CHAPITRE VI
PREMIÈRES OPÉRATIONS DANS LE PALATlNAT
SINSHEIM
Turenne réunit ses forces au camp de Hochfeld, entre Saverne et Strasbourg, dans les premiers jours de juin. Il attend les renforts venus de Franche-Comté qui doivent atteindre Mirecourt le 13 ou 14 juin; le Roi, en les lui annonçant par sa lettre du 8 juin, lui a en même temps rendu sa liberté d'action. Le maréchal compte en user tout aussitôt, mais, auparavant, il va indiquer au ministre ses intentions et, avec l'insistance d'un homme profondément pénétré de la vérité, il croit devoir dire une fois de plus ce qu'il pense des opérations de siège en Flandre. Il fallait à cela un certain courage, puisqu'il n'ignorait ni la prédilection du Roi pour ce genre de guerre, ni la faveur qu'elle rencontrait auprès de Louvois, plus courtisan que ministre en cette occurrence.
Ce courage, Turenne était sans doute seul à le posséder, car son illustre émule, Condé, redoutait au même moment de contrarier les idées du Roi, qu'il sentait inspirées par Louvois. Pressé d'entreprendre un siège, ayant promesse d'avoir Vauban pour le seconder, « Monsieur le Prince frémit, prévoit l'échec certain, mais il n'entrera pas en lutte avec l'impérieux ministre, ce serait peine perdue. La manie obsidionale est une des plus dangereuses à contrarier Aussi se garde-t-il d'attaquer la position de
front; nul essai de réfutation de doctrines; reprenant le
tableau tracé par le ministre, il en oppose un plus exact sans changer les couleurs (1). »
En reproduisant la lettre ,de Turenne à Louvois, du 11 juin, on mettra en lumière la pensée de son auteur; le texte authentique rectifiera de lui-même les citations inexactes qu'on en a faites trop souvent (2).
Turenne a Louvois
Hochfeld, 11 juin.
« Il faut compter fermement que l'Empereur aura deux grandes armées dont pas une n'étant passée la Meuse et celles du Roi qui sont en Flandre étant attachées à quelque grand dessein (que je crois très difficile à faire réussir) marchent depuis ladite rivière de Meuse jusqu'au Rhin.
« Je crois devoir dire pour le service du Roi qu'il ne faut pas que la fin de la campagne trouve les ennemis, les maîtres de la campagne; de là dépend, à mon avis, toute la bonne ou la mauvaise fortune des affaires du Roi et ce n'est pas présentement le temps où une place plus pu moins contribue à cela. Sans vouloir parler des vieilles guerres, on a toujours tenu l'Empereur dans ses pays héréditaires et on l'y a rappelé quand il est venu faire des marches en France par le moyen des Suédois. Il est cette année libre de tous les côtés et a l'Empire qui n'est pas divisé par le prétexte de la religion.
« Si le Roi avait pris la plus grande place de Flandre (ce que peut-être il ne ferait pas) et que l'Empereur fût maître de l'Alsace, sans même Philisbourg ni Brisach, on verrait quelles armées on aurait dans la Lorraine, dans les Évéchés et en Champagne.
« ... Je crois que la pensée de l'ennemi après la moisson est de venir, une armée vers le Rhin et l'autre vers la Moselle. S'il vous plaît de juger, si toutes les forces du Roi
(1) Duc d'Aumale, t. VII, p. 461.
(2) Grimoard, p. 506 (A. G., 308-505).
