LA MILICE
guerre avait dévoré bien des hommes et, à tout instant, elle pouvait éclater (1) ».
Ce qui augmentait encore l'horreur du ijouple pour la, milice, c'était l'abus ini(iue dt's exemptions qui étaient accordées et qui, pour la j>lui)art, étaient entachées d'illégalité et de favoritisme.
Dans son Histoire des Français des dicers Etats, KxenipUons
et favoiilisrae.
Monteil nous a fait assister à une de ces séances de tirage au surt.
« Allons, mes enfants, disait l'intendant, nous allons tirer le sort; rangez-vous; mais, avant tout, quels sont ceux ici qui se prétendent exempts de service?
— Je suis de Paris. — ^\)us n'irez pas à la guerre.
— Je suis clerc tonsuré. — Vous n'irez pas à la guerre.
— Je suis fils de conseiller du roi. — Vous n'irez [las à la guerre.
— Je suis domestique de clerc, de noble, do conseiller.— Vous n'irez pas à la guerre, l'ordonnance ne le veut pas.
— Je suis lils aine d'avocat, lils aîné de léi-mier, lils aîné de laboureur. — Vous n'irez pas à la guerre.
— Je suis collecteur. — Vous n'irez [)as à la guerre; on ne peut tenir l'épée et la bourse.
— Je suis maître d'école. — Vous n'irez pas à la guerre ; on ne peut tenir l'épée et la férule. »
En sonnue, la charge du la milice pesait exclusi- surijuipesau i.i
charge de la milice.
(1) A. Balbic, Tidijnt, p. 337.