‹ TurgotChapitre 58 sur 79 · LES ÉDITS DE MARS · texte numérisé non relu

LES ÉDITS DE MARS

Bien loin d'affaiblir le Contrôleur général, la guerre des farines le mit en faveur auprès de Louis I. « N’entendant que des discours de poltrons et ne voyant que des visages effarés 1 », le Rois’était rangéducôtédel’bomme qui montrait du sang-froid et de la résolution. Le résultat fut l’entrée de Malesherbes dans le Conseil.

Au lendemain de l’émeute, la Cour des aides avait présenté au Roi des Remontrances sur l’administration financière et l’organisation des impôts ; les conclusions qui se dégageaient de ce travail, remarquable de précision et de clarté, étaient : en premier lieu, la nécessité de faire des économies, afin de ne pas augmenter

i . Correspondance de Du Pont et du marcjrave de Bade.

et, s’il était possible, de réduire les impôts; en second lieu, l’utilité de contraindre la ferme générale à publier ses tarifs et ses règlements, que ne connaissaient exactement ni les administrateurs, ni les magistrats, ni, à plus forte raison, les contribuables. Incidemment les Remontrances renfermaient des observations sur les prisons d’Etat, sur les lettres de cachet, sur la corvée, sur la milice et même sur le despotisme.

Elles avaient été rédigées par Malesherbes, président de la Cour des aides, « pour l’instruction de Louis XVI et désirées par lui », à ce qu’affirme un biographe sérieux1. Il est vraisemblable que le rédacteur avait tenu compte des vues de la majorité de sa compagnie il est peu probable en tout cas qu’il ait été sur tous les points en parfait accord avec Turgot.

Les Remontrances furent présentées au Roi et une commission fut chargée de les examiner ; il fut décidé que la minute serait retirée de la Cour des aides ; la nature des sujets traités et la hardiesse du langage du rédacteur expli-

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