Tsernogortses la lutte la plus formidable et la plus persistante que ce pays eût encore à en soutenir, et dont la défaite en assura définitivement la pleine indépendance.
Nous avons raconté plus haut comment Maxime, le fils renégat d’Ivan le Noir, investi par le Sultan du pachalik de Scutari, avait été vaincu par son cousin Etienne II, à la bataille de Lieschkopolié et comment, n’osant pas reparaître à Stamboul après ce désastre, il s’était retiré dans le village albanais de Bouschatt, où il avait bâti pour lui et pour ses descendants un de ces