PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE
La liberté de riiomme n'est pas inconciliable avec l'existence de certaines lois qui président à sa conduite. Leur influence quoique puissante n'est pas insurmontable, et, sauf les exceptions qui viennent de la libre détermination, on peut les considérer comme la règle de nos actions.
La part de la liberté, fort grande dans les actes de l'individu, est beaucoup moindre dans la vie des nations. Le développement naturel du peuple n'est certainement pas hors de la sphère d'action des associations d'individus. Les partis qui se forment, s'unissent, se coalisent pour agir sur les masses populaires, impriment aux sociétés des mouvements, des directions, des déviations, qui ressemblent aux libres déterminations de l'individu. Mais quelque puissants que soient les moyens des partis, ils agissent sur un tout difficile à remuer; les impulsions applicables à un ensemble considérable de volontés sont avec les moyens de réalisation dans une proportion bien différente de celle qui existe entre la puissance de la volonté et une modification de la conduite individuelle. A un certain point de vue, il est donc plus aisé de décou-
vrir les lois qui président au développement des nations; car, les lois étant moins soumises aux caprices de la liberté humaine, on peut les déterminer avec une exactitude qui les rapproche des lois physiques.
L'expérience des peuples qui se sont succédé ne peut manquer de donner une tendance commune à tous ; ce caractère commun, cette identité de marche, au milieu des variétés des temps et des lieux, ne peut être que la direction même de l'humanité. Ainsi, après avoir fixé les lois suivant lesquelles les peuples se développent, on est conduit à déterminer historiquement quel est le point vers lequel se dirige l'éternel voyage de l'humanité. Tel est le problème qu'agite la philosophie de l'histoire.
On a beaucoup accusé cette science de mener droit au fatalisme, de réduire tous les événements historiques à des mouvements réglés d'avance, inévitables comme le destin et de professer la plus complète indifférence pour les actes des personnages politiques. 11 est vrai que plus d'un philosophe s'est montré fataliste dans cette partie de la philosophie. En Allemagne et en France, la légitimité du succès a plus d'une fois été érigée en théorie, et il s'est rencontré des philosophes pour paraphraser en périodes métaphysiques la parole du barbare : Vœ viclis.
S'il s'est rencontré des philosophes fatalistes, la
philosophie de l'histoire n'a pas nécessairement le même caractère ; ne hii imputons pas ce qui est le fait de quelques hommes. Est-ce que l'existence des lois pénales est inconciliable avec la liberté qui s'y conforme ou les enfreint? Indiquer le but vers lequel tend une nation et s'élever jusqu'au point où se dirige l'humanité, ce n'est pas absoudre d'avance tout ce qui sera fait; c'est plutôt fixer la règle suivant laquelle les mauvaises et les bonnes actions pourront être discernées. Toutes les entreprises honnêtement conduites qui rapprocheront la société de sa destinée seront bonnes, celles qui l'en éloigneront seront mauvaises. Si elles sont faites intentionnellement, il y aura mérite dans le premier cas, et crime politique, dans le second. A défaut d'intention, les résultats viendront de la bonne fortune, du hasard ou de l'incapacité. Telles sont les idées qu'il ne faut pas perdre de vue en matière de philosophie de l'histoire; nous avons rappelé ces notions évidentes parce que plus d'une fois on les a perdues de vue.
Si les lois du développement historique ont sur celles de la vie individuelle l'avantage d'être moins soumises aux caprices de la liberté humaine, elles ont l'inconvénient de ne pouvoir être observées que sur un nombre assez restreint de cas ou périodes. C'est pour cela que cette partie de la science philosophique fut à peu près inconnue des anciens. Placés
près de l'origine des choses, ne connaissant qu'un petit nombre de faits , comment auraient-ils pu s'élever aux lois de l'histoire par une observation aussi restreinte ? Leur philosophie n'aurait guère pu être construite qu'à priori, et pas un philosophe n'en fil la tentative.
