‹ Turin et ses curiositésChapitre 26 sur 55 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ce V Université des éludes , de V Académie Royale militaire et du Collège Royal des Provinces.

L Université Royale des études doit sa première origine au dernier rejetton des Princes d’Achaie et de la Morée , dynastie séparée de la Maison de Savoie, qui a gouverné le Piémont depuis le I2j5 jusqu'au i4i8. C’est le 4 septembre i4<>4» que Ie Comte Lodovico manifesta l’intention où il était de fonder une étude générale pour le Droit Civil et Canonique , et de fixer le salaire aux Docteurs en Droit, Bartheltmi Bertohe et George des Ziliis pour les y attacher en qualité de Lecteurs ; le 27 octobre i4o5 il donna les premiers ordres pour cette institution , et c’est le 11 novembre suivant que le Pape lui accorda , par une bulle, la concession d’un pareil établissement en y nommant l’Evêque de Turin pour Chancelier, charge qu’il exerce encore de nos jours.

L’étude de la Jurisprudence, tant civile qu’ecclesi/istique, était alors sous la dépendance de la Cour de Rome , et l’on trouve dans un volume publié en 1679 , le recueil de tous les actes émanés des Pontifes à l’égard de l’étude de Turin , qui prit par la suite le titre d’Université. Les Empereurs lui ont aussi accordé beaucoup de privilèges et d’honneurs , comme il résulte de leurs diplômes insérés dans le même livre. Mais pendant un siècle et demi cet établissement n’< presqué point mar-

qué dans l’histoire , si l'on excepte qu 'Érasme y * été gradué en iôo6. Contraint par les guerres <t par la peste de se réfuser à Quiers , à Savillan , à Moncalier et au Mondovi il a failli être désert d’écoliers ; et ce fut une sentence du Sénat , qui , du teins d’Emmanuel Philibert, le rappela dans Turin , ayant statué sur des contestations qui s’étoient élevées entre cette Ville et celle de Mondovi touchant le droit de posséder l’Université des études. Après le jugement du Sénat, le Duc Emmanuel Philibert se déclara protecteur de l’Université et en fixa les destinées en y attachant des hommes d'un talent supérieur , tels que Cujace Pancirole , Cravetta , François Balbe , Natta Argentero et Cintio Girahli , l’auteur des Ecathomites.

Depuis la fin du seizième siècle jusqu’au dixhuitième, l’Université de Turin vit. sortir de ses écoles des personnages distingués dans la robe , dans la milice et même dans les lettres : mais sur la fin du dixseptième siècle, lorsque le Chevalier Afarino, et le Chevalier Emmanuel Tesauro tenoient les rênes du goût, l’un appelé le miracle de la Poésie , l’autre l'oracle de l' Eloquence , la corruption devint générale, et les études de Turin se trouvèrent ménacés d’une décadence totale. Heureusement le Duc Victor Amédée II n’avait pas été indifférent à la voix publique qui vantait les beaux esprits , dont s’entourait la Cour de Versailles : dès le 1700, il avait chargé plusieurs de ses sujets d’entreprendre des voyages à dessein de former dès hommes propres à reléver en Piémont l’état des sciences et

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des lettres. Il se confirma dans cette pensée , lorsqu’uyant été couronné Roi de Sicile â Palerme , il eut occasion d’accueillir plusieurs personnes de mérite. De retour dans ses États, il apprit la révolution que le zèle d’Apostolo Zeno le génie de Gravitia et l’intelligence et l’activité de Scipion Màffei et de Muratori préparoient dans la littérature Italienne , et mit à exécution son projet de réformer l’Université des études.

Après les grands événemens de guerres et de paix , conduites avec vaillance et traitées avec sagesse , les Rois deviennent capables des plus belles entreprises. En 1720, Victor Amédée II proclamé Roi de Sardaigne , créa le .Magistrat de la réforme des études et le chargea de la direction supérieure de tout ce qui appartient à l’instruction publique et bâtit le superbe Palais de l’Université des études. En 1729 il publia le Code des loix concernant les diverses parties de l’enseignement dans ses États et bâtit le palais du Collège Royal des Provinces. Sa première pensée avait été de composer le nouveau corps de Savans et Littérateurs les plus marquans en Europe. La charge de chef du Magistrat de la réforme fut confiée au Président Pensabene Sicilien , personnage d’un mérite éminent. Un autre Sicilien , le Marquis d’Aguirre, fut nommé Censeur. Ce dernier était un Avocat passioné pour les lettres et doué d’un caractère aimable et insinuant qui le rendait cher à tout le monde. Qualités à désirer dans ceux qui doivent surveiller la jeunesse et les études. Le Roi lui avait laissé le soin d'inviter les

