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Industriels. Le but de sa fondation a été de tirer de l’oisiveté les pauvres orphelins et de les appliquer au travail en leur apprenant des métiers utiles et surtout ceux qui regardent les tissus en laine et «n soie , dont la fabrique commençait alors à s’introduire en Piémont. C’est 1^ Compagnie de saint- Paul qui donna le premier mouvement à cette création : mais elle y fut aidée par la bourse de quelques riches particuliers , et par le zèle des Administrateurs de la Ville qui y contribuèrent d’une somme de 3oo écus. Le Duc Charles Emmanuel I, qui l’avait protégée dès son origine en lui accordant un revenu de boo écus, voulut , en 1687, en être le directeur suprême en y nommant des Administrateurs choisis parmi les personnes les plus révérées de son tems.
Cette belle institution , qui doit être considérée comm’une école d’arts et métiers , peut mériter les regards du voyageur s’il fait attention qu’elle a été crée sur la fin du 17. me siècle, où personne n’avait encore songé à former des écoles pour l’enseignement des arts mécaniques.
L'Albergo di Virtù fut établi d’abord hors de la Ville dans la rue qui traversait le faubourg du Pô et en face de la maison de la poste. L’hôpital de la Charité étant venu, par la suite, occuper cet emplacement , lAlbergo di virtù fut se loger sur la place Carline où il a aujourd’hui un assez beau palais , avec une vaste cour au milieu et une belle chapelle en face de la porte d’entrée. Les ouvriers qui se sont formés dans les ateliers de cet établissement ont contribué à répandre en Piémont les
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bonnes méthodes pour la chapelerie, la menuisierie et surtout la tisseranderie.La Direction prends soin de ceux qui s’y distinguent en leur accordant des boutiques , et ces maîtres de travail sont obligés de payer une indémnité pour les élèves de la maison qui contribue à leur entretien et à leur nourriture. Une chose qui reste à désirer dans cet établissement, c’est que d'après les progrès qu’ont faits aujourd'hui les procédés mécaniques et industriels, on étendit l’ Albergo di virtù sur un plan plus Vaste en y introduisant l’école de ces arts qui apportent tant de splendeur à l’industrie et au Commerce des Nations étrangères. Lé Voyageur qui veut entrer dans la chapelle peut y voir une Immaculée Conception d’Alexandre Trono , une notre Dame de pitié de Jean Mulinari , et un saint- Louis de Matthieu Bajs. Ces deux derniers peintres sont de l’école du Chevalier Beaumont.
Il y a dans Turin quatre maisons de travail pour les jeunnes filles j celles des Orphelines et des Rosines , celle pour les filles des gens de troupe , et les Forzate, dont la destination a été changée.
L’Hospices des Obpheliiyes est l'un des plus anciens de Turin. Dès son institution il se trouvait sous l’invocation des saints-Innocens. Lors de son rétablissement par les Duc Charles Emmanuel I et la Duchesse son épouse, il prit le titre de l’Annonciation. Cette maison , qui renferme environ soixante et dix pauvres Orphelines, est remarquable par les bons réglemens de son administration et par la belle tenue de son entretien j les hiles de
l’Hospice ont le soin d’assister aux enterremens et reçoivent une éducation propre soit pour les travaux de l’établissement, soit pour ceux de ménage auxquels elles prennent souvent part d’après les bons mariages qu’il leur arrive de -faire.
L’Hospice des Rosines , doit son nom à sa fondatrice , Rosa Govone de Mundovi, qui l’a institué vers le milieu du dernier siècle. Cette maison a eu un succès prodigieux et cette respectable Dame a cessé de vivre en 1778, comblée de bénédictions. Les fdles lui ont élevé un monument sur lequel on a écrit ces mots : Le Figlie grate alla benedettet JUfadre , hanno posto qacslo monumenlo. Dans son commencement , cette maison n’était qu’un lieu de retraite pour les jeunes personnes qui periclitoient de leur vertu : aujourd'hui c’est une belle manufacture où l’on ne reçoit que des filles honnêtes bien que pauvres , dont on fait l’éducation en leur apprenant le travail de la laine et de la soie. Leur nombre est environ de cinq-cent , et l’établissement fournit lui seul à leur entretien. La maison de Turin a six succursales établies dans les Provinces.
Il Ritiro celle Figlie de’Miutari a été fondé par le Roi 'Victor Amédée III, pour ofTrir aux soldats le moyen d’un établissement pour leurs enfans. Leurs filles y sont reçues de leur jeune âge, et exercées dans les devoirs de la Réligion , outre qu’on leur apprends les métiers propres à leur assurer un état quelconque.
Le Forzate, c’est le nom qu’on donne aujourd'hui à tfne maison de force où l’on renferme les personnes qui sont recherchées de la justice.
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Une institution qui ne doit point être oubliée , est celle de la Mendicita’ Istruita qui a été fondée par un prêtre que l’on distinguait par la piété de ses sentimens. Cette société , protégée par le Roi Victor Amédée III et dirigée parle Comte S.t-Martin d’Aglié, ancien Décurion de la Ville , avait pris un essor remarquable. Elle a été maintenue durant le régime Français par le zèle de quelques personnages et aujourd’hui s’assemble dans l’Église de sainte-Pélagie, Son but est d’offrir une instruction pieuse et morale aux pauvres mendians.
Il nous reste à parler des deux sépultures publiques, qu’on désigne par le nom de Cénotaphes. Ces deux Cimitières ont été bâtis en 1777 par la munificence du Roi Victor Amédée III sur les dessins du Comte Delula de Beinasque. L’architecture des deux édifices est la même. Un corps de maison carrée d’un seul étage , percée d’un portique avec une chapelle sur le fond , ayant une vaste cour au milieu , et une entrée dont le devant est décoré d’un frontispice. De ces deux édifices l’un est au faubourg du Balon , non loin de la Doire , l’autre est au faubourg du Pô , et près de la promenade qui mène au Valentin, Dans ce dernier on remarque «ne belle sculpture en marbre qui décore le mausolée de la Princesse de Beloselsqui , épouse d’un Ambassadeur de la Cour de Russie, morte à Turin où elle a laissé beaucoup de regret»