étant attachées en Flandre et que je n'eusse qu'une armée capable de résister à une des deux, il ne faudrait pas que je quittasse TAlsace pour m'opposer à l'autre qui viendrait vers Metz et ainsi si toutes les affaires ne seraient pas en très méchant état, car de croire qu'ayant Brisach et Philisbourg ce n'est rien que de perdre l'Alsace, je pense que c'est se tromper entièrement. On croirait peut-être que quand on commande en un lieu on fait plus de cas qu'il ne faut des choses qui s'y passent, mais je suis persuadé que si j'avais l'honneur de commander en Flandre, je parlerai comme cela
« N'ayant point de nouvelles du côté de Trêves, sinon que toutes choses y sont en bon état, le corps outre la gar,nison étant tout prêts d'y entrer et que l'armée de l'Empereur est dans le pays de Juliers, je m'en vais demain avec toute la cavalerie (laissant quelques régiments au bagage et 2.500 hommes de pied, laissant le reste pour travailler au fort de Saverne) vers Philisbourg, où je verrai ou par le pont si je le fais refaire, ou en deçà vers celui de Mannheim, ce que je pourrai faire; j'ai cru que c'était un bon temps à faire cette marche. »
Turenne va donc se jeter avec toutes ses forces sur celles de Caprara et de Lorraine qui sont égales aux siennes, avant qu'elles n'aient opéré leur jonction avec Bournonville ou que Souches, vers Trêves, ait prononcé son mouvement. Il fait établir par Maulevrier un pont sur le Rhin vers Philisbourg, fait occuper Haguenau par huit escadrons sous Humiêres, Saverne par 1.500 fantassins sous Puisieu(l), qui reçoit Tordre de presser les travaux de fortification de la place. Il quitte, le 12 juin, son camp de Hochfeld, passe par Haguenau d'où il part avec 3.000 fantassins et 6.000 cavaliers et franchit le Rhin avec sa cavalerie seule,
(1)M. Tschamber ajoute à ces dispositions rétablissement d'un camp de 5.000 hommes d'infanterie à Kandel, le 7 juin, sous les ordres du « Duc d'Orléans » venu à cette date à Soultz-sous-Forêt. On ne trouve dans aucun document français confirmation de ce renseignement et Monsieur, frère du Roi, qui, seul, pouvait alors porter le titre de duc d'Oriéans, n'a jamais paru à l'armée d'Alsace.
Finfanterie ne pouvant suivre. Il traverse Philisbourgd'où il tire 2.000 fantassins, 4 escadrons et 6 pièces, ainsi que trois Jours de pain et marche sur Hockenheim. Son avant-garde, sous d'Auvergne, surprend un poste ennemi à Burckhausen, le 14 juin; lui-même vient camper, le 15, entre Leimen et Wiesloch.
A ce moment, les forces de Caprara et du duc de Lorraine cherchaient à faire leur jonction avec celles de Bournonville; sentant le danger du côté du Rhin, elles s'efforçaient d'échapper à Turenne en appuyant vers Test afin de gagner le Neckar à Wimpfea.
Le 16 juin, les partisans français se heurtent à Sinsheim aux ennemis passant TElsenz; le duc de Lorraine veut éviter le combat; Caprara, au contraire, séduit par les avantages de la position , fait décider l'engagement. Il commit une faute en n 'attendant pas l'arrivée des forces de Bournonville et l'événement tourna contre lui, mais l'occasion de se mesurer avec l'adversaire paraissait bonne. Il occupait la rive dominante d'un cours d'eau formant obstacle devant la position; il tenait le passage de cette rivière grâce à la ville de Sinsheim dont les murailles et le château formaient un solide point d'appui. Enfin, si les alliés ne disposaient que de 1.500 fantassins, ils avaient 6.000 cavaliers, impériaux et lorrains, presque tous cuirassés dont on devait beaucoup attendre.
Turenne, heureusement, pouvait mettre en ligne 3.500 fantassins et 5.000 cavaliers, qui, à la vérité, venaient d'accomplir une marche pénible, tandis que leurs ennemis étaient reposés. Il se décida à livrer la bataille; Deschamps expose ainsi les raisons qui l'y déterminèrent (1) :
« Il avait cherché les ennemis : il les avait joints et il eût été mal de les laisser retirer sans entreprendre quelque chose. Si le poste et le nombre de la cavalerie étaient pour eux, notre infanterie pouvait nous donner des avantages considérables dans le détail du combat; et s'il était heureux,
rien n'était plus grand que d'ouvrir la campagne par un succès qui ne pouvait être qu'utile à la réputation et aux intérêts de la France (1). »
Les alliés occupaient Sinsheim et ses abords avec le régiment d'infanterie Strein et les dragons, en utilisant les nombreuses haies qui entourent ses jardins; leur cava* lerie se tenait sur le plateau, assez en arrière afin d'échapper au feu de mousqueterie partant des haies bordant la crête. Ils s'enlevèrent ainsi le moyen de surveiller le débouché d'un chemin creux formant la seule voie d'accès de la vallée sur le plateau.