Professeurs les pliis accréditas d’Italio pour venir Occuper les chaires de la nouvelle Université. Déjà Tord , V allisnieri et Gravina avoient reçu une pareille invitation : les deux premiers s’étoient excusés en témoignant leur regret de ne pouvoir quitter leur pays j le dernier était mort au moment qu’il se disposait à partir.

Les chaires fondées par le Duc Victor Amédée II furent au nombre de vingt-quatre , pour lesquelles on choisit des hommes capables en tout genre. De ces vingt-quatre Professeurs , quatre étoient pour la Théologie y compris l’hébreux , cinq pour le droit Civil et Canonique , cinq pour la Médecine y compris l’Anatomie et la Botanique , deux pour la Chirurgie , quatre pour la Philosophie , deux pour les Mathématiques et deux pour l’Eloquence Italienne et Latine y compris la langue Grecque. A’ ces écoles , formant les trois facultés , furent attachés trois Collèges , pour la Théologie , la Jurisprudence et la Médecine , ayant un Prieur et dont les membres doivent prendre part aux examens des élèves. A’ ces trois Collèges fut ensuite ajouté celui des arts pour la faculté de Philosophie : et pendant le dernier séjour que les Français ont fait en Piémont, le nombre des chaires fut augmenté de celles d’Architeèture , de Chimie , de Minéralogie , de Zoologie et d’Anatomie comparée (a). Les quatre premières ont été conservées après le retour du Roi à qui l’Université est redevable de la fondation d’une chaire d’Economie publique et de droit commercial attachée à l’école de Jurisprudence

Depuis le 1710, jusqu’en 1750 on vit l’Université de Turin se former sous la discipline de ses premiers Professeurs. Les Médecins bantoni et Bia/idà furent les fondateurs de l’ecole de Médecine : Fan toni avait voyagé dans sa jeunesse en France , en Flandre et en Allemagne ; Bidnchi avait pour colloborateur un certain Docteur Ricca qui avait entrepris le voyage de Hollande pour conférer avec le célèbre Boherave , l’oracle alors de la science Médicale. Pierre-Simon Rohault de l’académie de Paris , fut le restaurateur de la chirurgie , et Lama Regolotti Chionio et Taglia-zucchi le furent de la bonne littérature, auxquels on peut ajouter l’abbé Pasini qui eut une grande part dans la rédaction du Dictionnaire des langues latine et italienne , mais , c’est depuis le 1760 que l’Université de Turin a acquis une véritable gloire : on y a vù successivement s’élever des hommes d’un mérite rare , et l’histoire conservera le souvenir de cette époque où Donati partait pour l’Égypte à dessein d’enrichir le Musée des antiquités j Allioni faisait les premières recherches sur l’histoire naturelle du Piémont et rassemblait les matériaux pour la Flora Pedemonlana ; Cigna pénétrait dans le sécret de la coloration du sang et suivait de près celui de sa vitalité ; Gioanetti ouvrait en Piémont la carrière de la bonne chimie ; Beccaria mesurait le dégré du méridien et expliquait les phénomènes de l’électricité ; Michclotti éclairait l’idraulique par son école expérimentale ; Bertrandi publiait ses beaux traités sur la Chirurgie ; Bonvoisin enrichis-

•ait l'étude de la Minéralogie : tandis que Berardi , Arcasio et Bono soumettaient à l’analise l’étude de la Jurisprudence ; Régis considérait les beautés des loix de Moïse ; Gerdil écrivait sur la Philosophie morale j Rivautella s'applaudissait de la découverte de l’ancienne Ville d' Industrie, et Denina travaillait en silence à ses Révolutions d’Italie. Ces Illustres Professeurs ont laissé de nombreux élèves qui ont rempli leurs espérances et qui , sur la fin du siècle, ont mis la ville de Turin de niveau avec les premières Capitales de l’Europe pour l’éclat des lumières : et c’est avec raison que le Chevalier Millin, qui a passé à Turin en 1811 , a dit dans la rélation de son voyage que les sciences y étoient cultivées avec une ardeur extraordinaire, et qu’il aimait â voir cette vivacité d’imagination et cet entrainement dans une Ville si élégante (b).

