‹ Turin et ses curiositésChapitre 22 sur 55 · IÔ · texte numérisé non relu

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pingcbat annO D. 1G66 die i4 augusti. Dans la chapelle de la Conception la sculpture de la gloire est de Bernera , et dans la chapelle du saint patron des tailleurs le tableau qui est sur l’autel, est de François Meiler : les deux placés latéralement sont d’Alexandre Trono , et les deux ovales sont d’Ignace Aipote. Le grand autel avait été élevé d’abord •ur les dessins de Vittone ; mais il a été rebâti par la suite ; les deux tableaux qui le décorent latéralement sont du chevalier Requiem et le fresque de la coupole est d'Antoine Milocco. Ln revenant -vers la porté d« côté de l’évangile, le tableau de aaint-Pierre est du chevalier Beaumont; l’architecture de la chapelle de saint-Antoine est du même Vittone , les figures d’Anges sont de Clemente et le plafond est de Joseph Sariga ; pluà bas, la pein- - ture de la Vierge avec l’enfant Jésus , sainte-Anne, saint-François et sainte-Cathérine martyre est de Frédéric Zuccheri, et les fresques latéraux sont de N Léon-André Casella. Dans la dernière chapelle de ce côté, bâtie sur les dessins de Martinez , le tableau des saints-Côsme et Damien est de Jean Peruzzini chevalier de l’ordre des saints-Maurice et Lazare , et les sculptures sont de Clemente.

Saint-Joseph , Église située rue sainte-Thérèse et qui appartenait au collège des Prêtres intitulés Ministri degli iri/enni. Ce s Clercs réguliers, de l’institution de s.t-Camille de Lellis, vinrent s’établir à Turin en 1678 et furent d’abord logés à l’hospice de Charité. Madame Royale Marie Baptiste de Némours concourut da sa caisse à la première fondation de

leur collège, qui fut placé dans le couvent qu’avaient quitté les religieuses du Crucifix pour aller habiter la nouvelle demeure qu’on leur avait préparée dans les quartiers de la nouvelle ville. La maison de ces Prêtres, rebâtie à neuf en 1780 sur un trèsbeau dessin, a été aliénée comme domaine national durant le régime des Français. Dans l’Église de saint-Joseph il n’y a pas de grandes choses à voir. L’architecture en est fort simple ; Jean-Baptiste Al~ beroni a peint le fresque de sa façade. Le tableau du grand autel est de Taricco; dans les deux chapelles à droite , la Vierge avec saint-Antoine et S.t- François , est de Charles Nuvolone dit le Panfilo, et le saint-Camille de Lellis est d’Antoine Milocco: dans les deux à gauche le saint-Charles est de Taricco , et les fresques représentans quelque* traits de la vie de la Vierge sont du Père Pozzi. Dans l'intérieur de l’Église on voit deux tableaux avales, représentans les vertus charitables de saint- Camille, qui sont de Gaspard Serenari, élève de Conca.

Des Églises de Turin, celle qui mérite le plus d’être observée est Ssn Lorenzo , à cause de l’hardiesse de son architecture. C’est un bâtiment considérable dont l’ensemble , de l’aveu même de ses critiques, a de la grandeur et de la noblesse: mais le spectateur qui y porte ses regards, dans le tems qu’il en admire les détails, se trouve effrayé de voir comment des corps aussi faibles que les colonnes du premier plan peuvent supporter le poids énorme du dôme qui leur est imposé supérieurement : et

