L\ MILICE
vement sur la classe la moins heureuse , sur les gens de la campagne , pauvres hères taillables et corvéables à merci ; la noblesse et une partie considérable de la bourgeoisie aisée étaient épargnées.
Les troubles Chaque tii-age amenait une sorte de guerre civile nait. entre les paysans. Dans ce pays de montagnes, ou les habitations étaient dispersées , les jeunes gens qui devaient tirer au sort fuyaient et espéraient ainsi se soustraire à ce triste enrôlement. C'est en vain que les fuyards étaient menacés des peines les plus sévères; rien n'arrêtait cette désertion, à partir du jour où l'on apprenait l'arrivée, dans une communauté, des commissaires chargés d'opérer le tirage. Ceux que le sort avait désignés se réfugiaient dans les bois; ceux qui restaient s'indignaient d'une fuite qui augmentait leur risque, et l'on voyait des communautés entières se mettre à la poursuite des réfractaires. Des combats terribles s'engageaient pour ressaisir les fuyards que chacune des communes prétendait lui aiipartL'uir. «Les meurtres, les procédures criminelles se multipliaient, la dépopulation des paroisses et l'abandon de l'agriculture en étaient la suite. Lorsqu'il était question d'assembler le bataillon, il fallait que les syndics des paroisses fissent amener les miliciens escortés par la maréchaussée et quelquefois garrottés (1). »
iicfoimes de Turgot commcura par interdire aux communautés de poursuivre les fuyards, et dduiia les ordres
(1) LcUrc de Turgol au luiiiislre de lu guerre, sur la milice, 8 janvier 177o.
Turgol.