Le palais de l’Université, dont nous avons fait mention , a été construit sur les dessins d’un architecte Génois. C’est un édifice carré , qui n’a point d’apparence et dont la façade se distingue à peine de celle des autres maisons de la rue de Pô. Le veslibule , dont da décoration est magnifique, semble indiquer que son entrée devrait être du côté de la rue de la monnaie. Au milieu du palais est une cour entourée d’un double rang de portiques soutenus par des colonnes , qui ont un aspect noble et majestueux. Par deux superbes escaliers on monte au portique supérieur qui est décoré d’une balustrade. Les salles d’enseignement se trouvent distribuées dans les deux étages, Au rez-de-chaussée il

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j a le Musée des antiques et le Secrétariat. A l’étage supérieur on trouve la BibÜQlhèque , le Cabinet de phisique , le Théâtre anatomique et la chapelle. Les deux dernières pièces servent en même tems de salle pour les réceptions.

L$ portique inférieur, au dire du chevalier Millin, est un véritable Musée lapidaire. Le Marquis Scipion Maffei étant venu en Piémont après l’agrandissement de Turin vers la porte de Suse , eut occasion de voir une quantité de marbres antiques qu’on avait découverts par la démolition du bastion de la Consola ta ; l’un de ceux bâtis par le Roi François I er, après que ce Souverain eut fait abattre les quatre faubourgs , qui renfermaient beaucoup de monumens d’antiquité , et dont les décombres avoient dâ servir pour la bâtisse de ces remparts. Ce célèbre antiquaire suggéra au Roi Victor Amédée II de placer ces marbres sous les portiques du nouveau palais de l’Université , en y joignant quelques inscriptions trouvées à la Vénérie et ailleurs. Le Roi chargea le Marquis lui-même de ce travail , qui , en rendit compte dans le Muséum Veronense , publié en 1749- Mais, dès le 1747* le» deux Savans Ricolvi et Rivautella avaient entrepris la publication d’un ouvrage plus complet sur ce» marbres , intitulé Marmora Taurinensia disserta tionibus et notis illustrata. C’est que depuis le départ du Marquis Maffei son travail avait été continué par le professeur Bartoli , qui avait eu à classer beaucoup de pièces et entr’autres celles tirées des fouilles d 'Industria, ancienne ville située non loin

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de Verrue à Monteu da Pô. Dans ces dernier* tems le Baron Vernazza de Frenej se permit de faire quelques mutations dans la distribution de ce* pièces j et d’après l’usage, des anciens et celui d’Italie de nos jours , il prit soin de l'aire colorier en rouge toutes les lettres qui se trouvent sur ces monumens.

Avant de parler de ces marbres , nous croyons devoir porter l’attention sur les deux statues placées dans des niches à côté de la porte d’entrée. Elles sont des frères Collini et représentent les deux Ilois Victor Amédée II et Charles Emmanuel III. C’est depuis l’arrivée du Roi Victor Emmanuel, .qu’elles y ont été posées , comme on a aussi placé en face les deux torses cuirassés, antiques, découvertes à Suse en i8oâ , qui ont fourni à M. le Comte Franchi de Pont le sujet d’une disertation insérée dans les volumes de l’Académie. Ces deux torses, dont les cuirasses ont été reconnues d’un travail supérieur à tout ce que l’on connaissait en ce genre , avoient été transportées à Paris pour être placées à la galerie du Louvre , où l’on avait eu la pensée d’en faire deux statues en y ajustant des bras et des jambes , et à l’une une tête de Tibère et à l’autre une tête impériale moderne ; ouvrage cependant qui dépare plus qu’il ne relève l’antique. Sur les cuirasses, qui sont la partie intéressante de ces statues, l’observateur doit remarquer, sur l’une , les deux Arimaspes qui nourrissent deux griffons pour annoncer l’origine hyperboreenne d ’//<?lios ou Apollon , qui commence sa carrière assis

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sur son char , et sur l'autre , la figure de Minerve entre deux danseuses. Comme lors de la restitution des objets d’arts au Roi de Sardaigne, ces deux statues , t'outes restaurées , furent remises en entier à son Commissaire , le Magistrat de la Reforme les fit placer sous le portique de l’Université , en remplaçant la tête moderne par une de celles conservées au Musée des antiques.

