II
I. Lors de la fameuse disette de 1770, qui se fit particulièrement sentir dans le Limousin , Tintendani de cette généralité mit tout en œuvre pour en secourir les habitants, dans une « instruction sur les moyens les plus convenables de soulager les pauvres, et sur le projet d'établir auprès de chaque paroisse des bureaux de charité. » Turgot, si porté aux généralisations, se montre éminemment pratique : il prévoit -tout, et ne laisse à faire aux autres que ce qu'il ne peut absolument pas faire lui-même, l'application d'un plan très circonstancié, et cependant très clair. Esprit juste, précis et méthodique, aussi clairvoyant qu'étendu, également propre à la synthèse et à l'analyse, à l'intelligence des faits comme à celle des idées abstraites, il tient compte de toutes les circonstances sérieuses dans la solution du difficile problème de l'organisation de la charité publique. 11 s'entend on ne peut mieux à faire le bien; et, ce qui est peut-être plus difficile, à le bien faire. S'il importe que tous les vrais besoins
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soient soulagés, il importe aussi que la fainéantise ou i*avidité de ceux qui auraient d'ailleurs des ressources n'usurpe pas des dons qui doivent être d'autant plus soigneusement réservés à la misère et au défaut absolu de moyens de subsistance, qu'ils suffiront peut-être à peine à retendue des maux à soulager. Tel esl l'esprit qui préside à l'instruction. Pour arriver à ce but, il fait appel à toutes les personnes disposées à coopérer à cette grande œuvre de charité, œuvre qui est « le devoir et l'affaire de tous; » il les invite à « se concerter entre elles pour connaître l'étendue des besoins, contenir de la quantité et de la nature des secours, prendre les mesures nécessaires pour les assurer en fixant la proportion dans laquelle chacun devra y contribuer, enfin pour prescrire l'ordre qui doit être observé dans la distribution , et choisir celles d'entre elles qui se chai^ront spécialement d'y veiller. » 11 s'agit donc tout d'abord de former des bureaux de charité. Pour aider à cette œuvre et lui donner l'uniformité désirable^ il dira la manière de les composer, le mode de leur fonction, les mesures à prendre pour connaître exactement les besoins des pauvres , et le moyen le plus avantageux de les secourir.
Appel sera fait à la charité de tous; il est vraisemblable c{ue l'exemple des principaux membres de cette association de bienfaisance excitera une émulation universelle. Mais (( s'il arrivait que quelqu'un s'y refusât, il se mettrait dans le cas d'être taxé par l'assemblée, suivant ses moyens et ses facultés , et d'être obligé de faire, d'une manière moins honorable, ce qu'il n'au-
rait pas voulu faire parle seul mouvement de sa générosité et de sa charité. » Les absents n'en seront p^s quittes pour aller consommer au loin les revenus dé leurs terres : « Il est naturel et juste qu41s contribuent comme les autres au soulagement des pauvres cultivateurs, de qui le travail seul a produit le revenu dont ils jouissent. » Au besoin donc leurs r^sseurs tou fermiers seront contraints de payer à la décharge des propriétaires.
De grandes difficultés sont attachées à Tassistance publique ou privée : il faut discerner les nécessiteux véritables de ceux qui ne le sont pas ; distinguer entre les premiers ceux qui sont les plus dignes d'intérêt de ceux qui le sont moins, lors surtout que les ressources sont exiguës; il faut refouler la mendicité étrangère, ne pas alimenter la paresse; trouver aux bras valides un emploi temporaire convenable et utile au puUic; organiser en conséquence des ateliers detravail, devenus des ateliers de charité , de telle façon que le salaire indispensable soit encore mérité; tirer le meil^ leur parti possible des ressources qu'on possède pour nourrir les invalides. Toutes ces difficultés se trouvent encore accrues dans les temps de calamité générale, où les désordres et les abus peuvent s'insinuer plus aisément à la faveur de ces circonstances exceptionnelles.
