LA MILICE
les plus sévères pour faire arrêter ceux-ci par la marécliaussée.
Il évitait ainsi reffusion du sang et le retour de ces sanglantes battues dans les bois, les marais et les montagnes où les hommes étaient traqués par leurs semblables comme des bêtes fauves.
Une des principales dispositions de rordonnance du 27 novembre 17G5 interdisait la substitution d'un milicien à un autre et défendait de faire aucune cotisation en faveur des miliciens désignés par le sort. Turgot prit sur lui de corriger à cet égard les ordonnances. Il autorisa les commissaires à se prê- Lesengagemems
. voluiuaires
ter aux engagements voloiitau'es et cette liberté eut et les
° " remplacements.
tout l'effet qu'il en attendait; les engagements se produisirent avec abondance. Il toléra l'usage de la mise au chapeau, c'est-à-dire le iiayement d'une cotisation pour faire remplacer un milicien par un autre.
mesures.
Ces mesures dissiiièrent bientôt les frayeurs des ''-ésuuais de ces populations (pi'il administrait. « J'ai eu la satisfaction, écrivait-il vers la lin de son intendaiire, de voir que les miliciens se sont rendus seuls, volontairement, aux assemblées; que le secours de la maréchaussée, autrefois si nécessaire, a été tout à fait inutile, et que le i)lus grand nombre de ces nouveaux soldats a montré la plus grande émulation pour entrer dans les grenadiers... Cette confiance, de la part du peuple, qui dans cette province est une chose nouvelle, ne peut se conserver que jiar les moyens qui l'ont établie... La tolérance des engagements a été un des principaux moyens. »
06 LA JIII.ICE
Un plan Daiis cctte même lettre qui constatait l'iieureux
U'ori,':iiiisntion , i n • i i • •
nouvelle changement SLirveuu dans -1 esprit de ses admuiis-
des milices pro- '^ i i ■
vinciaies. ti'és, Turgot développait tout un plan d'organisation nouvelle des milices [irovinciales qui devait assurer, d'après lui, « la meilleure composition possible en hommes et qui serait môme préférable à celle des troupes réglées ». Ce plan consistait à substituer au tirage annuel de la milice l'obligation pour chaque communauté ou pour deux communautés réunies, lorsqu'une seule serait trop faible, de fournir un homme au régiment provincial et de le remplacer toutes les fois qu'il viendrait à manquer. Les paroisses pourraient engager des miliciens volontaires; elles seraient intéressées à n'en choisir que de bons , « propres au service, à ne point engager des aventuriers sans résidence connue 11 serait même possiltle d'essayer de laisser aux soldats provinciaux la liberté de quitter, après chaque assemblée , pi mrvu qu'ils fussent remplacés. »
i.n remplace- Lacausc (lu reniplacciiicnt militaire n'a pas de plus
iMi:nt militaire; i i i • x- rn i i ■ ; i i
ce que Tuigoi. ardcut dcteiiseur que 1 urgot; pour lui, c est la cause de la liberté qu'il défend. « Je sais, dit-il, tout ce qu'on peut dire sur l'obligation dans laquelle est tout citoyen de s'armer contre l'ennemi commun, et sur la considération due à l'état des défenseurs de la patrie; mais je sais aussi les réponses qu'il y aurait à y faire et que fournirait la constitution des gouvernements modernes, la composition de leurs armées, l'objet et la nature de leurs guerres. On peut sur cela dire beaucoup de choses éloquentes
en pense.
pour et contre. Ces phrases n'en imposent à personne; le peuple môme sait depuis longtemps les apprécier, et il faut toujours en revenir à la réalité, 'j
Or, la réalité, pour Turgot, c'était la terreur nue c n raui loujnurs
en revenir
la milice apportait dans les campagnes ; c'était les ^ la réaiue. , champs en friche et déserts; c'était la lutte fratricide entre gens du même pays. « Sans doute, ajoute-t-il , le royaume a besoin de défenseurs ; mais s'il y a un moyen d'en avoir le môme nombre et de les avoir meilleurs , sans forcer personne, pourquoi s'y refuser? N'est-il pas préférable par cela seul qu'il est plus doux? Pourquoi défendre aux garçons d'une paroisse de se délivrer des inquiétudes du sort par le sacrifice d'une somme modique pour chacun, mais qui, par la réunion de toutes les contributions, devient assez forte pour engager un d'entre eux à remplir Ubrement ce qu'on exige d'eux ? Pourquoi s'opposer à ce qu'un homme nécessaire à sa famille mette à sa place un homme qui fera ce même service avec plaisir ('!)? »