Des marbres enchâssés dans les murs , les plus remarquables sont l’autel consacré par M. Mem jnius à Jupiter adolescent, armée de la haste et du foudre ; l’autel taurobolique élevé aux organes générateurs éternels par Sempronia Eutocia ; une Orgie de Bacchantes qui portent des flambeaux, des masques, des thyrses , des serpens , de couteaux , des animaux et des fruits ; d’autres Bacchantes armées de couteaux , de lances , et tenant des animaux déchirés ; des masques bacchiques , des Faunes et des Bacchantes couchées et abandonnées à l’ivresse : Orphée ou Penthée déchirés par les Moenades : un autel consacré à Sylvain , par Fossatius Sympkorus ; un autre élevé au-même Dieu , par Vérins Tenax : un autre autel élevé par Julius Murcellinus au Génie du Municipe de Susej deux Tritons posant la main sur un autel couvert de fruits; un Triton et une Néreïde ; la base d’un Hermes de Ménandre avec une épigramme grecque ; plusieurs pierres milliaires , un bas-relief de Jupiter Ammon ; un homme nu entre deux taureaux qu’il saisit par les cornes ;Pholoé , qui soutient le jeune Achille sus le dos du Centaure Chiron ; de beaux

trophées sur une fris» ; une autre frise avec de riches palmettes ; le fronton d’un tombeau , ayant la forme d’un petit temple, avec le buste de Mercure enfant, entre un coq et un bélier , monument consacré à la mémoire de L. Mussius mort âgé de quatre üns , par L. Mussius et par Mussia l'jrche ses parens. Un sanglier mort ; un homme d’un âge avancé , qui a des ailes au dos et aux pieds , que M. Millin a dit être un image allégorique de la Prudence ; un voeu à la Victoire , par Mocius Licus ; un cippe d 'Etius Natius , où l’on voit un berger conduisant des moutons $ le sacrifice d’un taureau figuré sur un autel , offert à Neptune par L. Cassius Optalus ; Ænée enterrant Anchise et tenant son fils Ascagne qui porte un pedum , pierre tumula ire de Petronia Grnta ; un cippe avec Venus d’un côté, ayant près d’elle un monstre marin , et au revers Hercule qui arrache un pin ; un marbre de Vibius Veamonius , où deux lions déchirent un animal; la tombe de Quintus Minicius Fa ber, figuré, en bas fabriquant une roue , en haut sur un litavec un médecin , et entre un chien consacré aux Lares et un coq , symbole de la médecine , avec plus haut des dauphins et des nymphes marines qui doivent transporter son ame dans les îles heureuses ; un voeu de Q. Feiquasius , qui paroit entouré de huit Canephores; ce marbre est remarquable parce que Veiquasius a près de lui un char portant une tonne de vin , qui ressemble parfaitement aux tonneaux et aux chariots , dont on se sert encore dans ce pays. Les tombes de Valerius

Crescentius et de Baebia Ve ta , le premier sur son lit avec une table servie , et sur la tombe de 1% seconde des coqs , des poules et des moutons.

De ces marbres plusieurs offrent des inscriptions» dont il y en a deux qui sont grecques , bien que ce ne soit que des fragmens , une étrusque qui a été publiée par le père Lanzi , et les autres Romaines qui sont presque toutes tumulaires. On remarque celles en l’honneur de Trajan et une autre servant de frontispice a une piscine qu ’Oelia Secundo , Floniinica Drusilla avait donnée sur son terrain à ses concitoyens. Parmi les tumulaires on remarque celle de Minulcius Paris affranchi du Roi Cottius. Celle qui a servi pour fixer l’année du second Consulat de Cajus Rutilius Gullicus , et qui est gravée sur un marbre ayant servi de piédestal à une statue pedestre , a été trouvée par moi dans les décombres du donjon de la porte Palais , lors de la démolition des remparts en 1801 , et j'en ai donné l’explication dans les volumes de l’Académie pour la partie des lettres et beaux arts. Outre les inscriptions antiques il y en a quelques unes des bas siècles , comme celles des Rois Lombards , Aripert , Grimoald et Rothaire , qui ont été publiées par Uurandi. Sous le vestibule il y a aussi quelques antiquités Egyptiennes.

