‹ Turgot et ses doctrinesChapitre 7 sur 56 · TURGOT INTENDANT DE LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES · texte numérisé non relu

TURGOT INTENDANT DE LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES

et l'Angoumois. C'était un pays pauvre, sans culture, sans commerce, coupé de montagnes. Les produits du sol pouvaient à peine suffire à nourrir la population, encore moins à acquitter les charges nombreuses dont étaient grevées les propriétés.

La perception Lcs impôts, fixés à uue époquo de prospérité, étaient aussi irrégulièrement perçus qu'irrégulière-

Le commerce, mcut établis. Un arriéré de plus d'un million, et qui ne cessait de s'accroître, ne permettait de faire qu'en trois ans la levée de la contribution annuelle. Le mauvais état des routes empêchait tout échange, tout commerce.

La milice; La milice dépeuplait les campagnes; la corvée

\si curvcc

écrasait les hommes et les animaux et laissait les champs incultes. Les habitants des campagnes se nourrissaient d'un pain noir et grossier, de quelques lourdes galettes de sarrasin, et de châtaignes, heureux encore quand ce fruit trop précaire ne manquait pas à leurs besoins.

La routine la plus aveugle présidait aux opérations de l'agriculture et s'opposait à toute amélioration. Les préjugés les plus absurdes, une puérile Misère créduHté formaient toute la morale du peuple... Point

lies habitanls. i i ■

de ces établissements utiles qui portent avec eux la prospérité et l'aisance ou qu'une administratio paternelle se plaît à créer pour l'agrément de hommes ou la commodité de la vie. Des nuées de mendiants et de vagabonds inondaient la ville et les campagnes, et fatiguaient la pitié et la vue.

« Tout, dans ces provinces disgraciées, offi-ait

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l'image de l'ignorance et de la Ix^rbarie au milieu du dix-huitième siècle (1). »

A ces maux permanents devaient s'ajouter encoi'c Les maux qui

. . les accablem,

des fléaux passagers qui vmrent écraser cette malheureuse province. Pendant l'administration de Turgot, la disette fit sentir toutes ses rigueurs : l'Angoumois, en particulier, fnt ravagé par le papillon de blé. La population, découragée, regardait avec défiance les efforts tentés pour lui venir en aide ; les Parlements, de leur côté, étaient peu favorables à l'autorité des intendants: ils se montraient « hostiles aux doctrines nouvcUeset restaient attachés aux anciens règlements sur le commerce des blés avec l'obstination de l'aveuglement. Turgot surmonta tout (2)».

11 avait à peine eu le temps de commencer ses tra- Turgot refuse

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