‹ Turgot et ses doctrinesChapitre 16 sur 56 · L.\. MILICE · texte numérisé non relu

L.\. MILICE

i.a milice. I.u milicc, a dit Coiidorcet, « était un autre fléau

dofi canipniïnos (1) ». L'armée proprement dite se recrulail, p;ir rrnn'ili'inent viilniilnirc, ;ï prix d'nrgent, taudis (|ue les milices, sortes de gardes nationales mobilisées, étaient levées, dans les provinces, par voie de tirage au sort. C'était un service forcé auquel étaient astreints tous les garçons de 18 à 40 ans; les hommes mariés pouvaient être appelés pour parfaire le contingent. Le nombre des hommes inscrits pour prendre part au tirage s'élevait à 160,000, sur lesquels 10 à 1^2,000 étaient retenus. Les miliciens étaient appelés en temps de guerre; en temps de paix, on les licenciait; mais ils restaient toujours à la disposition de l'administration de la guerre, qui pouvait les appeler sous les drapeaux du jour au lendemain. L'incertitude de leur sort les empêchait de trouver un emploi avantageux. Comme l'a fait remarquer Condorcet, « le milicien, confondu, par son habillement, avec le peuple, trop peu exercé pour être compté au rang des soldats, avait perdu sa liberté sans en être dédommagé ni par une sul)sistance assui'ée, ni par l'opinion ».

Le tirage au L'inlcmlanl [)résidait aux opérations du tirage au Riiieis blancs sort ; ilécoutait les demandes d'exemptions qui lui

et billets noirs.

étaient adressées, en était le seul juge, et mettait ensuite dans l'urne des billets blancs et « noirs». Un enfant auquel le « billet noir » était échu était regardé par sa famille comme entièrement perdu (3), car «la

(1) Condorcet, Vie de Tiinjot, p. /|5, Éilillon do I.omii'es, 1786.

(2) Le marquis do Miraliciui, Lcllra il'nn SHlidcli'fjiu'. à un intendant de proiunce sur la iiiilii'e (OI'',iirii'x, l. \ 1, -J- [laiiie, p. 91).

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