Ce qu’il y a de vraiment intéressant c’est le Musée des antiques, qui prend le titre de Regiuv Musaeum et dont l’administration est confiée à des personnes de mérite , qui , par les soins d’une obligeance éclairée , reçoivent des étrangers de#

preuves constantes de satisfaction. Les objets conservés au Musée se composent des articles envoyés' d’i gypte par Donnti , de la collection du médailler, dés monumens tirés dés fouilles d’industria , de la table Isiaque et de beaucoup d’autres choses dont la plus part formoient l’ancien Cabinet des Ducs de Savoie.

Le Docteur Vitaliano Donati de Padoue , et le Comte Jean-Baptiste Carburi de Cefalonie , tous les deux Professeurs de médecine , furent désignés en 1709 par le Roi Charles Emmanuel lll pour entreprendre un voyage dans l’Orient et y faire des recherches tant en objets d’histoire naturelle, qu'en antiquités afin d’enrichir le Musée de Turin. I.e Docteur Carburi ne quitta p'oint l’Europe, mais Donati s’embarqua à Vénise pour .Xante , le 19 juin 1709, et passa en Égypte avec un colloborateur, appelé Verlhino , qui reparut en Piémont dans le mois d’octobre suivant.

C’est une faute de ne pas avoir publié la rélation du voyage de Donati autant qu’on pouvait la composer des pièces de sa correspondance : cette publication eut été d’un véritable intérêt. Il parait que ce Savant Professeur s’arrêta au Caire , aujc Pyramides , au Saïd et dans les autres lieux de l’Égypte, depuis le 18 juillet 1759 jusqu’au 6 janvier 1761 , époque où il se mit en route pour Suez et le Mont Sinay. Le 3 mars 1761 , il était à Saccaraj ensuite il fut en Palestine et parcourut les principales Villes de cette contrée. Le 12 mai 3761 il se trouva à Jérusalem, en juillet il parut

it Bagdat et fut ensuite à Bassora, à Mascat, â Mangaios ... enfin il trouva son tombeau dans .ces régions éloignées. Savant respectable, qui a laissé beaucoup de regrets auprès de ses amis, mais dont la mémoire n’a pas été honorée comm’elle le devait. Il était plein de zèle pour la science et intrépide au milieu des dangers qu’il affrontait pour en etendre lé domaine ; il a enrichi le Musée d’un grand nombre d’objets précieux et peut être uniques en Europe , eomm’ii adressa aussi au Musée d’histoire naturelle beaucoup d’animaux qui, faute de soins, ïi’ont pas étés conservés.

La première salle du Musée des antiques , décorée en partie de statues Égyptiennes, renferme les grosses pièces envoyées par Dunati. Plusieurs de se* Statues en granit avoient été transportées à Paria pour être placées à la galerie du Louvre, et ont été restituées après la paix.

On compte plus de trente-mille médailles dans la' éôllection qui est conservée au Musée de Turin : mais ce n’est fias le nombre qui fait le prix de de rriédailler. Outre qu’il est tenu avec un ordre incomparable , il se compose en général d’une «fuantité prodigieuse de pièces appartenant à diverses nations tant orientales qu’occidentales, telle* que Perses , Celtiques , Espagnoles , Grecques , Romaines, Arabes, et celà de toute grandeur en or, en argent et en bronze ; et on y remarque beaucoup de médaillés des Colonies et une suite précieuse de Rôis Parthes , et de Rois de Syrie , san* jlar.ei* de plusieurs pièces très-rares. M. l’Abbi

Barucchi , qui est le conservateur du Musée , a public dans les volumes de l*Académie une monnaie d’Athènes en or , qui est regardée comme tellement rare que le célèbre Eckhel a même douté qu’elle existât.

Il y a de très-belles choses à remarquer parmi les objets tirés des fouilles d’Industria , ville ancienne dont la position avait été oubliée par les géographes , et qui fut découverte en i;45 par les aavans Riculvi et Rivaulella sur la rive droite du Pô à six lieues de Turin, près de Brusasco et de Verrue , dans un village qu’on nomme aujourd’hui Monteu da Po. La preuve principale de cette découverte est tirée d'une inscription trouvée dans une grande chambre ; elle semble avoir, été décernée par le collèges des Prêtres appelés Pastofores de la ville d’Industria au génie et à l’honneur de Lucius Pompejus , AEddis Duumvir etc. etc. Cette inscription , gravée sur une plaque de bronze entourée d’arabesques est au Musée avec beaucoup d’obj ets précieux , entr’autres un trépied en bronze d’une forme remarquable et un yase en argent qui représente un combat de Grecs contre les Amazones , dont l’Abbé 7 drini a donné la description dans les volumes de l’Académie.