ce manque apparent de solidité est encore agravé par le nombre des fenêtres et par les renflemem et les rentrées qui se succèdent à ne point laisser de repos à l’oeil. Le tout semble en équilibre sur des arcades , et cette pensée est suivie dans la composition de la coupole où les arcades superposée» l’une à l'autre vont en diminuant jusqu’à la lanterne. Sans rien ôter au mérite d'une architecture qui a eu ses admirateurs , nous nous permettrons de demander si c’est une surprise agréable , qui puisse ajouter à la beauté d’un édifice que celle qui tend à troubler l’imagination de l’observateur 1 II est vrai que l’étonnement cesse lorsqu’on apprend que la voûte intérieure extrêmement mince et légère, n’est point la véritable , et que derrière cette voûte apparente il en est un’autre plus solide , qui, loin de poser sur les colonnes composites , se trouve appuyée sur les murs extérieurs de l’Église. Mais le dessin de. ce temple, qui est du Père Gvarino Gua rini , aura toujours le défaut d’une affectation qui peut bien être admirée sans qu’elle doive jamais être imitée. La solidité même apparente est une de» qualités essentielles de la belle architecture.

Cette Église a le titre de Royale, et appartenait aux Théatins qui ont été fondés à Turin par le Père Filingeri mort à Naples en i656. L’Eglise est précédée d’un Oratoire où l’on voit quelques tableaux rélatifs à la Passion du Seigneur peints par Polloni piémûntais. Le sanctuaire de l’Eglise est fermée par une balustrade. On remarque la riche décoration du grand autel $ le tableau de saint-Laurent est de

Marc-Antoine Franceschini. Les sculptures en marbre sont de Tantardini , et le fresque du plafond est de Dominique Guidaboni. Des quatre Chapelles, le Christ crucifié avec la Vierge , saint-Jean et la Magdelaine est du Père Pozzi , la Vierge avec l’enfant Jésus et quelqu’autres saints est de Dominique Marie Murotori , la naissance de Jésus-Christ est de Pierre Dufour , et la Vierge avec les âmes du Purgatoire est du chevalier Jean Peruzzini.

L’Église de notre pâme des anges , se trouve dans le plus beau quartier de Turin , près des remparts ; elle dépendait du Couvent des Franciscain* réformés , appélés Minori osservanti riformati , qui vont être rétablis. Cette Église a été bâtie en 162a par le Duc Charles Emmanuel premier, et sa construction est des plus simples. Des tableaux qui décorent ses chapelles , la visite de la Vierge à sainte-Élisabeth est de l’école de Camille Procac cini , le saint-Antoine de Padoue est de Caravaglia , la Vierge, saint-Pascal et un autre saint , est de Jean Claret , le saint-Diegue qui rend la vue aux aveugles avec l’huile d’une lampe , est de Molineri, la Conception est de Philippe Abbiati , le saint-François avec saint-Pierre d’Alcantara , est du Sacchetti , et le Christ mort est de Victor Rapous. On doit remarquer deux tableaux qui décorent l’intérieur de l’Église , représentant un nègre revêtu des habillemens réligieux élevé à la gloire du Ciel , / et l'image de san Pietro Regalato , qui •ont de la main de Jean Molinari , le meilleur

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élève de l’école de Beaumont. Dans cette Église est enterré le célèbre abbé Pasini , ancien professeur à l’Université de Turin, bibliothécaire et conseiller de S. M. le Roi Charles Emmanuel III, mort le 7 juillet 1770.

Sainte-Christine, Église fondée en x63g par Madame Royale Christine, qui sert d’ornement à la place de saint-Charles à cause du beau portail dont elle a été embellie, en 1717, d’après les dessins de Juvarra. Cette belle décoration, due à la munificence de Madame Royale Marie-Jeanne-Baptiste, est d'un effet piquant et se trouve ingénieusement composée. La porte est couronnée d’un fronton interrompu , terminé par deux enroulemens qui sont liés par une guirlande. Le premier ordre de colonnes, surmonté de la corniche , est amorti par des statues posées sur des piédestaux séparés : les colonnes du second ordre sont amorties par des torches en balustrcs. Une grande fenêtre ovale est percée dans le milieu du second ordre , et l’ensemble de ces ornemens , qui est majestueux , serait d'un aspect imposant si l’Église de saint- Charles avait une pareille décoration.