Dans la Politique d'Aristote, on trouve, à la vérité, la succession des diverses formes de gouvernement confirmée par l'histoire des républiques de la Grèce. Pour arriver à cette généralisation, les faits que connaissait le Stagirite étaient assez nombreux. Ce qui manque à la PoHtique, c'est la notion de l'humanité. Nous y voyons les constitutions tombant les unes sur les autres, avec assez de régularité, et, en quelque sorte, par des mouvements prévus. Mais où tendent ces bouleversements? Le philosophe de l'antiquité est resté, comme le citoyen, enfermé dans la cité ; nous ne le voyons pas dépassant l'horizon restreint de la république, jeter un regard sur la grande famille humaine ; avant tout, il est Spartiate, Athénien ou Romain , et ne cherche pas dans la science le problème de la destinée humaine, question grandiose qu'ont examinée avec inquiétude tous les penseurs issus du mouvement chrétien.
Parmi ceux qui voulurent montrer la trame de l'histoire, nous trouvons Tuli des plus grands esprits que la religion puisse célébrer. Bossuet exposa le
tableau de tous les événements convergeant vers le triomphe du christianisme.
C'est assurément un majestueu.v spectacle que celui où Bossuet nous fait voir tous les peuples passant tour à tour pour préparer l'avènement du christianisme, l'empire romain s'élevant sur les débris des nations vaincues, afin de préparer son triomphe, et les événements qui suivirent concourant à répandre la religion nouvelle. La grandeur et la simplicité de ce plan, font du Discours sur V histoire universelle une œuvre immortelle. Que lui manque-t-il? d'être une œuvre scientifique. C'est un admirable ouvrage d'histoire religieuse, théologique et catholique ; ce n'est pas de la philosophie, puisque le Discours implique la croyance à une religion révélée. Je concède .à ceux qui pourraient s'offenser de mon appréciation, que c'est mieux que de la philosophie; mais à coup sûr, c'est chose différente.
Le but de l'humanité que Bossuet demandait à la foi , Turgot le chercha rationnellement. Il n'était âgé que de vingt-trois ans, lorsqu'il proclama dans ses discours de Sorbonne la théorie du progrès que Condorcct développa plus tard et que la majorité des philosophes ont enseignée depuis.
L'année même où le jeune prieur portait la parole, nous le trouvons occupé à tracer le Plan de deux discours surVhistoire universelle^ dont le premier avait
pour objet la formation des sociétés et la révolution des empires ; le second traitait des progrès de V esprit humain. Mais quoiqu'il voulût séparer l'histoire politique et l'histoire scientifique, la même pensée dominait les deux discours et les révolutions des empires, comme les progrès de l'esprit humain se rattachaient au développement progressif de l'humanité.
Qu'était-ce donc que cette perfectibilité dont on s'est servi contre la religion et que Turgot faisait, au contraire, tourner à la gloire du christianisme ? car, dans un des discours prononcés à la Sorbonne, il rapportait à la religion chrétienne l'honneur de presque tous nos progrès. Il existe une école de philosophes qui non-seulement croit à l'extension toujours plus grande des lumières, mais encore- à la perfectibilité interne de nos facultés. Nous sommes, d'après cette doctrine, plus instruits que les anciens et même plus intelligents. La force de nos facultés est plus grande, et il n'est pas impossible que plus tard quelque virtualité nouvelle ne se dégage, après avoir été longtemps latente. Les plus radicaux ont annoncé la naissance de nouveaux organes physiques, et il faut avouer que, malgré son extravagance, cette conséquence a le mérite d'être logique ; car, on ne voit pas pourquoi l'àme aurait le monopole de ces nouveautés.