Secourir le malheur sans l'avilir ou le corrompre; extirper le vagabondage et la mendicité en restant juste et humain; profiter des temps où l'étendue de la misère est pour ainsi dire à son comble pour
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étemdre la mendicité ; faire tourner au bien publie, par des travaux d'une utilité indéfinie, des temps de d^resse passagère : tdie fut la t&che entreprise et ac* ccnnplie par Turgot.
Les femmes mêmes, généralement plus difficiles à occupa que les hommes, trouvèrent dans le génie bieafaisaitf de cet administrateur une source durable de profit : il fit confectionner des rouets, fit venir des fileuses du dehors, et la filature de toute espèce fut une industrie nouvelle dans le pays.
Les hommes, les plus robustes surtout, furent occupés à la confection de routes nombreuses, dont la contrée avait le plus grand besoin. C'était le moment de mettre la dernière main à la grande entreprise qui Toccupait depuis longtemps. Les routes de Paris à Toulouse par Limoges , de Paris à Bordeaux par Angoulême, de Bordeaux à Lyon par Limoges et Clermont, de Limoges à la Rochelle par Ângoulême, de Limoges en A^uverg^e par Eymoutiers et Bort, de Bor-^ deau^à Lyon par Brive et Tulle, de Limoges à Poitiers, d' Angoulême à Liboume par Saint-Aulaye, de Moulins à Toulouse par la montagne; toutes ces grandes voies de communication furent ou entreprises, ou achevées, ou rectifiées avec une intelligence, une activité et une économie exceptionnelles. Les pentes en furent tellement adoucies, que la marche n'en était pas ralentie pour monter, et qu'il n'était pas nécessaire d'enrayer pour descendre. L'entretien en était peu coûteux : pour quinze sous par jour un homme, dont la maisonnette était au milieu de sa tâche, veil-
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lait au bon état de trois lieues de longueorr; Tiirgot ne fut pas seulement l'ordonnateur de ces tra^vâux â utiles, il prit part à la conception du plan, au tracé et à l'exécution. On le voyait, par tous les temps^ présider aux travaux, les encourager, les surveiller, après avoir assisté de ses conseils et de ses vues l'ingéniettr de la province dans le choix des directions, des pentes, dès contours. C'est là qu'il avait déjà puisé les connaissances pratiques dont il fit preuve dans ses ins^ tructions pour les ateliers de charité en 1770 et en
Un danger à éviter dans les travaux publics entrer pris pour donner un pain encore honorable à ceux qui n'en ont pas d'ailleurs, c'est de détourner de leurs travaux habituels des ouvriers qui ne gagnent qu'un salaire très modique , et d'apporter ainsi une perturbation dans le travail social et le juste souci où tout le monde doit être de l'emploi de ses facultés^ en même temps qu'on aggrave une entreprise toujours assez onéreuse. Pour obvier à cet inconvénient, il y a un moyen très simple, c'est de tenir les prix des jour* nées dans les ateliers de charité au-dessous des prix des salaires accoutumés.
Pour multiplier les ressources de ce genre et les mettre partout au niveau des besoins, l'intendant invita les communes à faire exécuter à leurs frais des travaux du même genre que ceux qu'il faisait exécuter pour la province : il les y encourageait par des promesses de dégrèvement, par des avances d'ai^ent,
U examine ensuite avec soin lequel vaut le mieux ^
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OU de nourrir les pauTres chez les particuliers qui voudraient s'en charger, ou de les secourir en argent ou en denrées, en denrées préparées ou non. Et ccmime le riz était une des principales provisions, et que beaucoup de personnes n'auraient pu ou n'auraient su l'accommoder de la manière la plus profitaUe^ il publia une instruction où les « différentes manières peu coûteuses de le préparer » sont indiquées. U en spédfie jusqu'à onze, où Ton distingue entre autres celle de la crème de riz pour les malades, celle du riz pour les petits enfants, et celle de la lM>uillie au riz. Ces différentes recettes culinaires avaient, d'ailleurs, l'avantage de varier le même alim^t, par les diverses combinaisons auxquelles on le soumettait.