Nos troupes se déployèrent dans la vallée et marchèrent à l'attaque de Sinsheim que l'ennemi défendit vigoureusement ; l'infanterie était arrivée sur la ville, lorsque les dragons, ayant passé la rivière à la nage, s'emparèrent d'une porte située du côté opposé.
La ville et le château se rendirent alors et devinrent,' pour notre gauche, un solide point d'appui. Pendant ce temps, à droite, notre infanterie gagnait les haies de la crête du plateau et devenait pour notre cavalerie inférieure en nombre et moins bien armée, un puissant soutien. Entre le château et les haies (2), « là cavalerie s'avance, se déploie, formant comme la base d'un triangle dont le sommet reste près de Sinsheim et qui s'élargit toujours ».
Sur le plateau, la lutte fut dure ; la cavalerie ennemie chargea la nôtre par trois fois et nous eûmes un instant le dessous ; le désordre gagna même les attelages de l'artillerie. Mais le feu de notre infanterie embusquée derrière la crête suffit à contenir les progrès de l'ennemi. Après la
(1) Le marquis de Beauvau relate dans ses Mémoires (p. 3^7), que Turenne, trouvant le poste de Sinsheim plus diiTicile à enlever qu'il ne se l'était imaginé» aurait tenu conseil sur le parti à prendre en opinant pour se retirer par crainte de perdre trop de monde. l\ ne se serait décidé à Tattaque que sur Tavis énergique de Saint-Abre» son lieutenant. H paraît difficile d'admettre cette version qu'on ne retrouve nulle part ailleurs que dans l'ouvrage de M. des Robert (p. 405), où elle est citée d'ailleurs d'après Beauvau. Elle est en opposition formelle avec le plan d'opérations que le maréchal a tracé et qu'il exécuta avec tant de décision.
(2) Duc d'Aumale.
troisième charge, celui-ci se décida à la retraite et regagn les bois où il s'était posté le matin ; il laissait entre no mains des trophées; sa perte s'élevait à 2.000 hommes la nôtre à 1.100. En raison de la fatigue de ses troupes Turenne ne put faire poursuivre Tennemi que par un peti détachement de 400 chevaux sous Renty qui s'avança jusqu'à Heilbronn, où Caprara et les Lorrains passèrent l Neckar à la nage (1) et s'établirent derrière ce cours d'eaii
Il est malaisé de fixer avec précision les effectifs engagél à Sinsheim.
Du côté français, Turenne dit dans une lettre du 17 juin à Persode de Maizery, qu'il est parti avec 6.000 chevaux el 3.000 fantassins dont il a laissé 1.500 à Philisbourg, mail où il a pris la garnison de la place. Deschamps indiqua 20 régiments de cavalerie en 4 brigades, soit 5.000 chevaujq 4 bataillons (Plessis, La Ferté, Picardie, Douglas), 2.00^ hommes plus 1.500 autres de 6 régiments différents (Cham* pagne, Turenne, Languedoc, Bourgogne, Hamilton, Mont» mouth); 400 dragons de la Reine et la compagnie Dufay (2] soit 9.000 hommes en tout. Ces chiffres ont été admis, av( des variantes insignifiantes, par les auteurs allemands h plus sérieux (Hardegg, Peter, Zanthier).
M. Tschamber, sur la foi d'un document italien, découvei aux archives de Stuttgart, n'hésite pas à élever Teffectil français à 12.000, mais sans fournir aucun détail de nature à justifier cette augmentation. On est donc fondé à tenii pour exacts les chiffres de Deschamps.
