Archives du château de Lantheuil
« Je conviens avec vous que ce livre est le portrait de l’auteur. Il me parait écrit et fait avec la même incohérence qui se trouvait dans la tête d’JIelvétius. . . Après la comédie des Philosophes à laquelle il avait presque seul fourni matière, il faisait sa cour à M. de Choiseul, protecteur de la pièce et de Palissot, et l’engageait à lui faire l’honneur d’être parrain de son enfant... Je suis indigné de l’entendre louer avec une sorte de fureur qui me paraît une énigme, que le seul esprit de parti peut expliquer...1 ».
Quant à l’amitié de Turgot et de Mmc Helvétius, elle ne s’altéra jamais. Lorsque, touchant à la vieillesse, celle-ci fut demandée en mariage par Franklin avec une insistance étrange de la part d’un philosophe de soixante-treize ans, elle consulta Turgot qui lui parla avec une franchise que les femmes ne pardonnent pas ordinairement. « Quoi que vous en disiez, c’est une grande duperie d’être plus galant, écrit-il à Du Pont2, et je suis bien sûr qu’on ne m’en aurait pas su plus de gré. »