La table Isiacjue , sur laquelle on a écrit tant de livres , est un des objets qui fixent le plus l’attention des voyageurs. Cette table en bronze , qui est devenu presque noir par le tems , est de la grandeur d’une de nos tables de jeu. Elle est couverte de figures gravées et incrustées de lames

d’argent poli ou bruni , et d’une substance noire. Quelques traits plus délicats sont argentés et non incrustés. Il parait, comme l’observe M. Millin , qu’à l’époque où elle a été faite , on connoissait le procédé pour tenir l’argent en dissolution , le précipiter et le fixer après l’évaporation du dissolvant.

C’est dans une vigne de la maison Caffarelli sur* le mont Aventin , où il y avait jadis un temple d’Isis , que , d’après ce que l’on rapporte , on a découvert ce monument qui fut appelé Table Isiaque , parce que la figure dominante de son travail est un Isis assise , ayant sur la tête la dépouille du faucon pêcheur , et deux cornes de taureau , signe de la fécondité comme de l’équinoxe du printems. Ce qui est certain c’est qu’elle a appartenu à ’/’orquato fils du Cardinal Bembo , soit qu’il l’ait reçue des mains de Paul III , soit qu’il l’ait achetée d’un serrurier après le siège désastreux de Rome , livré par le Connétable de Bourbon en 1627 , et c’est de cet illustre possesseur qu’elle a pris le nom de table Bembine. En i6o5 elle se trouvait au Cabinet de Vincent de Gonr.ague , Duc de Mantoue,. et disp, rut lorsque cette ville fut saccagée en i63o.

Cette table destince à de singulières aventures, fut trouvée long teins après , dans le palais du Duc de Savoie à Turin , et nous avons entendu dire qu’elle y était comme oubliée dans la salle de la garde Suisse au point que les soldats y mangeaient dessus j et que ce fut le Médecin du Duc , qui ayant porté l'attention sur cet objet, la fit tran-

sporter aux archives d'où elle fut' ensuite transférée au Musée pour y rester jusqu’en 1801 , époque où elle fut enlevée par les Français pour être exposée au Cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale , où l’on en conservait une gravure qui avait été offerte à l'établissement par le Comte Balbo , Ambassadeur de Sardaigne à Paris. Par le traité de paix, elle a été rendue au Musée de Turin avec beaucoup d’autres objets que l’on avait emportés, et il est vrai de dire que partout elle a excité le plus vif intérêt ; mais quant aux figures qui composent sa décoration , les savans pensent devoir se borner pour le moment à les biens décrire que de vouloir entreprendre de les expliquer. On n'a pas de raison pour croire que cette table soit venue d’Égypte ; il est probable qu’elle ait été fabriquée à Rome après que le culte d’isis y a été introduit, ainsi que tous ceux des nations conquises par les aigles Romaines.

Des autres objets d’antiquité et d’art, qui sont conservés au Musée , on doit remarquer les basjrelicfs en marbre , qui composent la décoration d’un dessus de cheminée ; une belle tète de Sénèque en marbre , une d’Octavie en argent et unë autre de Trajan en bronze ; un pied de cheval en bronze, ayant appartenu à une statue équestre , d’une beauté parfaite ; le reste d’un grand foudre en bronze doré,* qui parait avoir appartenu à une statue colossale de Jupiter. Une Vénus sur un cheval marin , une Vénus, qui se coupe les ongles, une Venus victrix avec de» ornemens eh or au col , aux bras , aux

mains et deux harpocrates devant elle ; une mosaïque de figure gigantesque venue de Sardaigne et un bouclier en bronze incrusté d’or , ouvrage de l’art après la renaissance, que l’on pourrait bien attribuer k Henvenuto Cellini. M. Roucheron en a fait un dessin magnifique qui doit être gravé: avec cela* un nombre de statues et de figures en marbre et en bronze, et une quantité d'instrumens et d’ustensiles appartenant au culte , aux arts et à la cuisine des Romains.

