‹ TurgotChapitre 21 sur 30 · STATISTIQUE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE

f.a statistique est la science auxiliaire dont Téconomie politique tire le plus grand secours. A son tour, la statistique marcherait en aveugle, si elle ne

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recevait pas les lumières de l'économie politique. Quand on entreprend de constater les richesses d'un pays, ne faut-il pas savoir en quoi consiste la richesse et distinguer avec soin les éléments dont elle se compose? Ceci expliquepourquoi la statistique ne s'est développée qu'après l'économie politique; jusqu'alors, en effet, elle avait été faite au hasard.

Ce n'est pas seulement comme auteur du premier traité d'économie politique que Turgot a été utile à la statistique ; il lui a rendu des services spéciaux, en recherchant quels sont les éléments dont se compose la richesse totale d'une nation. «La richesse totale d'une nation, disait-il, se compose: Tdu revenu net de tous les hiens-fonds multipliés par le taux du prix des terres; 2° de la somme de toutes les ricliesses mobilières existantes de la nation.... Il faut joindre, ajoute-t-il, au capital du revenu foncier, les richesses mobilières, savoir: Tla somme descapilaux employésà toutes les entreprises de culture, d'industrie, de commerce et qui n'en doivent jamais sortir; 2° toutes lesavances en tout genre d'entreprise devant sans cesse rentrer aux entrepreneurs, pour être sans cesse reversées dans l'entreprise ; 3°tousles meubles, vêtements, bijoux^ etc., etc., à l'usage des particuliers. — Ce serait une erreur grossière de confondre la masse immense de ces richesses mobilières avec la niasse d'argent qui existe dans l'État. Celle-

ci n'est qu'un très-petit objet en comparaison. » Puis, dans le but de prévenir une erreur facile à commettre, il faisait remarquer qu'il ne fallait pas comprendre au nombre des richesses les dettes des propriétaires, parce que, si elles constituaient l'actif du créancier, il y avait lieu de les déduire de la valeur des fonds de terre. «Il ne faut pas, disait-il, comprendre dans le calcul des richesses de la nation, la sommedes capitaux prêtés; car ces capitaux n'ont pu être prêtés qu'à des propriétaires de terre ou à des entrepreneurs pour les faire valoir dans leurs entreprises, puisqu'il n'y a que ces deux sortes de personnes qui puissent répondre du capital et payer l'intérêt. Si le propriétaire d'une terre de 400,000 francs en emprunte 100, son bien est chargé d'une rente qui diminue

d'autant le revenu La terre vaut toujours 400,000

francs: quand le propriétaire a emprunté 100,000 francs, cela ne fait pas 500,000 francs; cela fait seulement que sur les 400,000 francs il en appartient 100 au prêteur et qu'il n'en appartient que 300 à l'emprunteur (1). »

(1) Il faut cependant remarquer que, si l'emprunteur doit 100,000 livres, il les a re(,;ues en numéraire et le numéraire est une valeur. Avant l'emprunt, le prêteur avait 100,000 livres et l'emprunteur un bien valant 400,000 livres, ce qui faisait .100,000 livres; ce total n"a pas pu être changé par le pièt. La vérité est que la monnaie servant à un grand nombre d'opérations, on ne doit pas porter à l'actif national toutes les créances, parce que les mêmes deniers servent à un grand nombre d'em-

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C'est surtout par l'analyse de la production agricole que Turgot a été utile aux recherches sur l'agriculture. L"écolephysiocratique avait été conduite, par son erreur même, à l)ien établir le revenu foncier quelle prétendait être le seul ; la défmition qu'elle en donna est restée, et nous la trouvons dans la loi sur la contribution foncière, dans les instruclionssurle cadastre et dans les travaux de statistique.

prunts et de libérations. Co quil faut compter, c'est la masse du numéraire circulant.

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