Pour les alliés, l'évaluation la plus modeste est celle dai Turenne lui-même qui donne seulement 6.000 chevaux^,,
(1) Turenne à Rochefort, Sinsheim, 19 juin. « Les troupes de Tennemi se sont :^:^ ralliées par delà le Neckar, les Impériaux et les Lorrains l'ayant passé à Heilbronn à la nage. Si M. de Bournonville n'était arrivé avec environ 2.000 hora* | mes venant de Francfort, j'aurais pris la ville de Heidelberg; ils tâcheront de se rassembler. » (Archives du royaume de Belgique, Bruxelles. Rapport de 1843 de Decamps sur la correspondance relative aux guerres du Palatinai [A. G.9 supplément].)
(2) Compagnie franche de dragons levée par Dufay, gouverneur de Phiii bourg.
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1.200 fantassins, 300 dragons (1); il dit avoir eu affaire à la moitié de chacun des régiments de Caprara, du prince Charles, de Dunevalt, de Bournonville, aux troupes de Saxe, au régiment entier de Schneidaù, aux Lorrains et au régiment de Strein (infanterie). Deschamps dit 8.000 hommes (2); mais le détail qu'il en donne s'élève à 9.000 (régiments entiers de Bournonville, Caprara, Gondola ; trois demi-régiments : prince Charles de Lorraine, Holstein, Dunevalt, total 4.000 chevaux, 1.000 chevaux saxons, 2.000 lorrains en 7 régiments, les chevau-légers du duc, 500 dragons saxons et lorrains et le régiment de Strein, 1.200).
Les auteurs allemands donnent des chiffres analogues. Hardegg 6.000 chevaux, 1.500 fantassins; Wilhelm, 6.000- 800; Peter, 7.000-1.500; Zanthier, 7.000-1.200. M. Tschamber, d'après un document des archives de la guerre de Vienne, dit 4.458 cavaliers, 900 fantassins, 158 dragons, total : 5.358 hommes. Il ne donne pas toutefois la liste des régiments de cavalerie ayant paru sur le champ de bataille; il ne nomme de cette arme que le régiment Gondola qui manque à Ténumération de Turenne, mais on le retrouve chez Deschamps. Les affirmations de ce dernier paraissent donc pouvoir être admises en rectifiant le nombre d'escadrons des régiments de Caprara et de Bournonville. Au lieu de 10 pour chacun d'eux, correspondant au régiment entier, il n'en faudrait compter que 5. Dans une lettre du 8 juiUet à Louvois, Turenne en effet annonce que Bournonville est venu joindre ses lieutenants en amenant 5 escadrons de Caprara et 5 de Bournonville. On diminuerait ainsi de 1.000 chevaux l'effectif donné et on retombe sur le chiffre de 6.000 cavaliers admis par la plupart des auteurs.
Le surplus des évaluations de M. Tschamber ne peut être accepté sans restriction ; il prête aux Lorrains un effectif de
(1) Lettre au Roi, 17 juin.
1.600 chevaux, or, le duc de Lorraine était en personne à Sinsheim ; il devait vraisemblablement avoir avec lui le gros de ses forces qui consistait exclusivement en cavalerie et que M. Tschamber (1) évalue à 5.500 (M. des Robert (2) donne le chiffre de 6.000 chevaux qui serait très élevé pour 9 régiments); la cavalerie impériale, sous Caprara, est comptée pour 2.000 chevaux seulement, alors que 30 escadrons au moins la composent. On voit ainsi combien les chiiGfres de M. Tschamber sont contestables. Il afïirme en outre (3) que, précisément le 14 juin, l'Empereur avait dû enlever aux troupes opérant sur le Rhin plusieurs régiments pour les envoyer contre les insurgés hongrois, et qu'ainsi l'adversaire de Turenne était affaibli. Cette allégation n'a été' reproduite nulle part encore; elle demanderait, pour être admise, des justifications qui ne sont pas fournies. Il y a là sans doute confusion avec la mesure prise par l'Empereur et que Persode signale au duc de Vitry (4), de ne pas envoyer de nouvelles troupes sur le Rhin, afin de disposer de forces suffisantes contre les Hongrois.
