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Hommages publics à un grand ministre, imprimés en

2. La partie de sa bibliothèque qui fut mise en vente après son décès comprenait plus de 3.000 ouvrages, sans compter les Recueils de jurisprudence; la vente exigea 26 vacations.

L’hôtel de la rue de Bourbon avait été construit en 1 744- Après la mort de Turgot, il fut acquis par un gentilhomme qui émigra à la Révolution et dont les biens furent confisqués ; l’hôtel fut mis en loterie. Ses nouveaux propriétaires substituèrent à la décoration intérieure, xvme siècle, une dé-

cherchant même pas à savoir ce que faisaient les ministres, de peur d'avoir à en gémir.

Avec un loyalisme qu’imitèrent Maiesherbes et ses autres amis, il ne se plaignit jamais du Roi et c'est ainsi que se sont formées des légendes qui ont attribué à ce prince une sensibilité dont il n’avait pas toujours donné les marques. De Monthyon, par exemple, a raconté que Turgot, pour augmenter son crédit, eut l'indiscrétion de montrer une lettre où Louis XVI lui avait écrit : « Il n’y a que vous et moi qui aimions le peuple. » Or tout est faux dans cette anecdote.

Un seul mot irrespectueux est sorti de l’entourage de Turgot, c’est celui de Du Pont de Nemours à Mirabeau : « A la mort de Maurepas, le Roi aura le hoquet. »

Turgot mourut le 18 mars 1781 ; Necker fut chassé le 10 mai suivant; le décès de Maurepas, qui laissa désormais Louis XVI sans soutien, arriva au mois de décembre de la même année. On prétend que « le vieux Nestor » dit à son lit de mort : « Nous partons tous ensemble » ; on prétend aussi que Talleyrand

coration style Empire. Les alentours de l’hôtei ont été ensuite profondément modifiés; Coyecque, La maison de Turgol.

jugea T événemen t en ces termes : « Nous avons perdu plus qu’il ne valait. » L incapacité du malheureux Louis XVI apparut, en eflet, à tous les yeux.

C’est alors que le public commença à comprendre l’œuvre de Turgot; pendant plusieurs années toutefois ses admirateurs restèrent peu nombreux. Son caractère, ses vertus, son style, n’étaient pas de ceux qui séduisent le vulgaire. Il n’avait rien d’un tribun. Comme écrivain, isa phrase était souvent embarrassée, ainsi que |’était sa personne. Comme ministre, il faisait |e bien sans rechercher les applaudissements.

Cependant, quelques jours après sa mort, un des membres de la société d'Agriculture d’Orléans, dont le Contrôleur général avait fait partie avec Condillac et Le Trosne1, prononça un discours où il compara la perte que la France avait faite à une calamité publique.

« Je ne puis, dit-il, appeler d’un autre nom la mort d’un homme qui a donné à la France un spectacle peut-être inouï jusqu'ici; dans une fonction subalterne, celui d’un intendant de province toujours actif et toujours juste;

i. Morts tous deux aussi en 1881.

dans la plus importante des places, celui d’un ministre toujours incorruptible et toujours bienfaisant; dans la retraite enfin celui d’un homme sage, toujours égal et toujours citoyen. » Et après avoir rappelé que Turgot n’avait été que vingt mois en jdace; que, sur ces vingt mois, il en avait passé huit dans son lit; que néanmoins, il avait fait aboutir des réformes telles que la liberté du commerce des grains, la suppression des jurandes et celle de la corvée, l'auteur demanda : « Quel autre, en si peu de temps, a jamais tant fait pour sa Patrie? »

Ce modeste panégyrique parut à certains si excessif que Mirabeau, pour amuser ses lecteurs, l’a inséré dans un de ses livres obscènes ’. N’est-il pas curieux de constater que le principal auteur de la Révolution de 1789 n’ait pas soupçonné, quelques années avant le grand bouleversement, la grandeur de la tentative faite par Turgot pour régulariser la chute inévitable et déjà prévue de l’ancien régime.

Mais on répétait alors et on a répété depuis sur tous les tons qu’il avait été maladroit,

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