Cette Église appartenait aux Carmélites j elle a été fermée depuis la suppression de leur couvent, «t comme on parle de leur rétablissement elle sera bientôt rendue au Culte. Il y a peu de choses à remarquer dans son intérieur, après qu’on y a enlevé les deux statues de sainte-Thérèse et de sainte- Christine pour être placées à la Cathédrale. On y voit un repos en Égypte et une Conception é’Anç

tolne Triva , et une sainte-Famille de Calandrucci qui est au maître-autel. Des statues qui décorent la façade , les sainte-Thérèse et sainte-Christine sont de Caresana , les autres sont de 7 antardiru.

Santa-Croce , autre Couvent de Réligieuses qui a été rétabli depuis le retour de Sa Majesté. Le corps de l’Église est magnifique , élevé sur les dessins de Juvarra , hors le campanile qui est de l’architecte Borra. L’intérieur est de forme ovale , décoré d’une belle ordonnance de colonnes de marbre , et surmonté d'un dôme très-élevé. Sur les trois autels , on voit la naissance du Sauveur par Bram billa , une déposition de croix du Chevalier Beaumont, de cette belle touche qu’il avait avant de travailler aux tapisseries de haute lisse , et saint-Pierre assis sur la Chaire Pontificale du célèbre Moncalvoï

Santa Pelagia , Couvent , où étoient les Réligieuses de saint-Augustin , qui est occupé aujourd’hui par les Capucines. L’Église du dessin du Comte de Robilant , se trouve en face de la rue qui est obstruée par la caserne des Carabiniers ; son portail est remarquable par la belle régularité de sa composition. Il est d’un seul ordre d’architecture. Cet édifice a été bâti en 1770. Les tableaux que l’on y voit sur les trois autels sont de Victor Blanseri.

La Visitazione, Eglise du Couvent des Ÿisitandines , le premier de cet ordre qui ait été fondé en Italie. On conserve les lettres originales par lesquelles l’illustre Matilde de Savoie Marquise de Pianezza , fille naturelle du Duc Emmanuel

Philibert , et la Duchesse (Christine de France ont engagé la bienheureuse mère de Chantal à venir elle même à Turin pour y établir l’ordre des Religieuses qu’elle avait institué avec saint-François de Sales. Cette fondation a eu lieu en it»38, et l’Eglise a été bâtie en 1667 sur les dessins du Comte Amédée de Castellamonte. L’intérieur de l’Eglise est orné de marbres de différentes couleurs, de peintures , de statues et de stucs dorés. La coupole peinte d’une manière très-agréable , est d’Antoine Milocco : le tableau de la "Visitation qui est sur le grand autel est un bel ouvrage d’Ignace iVepote et le S.t-François de Sales douant les statuts à la mère de Chantal , est d’Alexandre Trono , remarquable par la suavité de ses couleurs et par le bel effet du claire obscur. Le tableau qui est de l’autre côté, représentant l’adoration du coeur de Jésus par les anges , est d' Aramborgo

Des Eglises appartenant à des Confréries la plus grande et la plus imposante est la Basilics Macistrale, située presqu’au bout de la rue d’Italie, dans le quartier où était l’hôpital des Chevalier* de l’ordre de saint-Lazare depuis sa réunion avec l’ordre militaire de saint-Maurice. L’architecte Lanfranchi a donné les dessins de cette Eglise : son intérieur est une octogone alongée ornée de grosses colonnes de marbre avec beaucoup d’ornemens en stucs , et surmontée d’une vaste coupole. C’était l’ancienne paroisse de saint-Paul et par une bulle du i5 février 1729 , elle a été érigée en Basilique de l'ordre des saints-Maurice et Lazare. La Con-