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Turgot n'a jamais entendu le progrès en ce sens, et sa pensée n'a pas dépassé la comparaison de Pascal : « L'humanité ressemble à un homme qui ne mourrait jamais et apprendrait toujours. » Il ne croyait pas que les modernes fussent supérieurs aux anciens par la nature de leurs facultés, et toute la différence entre eux consistait à ses yeux dans la puissance des moyens. La preuve en est que , dans certaines questions, particulièremenlen métaphysique, l'intelligence humaine a rencontré, tout de suite, les bornes qu'elle ne pourrait pas franchir et que, depuis Aristote et Platon, la solution de ces difficultés n'a pas avancé d'un pas. Dans les arts où tout procède de l'inspiration, oùrinteliigence. emportée par un élan spontané, n'est pas assujettie à l'emploi des procédés successifs, nous n'avons pas dépassé l'antiquité et on peut contester que nous ayons égalé nos modèles. Tout notre progrès a donc consisté dans une élaboration plus complète que les travaux antérieurs avaient facilitée; nous ne sommes ni plus intelligents, ni plus sensibles, ni plus braves. Il est certain d'ailleurs que les anciens avaient le même nombre de facultés que les modernes et, quant aux nouvelles propriétés physiques, il ne paraît pas que dans quatre mille ans la physiologie ait eu à constater une seule naissance.
Voici un passage oii Turgot montre la différence des arts et des sciences. « 11 est, disait-il, des parties dans
les arts de goût qui ont pu se perfectionner avec le temps, témoin la perspective qui dépend de V optique. Mais la couleur locale, l'imitation de la nature, l'expression même des passions sont de tous les temps. Ainsi ceux des grands hommes qui , dans tous les temps^ ont poussé l'art à un certain point acquièrent, par rapport aux siècles postérieurs, une certaine égalité, et par là ils sont plus heureux, en quelque manière, que les philosophes qui deviennent nécessairement surannés et inutiles par les progrès de leurs successeurs (1).|»
Le discours sur la formation des sociétés et les révolutions des empires rappelle la Politique d'Aristote. Dans certains passages, on croit lire le célèhre livre où le Stagirite nous montre la monarchie, l'aristocratie et la démocratie se succédant et puis faisant place aux trois formes du gouvernement corrompues, le despotisme, l'oligarchie et la démagogie. « Ici, dit Turgot, les peuples fatigués de l'anarchie se sont jetés dans le despotisme; ailleurs la tyrannie a produit la liberté. » Mais on trouve dans le Discours ce qui manquait à la Politique, c'està-dire la main de la Providence mettant l'umté au milieu de tous ces changements, et menant Vhomme qui s'agite. «Aucune mutation , ajoute Turgot, ne s'est faite, qui n'ait produit son avantage, car aucune
(1) Turgot, Œuvres, t. IF, p. 6o9.
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ne s'est faite sans produire de l'expérience et sans étendre ou améliorer ou préparer V instruction. Ce n'est qu'après des siècles et par des révolutions sanglantes que le despotisme a appris à se modérer luimême et la liberté à se régler, que la fortune des Etats est devenue moins chancelante et plus durable. Et c'est ainsi que, par des alternatives d'agitation et de calme, de biens et de maux, la masse totale du genre humain a marché sans cesse vers sa perfection. (1) »
Au moment où Turgot écrivait , Y Esprit des lois était en possession de l'admiration publique ; Montesquieu y avait expliqué les institutions des divers pays par l'action des climats, cause principale et quelquefois unique , d'après lui , de la variété des mœurs et coutumes. Ce point de vue matérialiste que plus tard Herder a coloré de sa brillante imagination, est solidement combattu dans le passage suivant du Second Discours sur l'histoire imiverselle. « On a cherché dans la différence des climats la raison de celte différence qui se trouve entre les nations. Cette opinion, un peu mitigée et restreinte avec raison aux seules influences du climat , a été récemment embrassée par un des plus beaux génies de notre siècle. Mais les inductions qu'on en tire sont au moins
(1) Plan du premier discours sur /'histoire universelle {Œuvres, t. II, p. G33).
