LE DÉBOUCHÉ EN HAUTE-AX-SACE
laisser du monde en observation sur la rive droite de l'IU; de sa personne il regagna Fontaine, d'où il était parti le matin.
Lé lendemain 30, il envoya de la cavalerie depuis Mulhouse jusqu'à Bâle; elle ramassa de nombreux prisonniers. M. de Kortzfleisch donne sur cette poursuite des détails assez précis; la brigade Humières, vers le sud, s'avance jusqu'à Landskron et reprend Altkirch. Le comte de Lorges pousse sur Bâle et s'empare de nombreux croates qui s'étaient approchés du quartier de Turenne. Un autre détachement marche sur Mulhouse pour recueillir les traînards qui s'étaient réfugiés dans la ville. La brigade Lançon se dirigeant vers Brunstadt signale dans le château la présence du régiment impérial de Portia.
Ce malheureux corps fut victime du désordre qui régnait dans l'armée alliée. Le ifiargrave de Bade ne lui avait pas envoyé d'ordre pour le mouvement du 29; afin de justifier cet oubli, il prétendit ensuite que le régiment n'était pas sous son commandement; exacte ou non, l'excuse dénote un vice d'organisation. Posté le 29 à Karsbach, à moins d'une demi-lieue d'Alktirch, le régiment se mit en marche à 4 heures de l'après-midi, c'est-à-dire à la chute du jour. Il arriva en pleine nuit à Brunstadt, non loin du théâtre du combat qui venait de se livrer; on lui annonça que la route de Mulhouse était coupée; il se réfugia dans le château de Brunstadt. Le 30, Lançon essaya bravement, mais sans succès, d'enlever ce poste avec une avant-garde de 150 cavaliers; il échoua et envoya aussitôt demander du renfort. Turenne fit partir, dans la journée, les dragons de Tilladet, qui s'emparèrent, le soir même, de la cour inférieure du château. Le lendemain 31, il vint en personne, et donna ordre à deux bataillons (Bocquémar et Figueras) de renforcer les dragons; ils arrivèrent dans la soirée. Le 1^^ janvier, Foucault, chargé de mener rattaque,-reçut la capitulation du régiment Portia; 800 à 900 hommes tombaient entre nos mains sans presque avoir fait de résistance. Nous prenions dix drapeaux.
C'est avec raison que les Allemands qualifient cette red' dition de catastrophe; un des vieux régiments de TEmpereur donnait l'exemple de la démoralisation; Tévénement eut,| dans l'armée alliée, un douloureux retentissement.
Pour Turenne, au contraire, tout allait au mieux, il race* vait la nouvelle de la levée du siège de Brisach, le 31 décembre, tandis qu'il ordonnait l'attaque de Brunstadt.
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