Comme la pomme de terre n'était pas encore très répandue, et qu'elle pouvait cependant devenir une ressource très précieuse, Turgot en fit l'objet d'une autre instruction : après en avoir indiqué les différents modes de préparation, il en signale les divers usages, fait ressortir les avantages attachés à la culture de ce tubercule, indique, comme il avait fait pour le riz, les dépôts où Ton peut s'en pourvoir.
L'instruction sur les bureaux de charité est un modèle d'organisation qu'on pourrait toujours consulter avec fruit dans des circonstances analogues, ou même dans les temps ordinaires, partout où Ton entreprendrait sérieusement d'éteindre la mendicité. Mais à ce problème se joignent les questions aussi délicates que difficiles de la population et du reqpect de la liberté
individuelle. Ed principe, et à part les circonstances calamiteuses , qui sont des exceptions temporaires, rindividu doit rester à sa propre charge s'il veut être libre de ses actions. Si, au contraire, il abandonne à la société le fardeau de sa propre existence, il aliène par là même sa liberté; la société a le droit de prendre toutes les précautions nécessaires, mais compatibles avec les droits de l'humanité, pour ne pas succomber sous le faix. Là est la solution juridique de l'assistance publique, et le correctif indispensable aux con^séquences funestes d une charité légale inconsidérée.
Mais nous n'avons pas à traiter dogmatiquement Tune des questions les plus graves d'économie politique de tous les temps, celle du paupérisme. Il suffît de remarquer que les dispositions prises par l'intendant du Limousin pour faire face à des besoins exceptionnels ne devaient également durer que le temps nécessaire pour y pourvoir; que ces besoins n'avaitot par conséquent pas ce caractère de pérennité qui poiie une population dégradée à ne plus fonder ses espérances que sur la charité publique, et à l'envisager bientôt comme une dette sociale qui ne peut être trop largement acquittée.
II. Dans toutes ces conceptions de bienfaisance générale, Turgot regardait avec raison les curés comme ses auxiliaires naturels. Dès la première année de son intendance, il leur adresse plusieurs lettres circulaires où il cherche à les intéresser au bien public sous toutes les formes, en leur persuadant que tout en travaillant à rendre les populations meilleures, et
pour y parvenir plus sûrement encore en ajoutant des moyens à d'autres, a ils pourraient rendre de grands services aux sciences, aux arts, au commerce, et surtout à l'agriculture, puisqu'ils sont seuls à portée de faire une foule d'observations qui échappent inévita-* blement aux habitants des villes..... Les instructions qu'ils pourraient donner aux paysans , en leur communiquant les découvertes et les nouvelles pratiques dont l'utilité aurait été éprouvée, seraient encore très avai^ageuses à la science économique. » En attendant, c'est d'eux qu'il compte obtenir les renseignements nécessaires pour rendre une justice plus exacte. 11 les invite même à lui faire connaître, de leur propre mouvement, tout ce qu'ils croiraient de nature à l'éclairer dans l'intérêt d'une administration qui ne veut que le bien, qui le veut dans toute l'étendue possible. Us lui signaleront les accidents considérables qui peuvent arriver dans les paroisses , les maladies contagieuses; ils voudront bien se charger de lui faire parvenir, avec les renseignements propres à l'éclairer complètement, les requêtes de leurs paroissiens, afm de leur épargner des frais de déplacement, la perte d'un temps précieux, et de ménager à lui-même l'emploi du sien.
Ce n'est point là un moyen d'échapper à des importunités, mais la manière la plus sûre et la moins pénible pour tous les intéressés d'obtenir ou de rendre justice. 11 va au-devant des inquiétudes que ces pauvres gens pourraient avoir sur le résultat de leurs démarches, s'ils ne les faisaient pas personnellement;
il leur fait donner, a\ec une bonté toute patemdle, lassurance que c< au moyen du parti qu'il a pris de faire enregistrer et numéroter dans ses bureaux toutes les requêtes avec les décisions, il devient presque impossible qu'elles soient oubliées ou qu'elles restent sans être expédiées : ainsi, les paysans doivent être fort tranquilles sur la crainte de ne recevoir aucune réponse. »
Une espèce de requête très commune, et où l'exactitude des renseignements est facile par Tintervention de MM. les curés, c'est celle qui a pour objet une modération de capitation en dédommagement des pertes de bestiaux. 11 fait, en conséquence, imprimer des procès-verbaux circonstanciés, faciles à remplir, tels enfin qu'avec un peu de bon vouloir il sera^parfailement renseigné à cet égard. Il indique aux curés le moyen le plus commode pour eux, et le plus sûr en même temps, de contrôler les déclarations des particuliers. Il leur demande un second service en faveur de leurs paroissiens : c'est de faire rayer eu leur présence, par les collecteurs d'impôts, le montant des modérations obtenues.