précipitées ; elles sont démenties par l'expérience , puisque, sous les mêmes climats, les peuples sont différents et puisque, sous des climats très-peu semblables, on retrouve si souvent le même caractère et le même tour d'esprit; puisque l'enthousiasme et le despotisme des Orientaux peuvent naître de la seule barbarie combinée avec certaines circonstances ; puisque ce langage métaphorique qu'on nous donne comme un effet de la proximité du soleil est celui des anciens Gaulois et des Germains, au rapport de Tacite et de Diodore de Sicile , et qu'il est encore celui des Iroquois , au milieu des glaces du Canada. 11 est celui de tous les peuples dont la langue est très-bornée et qui, manquant de mots propres, multiplient les métaphores, les comparaisons, les allusions pour se faire entendre. » « Nous n'avons le droit, disait-il plus haut, d'évaluer l'influence des causes physiques, qu'après avoir épuisé celle des causes morales, et nous être assurés, que les faits sont absolument inexplicables par celles-ci , dont nous sentons le principe, dont nous pouvons suivre la marche au fond de notre cœur. » (1)
S'il avait pu mener à fin sa vaste entreprise, le philosophe qui avait vu, sous la variété des événements historiques, l'unité de la marche vers le pro-
(1) Plan du second discours sur lliistoire universelle {Œuvres, t. 11, p. 046 et 047).
grès, aurait sans doute rattaché les physionomies diverses des peuples à quelques types généraux ; car si l'humanilé est une, le développement des nations a aussi une sorte d'uniformité qui s'explique par l'identité et la permanence de l'organisation humaine; il serait arrivé, comme plus tard l'auteur de la Sienza miova, aux corsi et ricorsi toujours semblables, par les caractères principaux, ramenant périodiquement l'âge divin, l'âge héroïque et l'âge humain ou du moins à des lois 'analogues. Cette régularité n'excluait pas la théorie du progrès; car rien n'empêche que l'humanité avance en suivant des mouvements soumis à des lois 5 peu près constantes. La succession régulière et disciplinée des faits ne semble-t-elle même pas plus favorable au développement que les soubresauts affranchis de toute loi?
Malheureusement Turgot n'a laissé que des ébauches. Dans un fragment qui nous reste, nous trouvons l'histoire jusqu'à Charlemagne divisée en dix-neuf périodes; il n'a donc pas dépassé la date où l'œuvre de Bossuet s'était arrêtée. Mais sans doute ce n'est pas par la même raison qu'il n'avait pas poussé son plan au delà. On dit que le grand évêque avait replié son vol hardi, en apercevant, à l'horizon, les nuages orageux du seizième siècle; comment aurait-il fait rentrer Luther et Calvin dans le plan catholique de
Dieu? Le triomphe de Luther et de Calvin ne pou- ■vait pas être assimilé à une de ces hérésies que Dieu envoyait à son Église pour l'éprouver et auxquelles il ne permettait pas de vaincre; cette fois l'instrument aurait été par trop meurtrier et le remède employé par la Providence aurait singulièrement aggravé le mal. Une composition rapide comme celle du Discours sur Vhisloire universelle ne suffisait pas pour expliquer une si profonde perturbation du plan providentiel ; une histoire détaillée n'était pas de trop, et Bossuet écrivit V Histoire des variations.