frérie Royale de saint-Maurice a le soin de cette Eglise. Ces Pénitens , les plus anciens de Turin , sont habillés de blanc avec un capuçon rouge. Les peintures de cette Eglise sont la Résurrection avec saints-Maurice et Lazare de Matthieu Franceschinit le plafond du grand autel par le chevalier Bianchi . Quatre figures d’Evangelistes placées dans les angles de la coupole, dont trois par François Meiler , et le saint-Luc par le même Franceschini , une sainte Vierge avec sainte-Ursule , Corone et Séraphine par Scotti $ saint-François de Sales qui intercède auprès de la Vierge pour les âmes du Purgatoire , de Milocco , quatre tableaux placés dans l'entrecolonne audessous de la coupole par l'aricco , et des sculptures en bois d’Ignace Perucca. L’observateur ne doit pas manquer de voir la sacristie où l’on conserve de très-belles statues en bois de Clemente, qui composoient autrefois les machine* que l’on portait en procession pendant la nuit.

La Misericordia , Eglise d’une Confrérie de pénitens noirs sous l’invocation de saint-Jean décollé, dont l’objet est de visiter les prisonniers et d’assister les condamnés à la mort.Plusieurs personnes, des plus distinguées de Turin , sont associées à cette Confrérie pour prendre part à une oeuvre si charitable. La Confrérie de la Miséricorde a été fondée en 1678. L’Eglise a été rebâtie en 1701 sur les dessins du célèbre Comte de Robilant. Le portail n’est pas même commencé : mais l’intérieur du temple est d’une belle composition j on y voit une décollation de saint-Jean par Frédéric Zuccheri , et

«ne sainte-Vierge de pitié avec saint-Nepomucène , par le Chevalier Beaumont.

L’Eglise des San ti Processo e Martiniano , où était la Paroisse de saint-Martinien et la Confrérie du nom de Jésus , après avoir été fermée durant le dernier séjour des Français a été rendue au Culte le a5 avril 1818. Elle sera administrée dorénavant par les pénitens de cette Confrérie, la paroisse de saint-Martinien ayant été transférée à l’Eglise de sainte-Thérèse. La Confrérie du nom de Jésus a été démembrée de celle de sainte- Croix ( aujourd’hui la Basilique ) en i545 , dans le tems que les Français occupoient le Piémont. Le Duc Emmanuel Philibert a posé la première pierre de leur Eglise, en i5j5 } mais elle a été rebâtie des fondcmens en 1678, sur les dessins du Comte Amédée de Castellamonte, par la munificence du Marquis D. Albert de Pallavicino. On y remarquait une sainte-Barbe d’Alexandre Trono qui est^un de ses bons ouvrages , une sainte-Vierge avec les saints-Crépin et Crépinien de Persenda , une autre sainte-Vierge avec saint-Jean-Baptiste et saint-Antoine de Padoue , de Jacques Beroni. Une Ascension de Félix Cervetti et une Assomption d’Antoine Milocco , et quatre tableaux qui décoroient le choeur de l’Eglise , dont la naissance du Christ , l’adoration des Mages et le Jésus parmi les docteurs d’Antoine Mari y et la fuite en Egypte de Tarquinio Grossi : une chose digne d’être notée est que LL. AA. RR. le Duc d’Angouléme et le Duc de Berry ont daigné entrer dans la Confrérie de Jésus lors de leur séjour à Turin.

Saint-Roch , belle Eglise qui servait autrefois pour le ministère de la paroisse des saints-Etienne et Grégoire et pour les offices de la Confrérie des pénitens bleus. Aujourd’hui cette paroisse se trouve transférée à l'Eglise des sa'mts-Solulore , Avventore , ed Ottavio. Les\ pénitens bleus ont été introduits à Turin par l’Archevêque Broglia, en 1298; leur Confrérie a été agrégée en 1607 à l’Archiconfrérie de saint-Roch de Rome , et en 16G8 et 1673 aux Compagnies de la Mort et de la Doctrine Chrétienne. Autrefois ils prenoient soin de secourir Jes pestiférés j aujourd’hui, que les bons réglemens sanitaires ont fait disparaître la peste , leur humanité s’exerce à ensevélir les morts abandonnés.