En faisant ainsi participer les curés à l'administration de la justice, en les adjoignant au syndic, qui pouvait manquer de la diligence ou de l'instruction, quelquefois même du caractère ou de la probité nécessaire pour éclairer la religion de l'intendant, il ajoutait à l'autorité morale du prêtre, en même temps qu'il en rendait le ministère plus fructueux. .
Dans une autre instruction, fort étendue, que le
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premier éditeur des œuvres de Turgot n'a malheu* reusement pas jugé à propos de réimprimer, sous prétexte qu'elle aurait rempli environ cent pages, comme si tous ces détails administratifs n'étaient pas tout ce qu'il y a de plus propre à faire ressortir Tintelligttice et la sollicitude paternelle d'un homme éminent , dans cette instruction , disons-nous, les outrés sont invités à prêter leur assistance aux commissaires chargés de dresser les rôles des tailles. Ils devaient non seulement fournir à ces agents administratifs les renseignements qu'ils auraient possédés sur la matière, mais encore instruire leurs paroissiens de ce qu'ils avaient à faire pour mettre les commissaires en état de leur rendre pleine justice; ils leur feront comprendre « combi^i ils sont intéressés à se rendre assidûment aux vérifications, soit pour se défendre contre les déclarations que d'autres pourraient faire à leur préjudice, soit pour déclarer eux-mêmes ceux qui doivent se soustraire aux impositions qu'ils doivent supporter. »
Il profitera de la circonstance qui lui est offerte par le fait que personne, dans une paroisse, ne savait signer, à l'exception du curé, pour leur recommander le soin de l'instruction : « Cet excès d'ignorance dans le peuple me parait un grand mal, et j'exhorte MM. les curés à s'occuper des moyens de répandre un peu plus d'instruction dans les campagnes, et à me proposer ceux qu'ils jugeront les plus efficaces. »
Dans une troisième lettre, il leur montre la diffé* rence qui existe entre la taille et le vingtième, et leur
fait remarquer que l'usage établi dans la généralité de Limoges , que les collecteurs des tailles soient aussi chargés de la levée du vingtième, est contraire h ce qui s'observe dans la plus grande partie du royaume, où le vingtième est levé par des préposés particuliers. Il s'agirait donc de faire disparaître cette anomalie, et de trouver des personnes honnêtes, capables, dans une situation de fortune telle que leurs biens pussent répondre de leurs opérations : on leur. ferait des avantages propres à les encourager, en les exemptant de plusieurs services plus ou moins onéreux. C'est pour Taider à trouver un personnel de cette nature que Turgot s'adresse aux desservants des paroisses.
La fonction, jusque là gratuite, de collecteur de la taille était une véritable corvée : sacrifice de temps, emprisonnement possible pour la faute d autrui, perte des intérêts de l'argent avancé, perte possible du car pital, nécessité de poursuivre des concitoyens, odieux de la mesure attaché à celui qui était obligé de l'exercer, danger imminent de commettre des erreurs ou des fautes à son insu, faute de savoir lire et écrire; le tout pour une modique taxation, qui était loin d'être un dédommagement. Aussi cet emploi causait-il la ruine et le désespoir de ceux qui en étaient chargés. Il s'agissait donc de trouver, sans préjudice pour le trésor et à la grande satisfaction des particuliers, des collecteurs de bonne volonté. Il imagina de réunir de six à huit paroisses, et d'en faire une sorte d'arrondissement pour un même collecteur. La corvée
devenait par là une fonction, l'emploi si recherché aujourd'hui de nos percepteurs.
