LE DÉBOUCHÉ EN HAUTE-ALSACE — MULHOUSE
Au moment où Turenne arrive au Valdoye le 28 décembre, la situation des troupes alliées est à peu près la suivante :
En première ligne, Tavant-garde du duc Auguste de Holstein, à Aspach; après sa rencontre avec la brigade Sourdis, elle se retire sur Cernay et va poursuivre son mouvemen.t plus au nord, vers Rouflfach, où doit en principe se rassembler le corps brandebourgeois. Ce dernier est encore à Colmar.
Au sud de cette avant-garde, en première ligne aussi, sont les Impériaux avec quelques corps munsterois. L'emplacement de ceux-ci est malaisé à trouver.
Les corps aux ordres directs de Bournonville étaient primitivement entre la Thur et la DoUer; leur chef, préoccupé d'un mouvement que Turenne pouvait diriger vers le.Brisgau par Bâle, a porté la majeure partie de ses forces en arrière de TIU. M. de Kortzfleisch indique les emplacements suivants :
A Hundsbach, les régiments Strein et Vehlen;
A Altkirch, le régiment Portia; au nord de celui-ci, les régiments Sereni et Caprara; au nord ^encore, à Zillisheim, le régiment Reuss.
Les Lorrains sont au milieu d'eux; les troupes aux ordres du duc de Celle font toujours face à Tattaque supposée par Sainte-Marie.
138 TLRENNE EN ALSACE
L'alarme est donnée par Holstein; Turenne est là. La nouvelle tombe comme la foudre au milieu de ces coalisés qui pensaient hiverner paisiblement.
L'Électeur assemble aussitôt le conseil de guerre à Colmar le 28; mais les divers généraux en chef marquent peu d'empressement à s'y rendre; quelques-uns se bornent à s'y faire représenter.
On discute ce qu'on va faire, on se demande où on attendra l'ennemi, combien de monde on pourra lui opposer. Sur ce dernier point, on paraît avoir éprouvé une pénible surprise, en constatant que les effectifs ont fondu.
Après délibération, on se décide à attendre jusqu'à ce que les reconnaissances aient renseigné sur le nombre et les forces de l'ennemi. On fixe provisoirement le rassemblement entre Rouffach, Colmar et Sainte-Croix.
Cette décision implique, pour les corps de première ligne, une retraite vers le nord ; Bournon ville, au sortir du conseil, fait établir son ordre de mouvement pour la journée du 29; M. Tschamber en donne le résumé (1), d'après les archives de la guerre de Vienne. L'ensemble des corps impériaux et munsterois doit se porter, le long de l'IU, à hauteur et au nord de Mulhouse.
Mais l'ordre n'est envoyé que le 29 au matin et, entre temps, le margrave de Bade qui, aux coups de canon d'alarme annonçant l'arrivée de Turenne, paraît avoir quelque peu perdu son sang-froid, a donné des ordres de son côté. Leur sens général est à peu près conforme à celui des ordres de Bournonville ; mais la destination de chaque corps est différente.
Résultat : désordre dans la mise en marche.
Il paraît d'ailleurs, selon les auteurs allemands (2), que le mouvement exécuté d'après les ordres du margrave de
(2) M. de Kortzfleisch et Tschamber sont sur ce point entièrenient d'accord et on retrouve des phrases entières presque identiques dans les deux ouvrages. La même remarque s'applique à la description du théâtre du combat de Mulhouse. Cf. Kortzfleisch, p. 92, 93, 94; Tschamber, p. 148, 150, 151.