L’Eglise de saint-Roch, que ladite Confrérie avait bâtie dès son institution , fut décorée dans son intérieur après qu’elle fut érigée en paroisse et dotée par le Gouvernement. Cette décoration a été exécutée, en i663, sur les dessins de l’Architect^ Lanfranchi . L’extérieur de l’Eglise a été orné d’un portail en 1780 , par la munificence du Roi Victor Amédée IL et d’après les dessins de l’architecte Beria. L’architecture intérieure de l’Eglise est trèsbelle. C’est une octogone soutenue par 20 colonnes de marbres poli et surmontée d’un dôme très-élevé. Les murs du pre/nier plan sont revêtus de marbre, et le sanctuaire est fermé par une balustrade qui se trouve repetée aux deux chapelles latérales que l’on a disposées en forme de croix grecque. La statue de S. I- Roch placé derrière le maitre-autel , est l’ouvrage de Botto ; les deux tableaux latéreaux, dont l’un repré*

sente saint-Roch qui prêche aux péstiférés et l’autre Ja mort de ce Saint dans la prison , sont , le premier d 'Antonio Mari, et le second de Tarquinio Grossi. Les sculptures des fonts baptismaux sont d’Ignace Perucca , et celles qui décorent la petite chapelle qui est en face , sont de Cletnenle.

Spirito-Saxto, Eglise de la Confrérie des pénitens noirs sous l’invocation du saint-Esprit, qui prénait soin autre fois de l'hospice des Catéchumènes. Si l’on en croit l’inscription placée sur la façade de cette Eglise , c’était l'ancien temple de Diane que saint-Victor , le premier Evêque de Turin, changea en l’Eglise de saint-Silvestre. Il est certain que cette Eglise se trouvait au i5.e siècle sous l'invo* cation de saint-Silvestre ; la difficulté est de prouver que ce fut la même que le saint Evêque avait bâtie dix siècles auparavant. La Confrérie du saint- Esprit a été fondée en 1575 et l’Eglise a été rebâtie en 1767 sur les dessins de l’architecte Jean- Baptiste Feroggio. C’est un édifice dont le plan et Ja décoration ont de la solidité et même de l’élégance. Elle est en forme de croix grecque avec un bel ordre de colonnes de marbre et un dôme , qui, par la justesse de ses proportions, donne à l’ensemble de l’architecture un air de grandeur remarquable. Les deux chapelles latérales sont d’une belle composition : les tableaux de ces chapelles , dont l’un représente l’Empereur Constantin recevant le baptême de saint-Silvestre et l’autre la S.te-Vierge , saint-Charles Borromée et saint-François de Sales, sont tous les deux de Matthieu Franceschini. Le

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grand autol est à la romaine. Dans le choeur on voit encore une partie de l’ancienne Eglise : les stalles sont d’une belle menuiserie. On peut remarquer l’orchestre et le buffet de l’orgue qui sont d’une boiserie riche en sculptures et en dorures. A côté de la porte d’entrée est une chapelle peu écléréc , dans laquelle on conserve un Christ sur la croix, avec la Magdelaine, que l’on vénère comme miraculeux, et que l’on porte en procession dans le» tems de calamité. De l’autre côté il y a le tombeau du fameux Général Rebinder, Suédois , Commandant en chef les troupes Palatines, au siège de Turin, et entré ensuite au service de la Cour de Savoie et décoré de l’ordre suprême de l’Annonciade/mort en

L’hospice des Catéchumènes , attenant à çette Eglise, est aujourd’hui administrée par les Prêtre» du Corpus Domini. On voit par ses registres, qui sont conservés avec soin, que c’est le 12 avril de 1728 qu’il j entra le célèbre Jean-Jacques Rousseau pour abjurer le Calvinisme et se faire Catholique.