Une quatrième lettre est consacrée à divers sujets d'administration ; elle simplifie à quelques égards le travail demandé précédemment aux curés; elle les charge d'éclairer leurs paroissiens sur ce qui peut être l'objet d'une i*equête fondée, et sur ce qui ne peut en motiver raisonnablement aucune; de les mettre en garde contre certaines exactions dont ils pouvaient être victimes, et de leur indiquer le moyeu le plus sûr d'y échapper, c est-à-dire de ne donner jamais d'argent que moyennant quittance.
Des huissiers, des collecteurs demandaient plus qu'il n'était dû. Pour prévenir ces abus, il fallait faire connaître au public ses droits , et la manière de les faire valoir. Par une cinquième lettre il invite donc les curés à faire savoir aux contribuables « qu'ils ne peuvent jamais être obligés à rien payer à titre de frais que &ur la présentation de la taxe faite par l'officier de Télection ou par le subdélégué de l'intendant. » Ils sont Clément chargés de les instruire « de la manière dont ils doivent s'y prendre pour faire réformer les erreurs qui pourraient se glisser dans la formation de leurs cotes de taille, et obtenir les rejets en conséquence. »
En 1762, en prenant possession de son intendance, l'un de ses premiers soins avait été d'appeler l'attention des officiers municipaux sur la bonne confection des rôles de la taille dans les villes, sur les précautions à prendre pour arriver à ce résultat , et
sur la nécessité de les modifier régulièrement d'après les changements survenus dans Tétat des fortunes et des familles. 11 était beaucoup moins nécessaire de demander pour cette opération l'assistance des curés, que lorsqu'il s'agissait d'un travail analogue dans les campagnes.
Mais leur intervention, celle du clergé tout entier, était indispensable pour la bonne exécution de la grande mesure de charité de l'année 1 770. 11 y a plus, le clergé devait y figurer en première ligne. C'était pour lui un devoir important, et par suite une sorte de droit. Cependant, comme il importait que tout le monde prit visiblement part à cette œuvre générale de charité, et qu'il aurait pu, d'ailleurs, y avoir des inconvénients à tenir trop à l'écart des laïques, à ne pas leur laisser cette large part d'influence qui tempère un esprit par un autre, il forma des compositions mixtes, où toutes les opinions étaient pour ainsi dire représentées, ou plutôt qui en excluaient toutes les opinions, pour ne s'occuper que des maux à soulager : prêtres, seigneurs, gentilshommes, notables, tous étaient appelés à s'unir pour agir avec zèle et désintéressement. Dans sa lettre circulaire aux curés de la province, il se fonde sur un arrêt du Parlement de Bordeaux « qui ordonne qu'il sera tenu, dans chaque paroisse ou communauté, une assemblée pour délibérer sur les moyens de parvenir au soulagement des pauvres, et que tous les particuliers aisés, habitant ou possédant des revenus dans les paroisses, seront taïus d'y contribuer à raison de leurs biens et facultés,
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sans distinctioa de privil^és ou non privilégiés. »> C'était bien Tesprit de Turgot. Il résume aux curés l'instruction sur l'organisation des bureaux de charité en la simplifiant pour l'approprier davantage aux localités des campagnes. El pour que ses volontés ne restent pas sans exécution, il termine en disant : « Je vous prie, Monsieur, de me faire part, le plus promptement qu'il sera possible, du parti qui aura été pris dans votre paroisse, et de m'envoyer en môme temps un des doubles de l'état des pauvres. Si je puis disposer en faveur de votre paroisse de quelques secours particuliers, j'aurai soin de vous en instruire. Dans le cas où vous rencontreriez quelques obstacles à l'exécution du plan proposé pour le soulagement des pauvres, vous pourrez vous adresser à mes subdélégués, auxquels j'ai mandé de se concerter avec vous pour lever, autant que possible, toutes les difficultés. )>