De telles préoccupations n'arrêtaient pas Turgot; car, un philosophe peut assister tranquillement au spectacle des plus grands déchirements, sans douter ni de l'humanité, ni de la providence. La raison et l'histoire lui démontrent que les bouleversements les plus profonds, la chute des institutions, la ruine des vieilles croyances ressemblent à ces orages dont l'admirable mécanisme de la nature fait sortir une atmosphère plus pure et plus salubre. Ce n'est pas là une raison qui doive nous rendre indifférents aux agitations et surtout nous les faire considérer comme un bien ; car l'humanité arriverait au but tout aussi vite par le développement naturel et insensible des institutions. Ces troubles sont même quelquefois une cause de retard, sous l'apparence d'une accélération. Il ne faudrait pas non plus en conclure qu'il n'y a
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pas, en matière politique, d'acte bon ou mauvais; le bien consiste à seconder la loi de Dieu et le mal à la contrarier. Si la Providence répare ensuite nos fautes et ne permet pas que leur effet dure, c'est un motif pour s'incliner devant la sagesse éternelle, non pour absoudre les crimes des hommes puissants.
Parmi les précieux fragments qui nous restent, nous n'en citerons qu'un pour terminer cet exposé des doctrines philosophiques de Turgot. Il est relatif à l'esclavage qu'il considérait, non-seulement comme un outragea l'humanité, mais aussi comme une des causes qui retardèrent les progrès de l'industrie. «Ce fut, dit-il, un des inconvénients de l'esclavage des anciens d'avoir rendu l'industrie slalionnaire, d'avoir diminué le commerce ou de l'avoir empêché de s'étendre. Les familles s'isolèrent en faisant fabriquer par leurs esclaves, les meubles, les étoffes même à leur usage. Plusieurs arts ne furent pas exercés; les esclaves n'avaient pas intérêt à devenir inventifs. Ceux qui furent exercés l'étaient mal : les esclaves n'avaient aucun motif de perfectionner leur travail. » Ici nous trouvons entre Bossuet et Turgot , l'abîme profond qui sépare les théories impitoyables de l'absolutisme et la douceur des doctrines libérales. L'auteur de la Politique tirée de l'Evangile^ oubliant l'esprit du livre dont il suivait les inspirations, avait légitimé l'esclavage par le
droit de vie et de mort que la victoire donne au vainqueur. Le mot servitude rappelle même par son étymologie la clémence dont le vaincu profite [serviis à servare) ; c'est Bossuet qui le rappelle dans son Cinquième Avertissement aux protestants. Ainsi le ministre d'une religion qui était venue pour relever la condition de l'esclave, aimait mieu\ adopter les dispositions violentes de la loi romaine que de suivre la douce fraternité du Christ. Pourquoi ne remontaitil pas jusqu'à la démonstration d'Aristote? (* Il y a dans l'espèce humaine, disait ouvertement le Stagirite, des individus aussi inférieurs aux autres que le corps l'est à l'àme ou que la bête l'est à l'homme ; ce sont ces êtres propres aux seuls travaux du corps, et qui sont incapables de rien faire de plus parfait. En partant des principes que nous venons de poser, ces individus sont destinés par la nature à l'esclavage, parce qu'il n'y a rien de meilleur pour eux que d'obéir (1). »
La doctrine de l'infériorité naturelle était sans doute plus outrageante pour Ihumanité; elle était au moins logique, et, le principe accordé, l'esclavage en découlait nécessairement. C'était une e-rreur: mais comment qualifier la démonstration tirée de l'exagération du droit de guerre par un ministre d'une religion de paix et de concorde? Il est donc
(1) Politique, liv. I, chap. m.
vrai que, sur certains points au moins, la religion a été ramenée par les philosophes à son véritable esprit? Turgot fut conduit, par une double voie, à condamner l'esclavage, parce qu'il sut allier dans un heureux mélange l'esprit philosophique et les sentiments religieux.
Résumons les théories philosophiques de Turgot, avant d'aborder un autre ordre d'idées. Nous l'avons vu partir du moi comme d'urf point inébranlable, et après avoir posé cette base, affirmer le non-moi par l'application du principe de causalité, principe absolu qui, à lui tout seul, est la négation du sensualisme. Le spiritualisme l'a conduit à une morale fondée sur le devoir, à une politique sagement libérale et à une philosophie de l'histoire où il rendait compte des faits par la prédominance des causes morales.