La dernière Eglise dont il nous reste à parler est celle de la Trinité , une des plus belles de Turin et la première dans l’ordre de notre travail, si nous n’eussions fait que suivre notre goût. Cette Eglise appartient à l’Archiconfrérie des pénitens rouges sous l’invocation de la très-sainte Trinité, qui administrait autrefois l’hospice des Pèlerins , et dont l’institution est très-ancienne ; l’édifice a été bâti en i58a sur les dessins de yittozzi, qui y est enterré. Postérieurement il. a été revêtu de

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marbre et décoré d'après les dessins de Juvarra. Le corps de l’Eglise est une jolie rotonde formée par un ordre de pilastres corinthiens , dont les proportions sont agréables. Tout le premier plan est de marbre et les bases comme les chapiteaux sont dorés. Le nombre Trois est observé dans les autels qui se trouvent placés au milieu de trois arcades, dont l’une forme le sanctuaire et les deux autres les deux chapelles latérales. Le grand autel a la forme d’un baldaquin de marbre soutenu par des colonnes au milieu desquelles il y a des statues représentant les quatre premiers Docteurs de l’Eglise. Derrière l’autel on apperçoit un tableau de la très-sainte-Trinité porté par des anges: peinture , qui est du chevalier Daniel Seiter. Les quatre Docteurs de l’Eglise sont d’Jgnace Perucca et les deux vertus qui décorent le choeur sont de Charles-Antoine Tantardini , ainsi que les anges qui soutiennent le tableau. L’architecture des deux chapelles est remarquable. Le tableau de celle à droite, en entrant, est d’Ignace Nepote. Entre les trois autels on voit trois tribunes d’une forme élégante, et richement décorées qui servent pour l’orgue et pour l’orchestre; au-dessous des tribunes il y a trois portes d’entrée, dont la principale est précédée d'un porche qui donne sur la rue de Doire-Grosse. Dans le choeur de l’Eglise il y a quelques peintures à observer. La multiplication des pains et le Christ qui chasse les profanateurs du temple de Persenda; le baptême du Sauveur, Agar dans le désert et le châtiment des serpens de jbianco ; Joseph qui explique le

songe de Pharaon de Tarquinio Gras si ; Abraham qui reçoit chez-lui les trois anges de Jean-Antoine* Séraphin Mareni et David jettant l’eau, que lui avaient apportée ses guerriers, de Martin Cignaroli. Le tableau de la sainte Vierge avec saint-Philippe de Neri, qui est contre le maitre-autel , est d’Ignaca JSepote.

L’Lglise de la Trinité est surmontée d’un dôme avec une lanterne qui paraissent encore du dessin de Vittozzi. Au-dessus de la corniche du premier ordre, qui est couronné d’une balustrade , il y a un second ordre soutenu par des cariatides et entremêlé de niches, de peintures et de fenêtres, et dont la corniche est aussi ornée d’une balustrade. La voûte du dôme est très-simple et l’intérieur de la lanterne, percée à jour, est décoré d’une fresque qui représente la Trihité dans une gloire.

Tel est le tableau général des Eglises que l’on peut voir dans Turin. Le voyageur n’y aura point admiré les chef-d’oeuvres de Brunelleschi , de Bramante et de Pallade. Les architectes de Turin, tels que yiUozzi , Guarini , Juvarra , Alfieri , Viltono etc. c’étaient des hommes d’un mérite distingué; ils n’étaient cependant pas de ces artistes de premier ordre que la postérité appelera du nom de Maîtres ; et il faut le dire, il n’y a rien à Turin de sublime et de vraiment admirable en monumens d’architecture. Mais les édifices nombreux que cette ville présente, richement décorés et bien conservés s'embellissent de tout le charme que peuvent leur donner un ciel souvent serein , un beau sol et les

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aspects d’une Cité , qui , par sa régularité et par la variété et la richesse de ses environs , est regardée comme l’une des plus intéressantes de l’Italie.

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