La victoire de Sinsheim clôt la première série des opérations dans le Palatinat; sa conséquence immédiate est de détourner l'invasion qui menaçait l'Alsace. Elle est le fruit d'une manœuvre hardie, nettement conçue, exécutée avec résolution. Turenne porte l'offensive en pays ennemi et va se placer sur la route que doit suivre l'armée adverse dans le but d'attaquer celle-ci avant qju'elle n'ait opéré sa jonction avec les renforts arrivant au-devant d'elle.
D'Hochfeld à Sinsheim, il y a environ 30 à 35 lieues et le Rhin à traverser; Turenne va de l'un à l'autre en cinq jours. Il déconcerte ses adversaires par la rapidité de son mouvement; ils le croient encore loin, que déjà ils sont aux prises avec ses éclaireurs.
(4) Lettre du 22 mai 1674.
Sur le champ de bataille, ses habiles dispositions obvient aux défectuosités de la situation tactique et lui permettent de tirer tout le parti possible du feu de son infanterie. L'efficacité de ce feu vient en aide à sa cavalerie et lui permet de lutter sans désavantage contre les cuirassiers ennemis.
Gaprara, au contraire, ainsi que le fait remarquer Napoléon, a été victime des errements de Tépoque. Il s'est laissé séduire par les avantages de la position de Sinsheim et a accepté la lutte sans attendre que Bournonville soit venu le renforcer.
Il semblerait que Turenne n'ait dû recueillir, après sa victoire, que des témoignages d'admiration; ses envieux en jugèrent autrement. Tous n'étaient pas à la Cour, ni dans les bureaux de la guerre, ainsi qu'on en pourra juger par l'extrait suivant d'une lettre du maréchal d'Humières au grand Condé en date de Lille, 26 juin (1) :
« Au reste, Monseigneur, comme je n'entends parler de tous côtés que de la grande bataille que M. de Turenne a gagnée, je ne puis m'empêcher de vous demander la grâce, de me faire savoir ce qu'elle a appris et ce qu'elle en pense; car je demanderais volontiers, comme le comte de Grammont au maréchal de Gassion : Ubi est cadaver, ne voyant rien de toutes les suites d'une victoire. »
Cette lettre est d'autant plus piquante que le chevalier d'Humières, fils du maréchal, servait dans l'armée de Turenne et occupait Haguenau, tandis que le maréchal s'était porté sur la rive droite du Rhin (2).
Après sa victoire, Turenne ayant atteint le but qu'il poursuivait et sachant que l'ennemi allait recevoir des renforts, se retira sur la rive droite du Rhin. Il fit châtier
(1) Grimoard, t. II, p. 516.
(2) Spanheim (op. cit., p. 519-520) dit du maréchal d'Humières : «...C'a été plutôt la faveur de la Cour et la complaisance de feu M. de Turenne pour Mme d'Humières qui lui procura le bâton de maréchal, que pour s'être dès lors fort signalé ou distingué dans la guerre. » Si cette assertion est exacte, elle démontrerait que le maréchal d'Humières avait la reconnaissance courte ou, peut-être, qu'il existait entre Turenne et lui des motifs personnels d'ani. mosité.
Visloch, campa le 18 à Mingelsheim et repassa le Rhin le 20 à Philisbourg. Il alla porter son armée vers Neustadt, vivant sur le territoire que l'Électeur palatin possédait sur la rive gauche du fleuve.
Les alliés, rassemblés entre Sinsheim et Heidelberg, marchèrent de là vers Worms et Mannheim; Bournonville, qui avait passé le Mein le 15 juin, vint les joindre avec les renforts qu'il amenait.
Médaille frappée ù l'occasloci d