‹ Turenne en Alsace: Campagne de 1674-1675Chapitre 37 sur 41 · RETRAITE DES ENNEMIS DERNIÈRES OPÉRATIONS EN ALSACE · texte numérisé non relu

RETRAITE DES ENNEMIS DERNIÈRES OPÉRATIONS EN ALSACE

Après Turckheiiï) comme après Mulhouse, malgré la supériorité incontestable qu'il a acquise sur le champ de bataille, Turenne ne poursuit pas son ennemi (1). On ne

(1) Napoléon (33* observation) critique vivement la lenteur des opérations de Turenne à partir de l'arrivée à Belfort. Il a perdu, dit-il, six jours pour arriver à Colmar; en marchant avec plus de rapidité il aurait empêché les corps ennemis de se rallier, « il eût dû prévenir leur réunion. Tout le génie de cette opération consistait à arriver sur le pont de Strasbourg avant que l'armée fût ralliée. Turenne la manqua. Une pareille manœuvre aurait été féconde en grands résultats et d'un succès certain : si, au lieu de déboucher par Belfort, c'est-à-dire à l'extrémité des Vosges, Turenne eût débouché pai le milieu des Vosges, droit sur Colmar et Strasbourg, il fût arrivé avant que les cantonne* ments se fussent ralliés. Il a dans cette occasion montré plus de talent dans la Conception de ce beau plan que dans son exécution. » Si Napoléon s'est montré, à notre avis, trop sévère dans son jugement sur les opérations de Turenne, Frédéric lia fait preuve de plus d'impartialité à l'égard de ce dernier, mais en rejetant sur Bournonville la faute de l'échec des alliés. Dans son poème sur l'Art de la guerre (chant V) il cite, en modèle, la campagne d'Alsace :

Bournonville battu, mais près de ses renforts, Du Rhin majestueux passa les larges bords; Devant lui, les Français, sous les lois de Turenne, Craignaient, en reculant, les monts de la Lorraine. Sans consulter son art, sans craindre les revers. Le Germain se sépare avant les froids hivers ; Il divise son corps; il cantonne en Alsace; Il hâte par ses mains le sort qui le menace.

Tandis qu'il est flatté par la sécurité.

Que l'aigle des César s'endort en sûreté, Turenne se rassemble au revers des montagnes; Il les passe, il paraît, il fond dans les campagnes. Tombe sur Bournonville, enlève ses quartiers. De ses soldats épars il fait des prisonniers; Et force le Germain, par cette rude épreuve, A passer, en courant, vers l'autre bord du fleuve.

Il est permis d'admirer modérément le» vers de l'élève de Voltaire, mais on doit reconnaître qu'ils résument fort bien les opérations en Alsace.

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