Au-dessus du Musée on trouve la Bibliothèque , qui mérite d’être visitée ; outre qu’elle est bien assortie en toute espèce d’ouvrages de science et de littérature anciens et modernes , il faut la regarder coitim’un dépôt de livres rares et de manuscrits très-précieux. Elle doit sa première existence au génie créateur du Duc Amédée VIII , et son principal accroissement au Duc Emmanuel Philibert et à son fils le Duc Charles Emmanuel I.er : mais ^ c’est au Roi Victor Amédée II qu’elle est redevable de son établissement actuel par la translation que ce Souverain ordonna dans le local de l’Université, du peu de livres de médecine et de jurisprudence qui appartenaient à l’ancien1 corps enseignant; de Ceux qui avaient été offerts par les Administrateurs de la Ville , provenant d’une bibliothèque qui avait été fermée ; et d’un nombre très-considérable de codes tirés de son propre Cabinet d’où sont par-' venus les manuscrits et les objets plus précieux. Cette reunion de livres , qui avait d’abord donné de trentccinq à quarantcvuille volumes, avait

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été portée à quatrevingtmille volumes avant la fin du siècle , et a été augmenté de trente autres mille volumes durant le séjour des Français par la suppression des bibliothèques des couvens Les livres de cette Bibliothèque sont classées dans quatre grandes salles dont la principale , qui est celle du milieu, est la plus remarquable. La grande pièce à gauche était destinée à l’inseignement de la Théologie et a été ajoutée à l’établissement pendant le Régime des Français. Dans celle à droite on conserve les manuscrits qu’on tient enfermés dans des armoires On y remarque le buste, en marbre, de l’Abbé Valperga de Caluso qui a laissé sa belle collection de livres à l’Université.

On doit aux soins de Pasùii, Rivaulella et Berta la publication du catalogue des manuscrits de la Bibliothèque de Turin. Ce catalogue a été imprimé en ij49 en deux volumes in-folio. On y compte 170 manuscrits en hébreu , 370 manuscrits grecs , 1200 latins , plusieurs poésies du moyen âge et un grand nombre de pièces historiques ; près de 200 manuscrits italiens , outre de 120 en langue française et gauloise. De ces manuscrits il en est beaucoup d’inédits et contenant des choses trèsprécieuses : dans le nombre de ceux qui sont imprimés , les étrangers remarquent un Sedulius poème de Nativitale , qui est du septième siècle , et un Dante avec des omemens et des vignettes d’un travail admirable. Le Conservateur de la Bibliothèque Royale de l’Université prend le titre de Préfet, et cette charge est toujours conférée à uno personne d’un mérite distingué.

En face de la Bibliothèque on trouve le Cabinet de Phisique distribué dans plusieurs pièces qui servent soit pour la conservation des machines , soit pour les préparations. Ce Cabinet doit sa première fondation aux instrumens apportés de France par l'Abbé Nollet , lorsqu’il vint à Turin, en 17.39, pour donner des leçons aux Princes de Savoie : il a été agrandi par le Père Beccaria , l’illustre promoteur de la bonne Phisique en Piémont et dont on voit le buste au dessus des armoires : et doit son état actuel aux soins de l’Abbé Vassalli-Eandi , qui a mis à profit les circonstances où il s’est trouvé de pouvoir favoriser l’étude des sciences naturelles. Après avoir visité le cabinet de Physique l'observateur peut donner un coup d’oeil au théâtre anatomique qui est d’une belle construction.

Nous avons parlé ailleurs du palais du Valentin; c’est dans le parc qui entoure ce chateau qui existe le jardin de Botanique annexé à l’école de Médecine. Un petit coin de ce parc avait été consacré à la culture des plantes officinales dès le rétablissement de l'Université : mais ce jardin qui, à l'époque où le Docteur Allione fut chargé des démonstrations de botanique , ne contenait que de sept à huit-cent plantes et n’occupait que le terrain qui forme aujourd'hui le petit enclos du jardinier , se trouve avoir acquis une telle étendue que le nombre des espèces que l’on y cultive peut être porté dé sept à huit-mille. Le Docteur Allione commença par y introduire tous les végéteaux qu’il avait rapportés dans la Flora Pedemontana , outre une quan-

tité de plantes exhotiques qu'il recevait de ses nombreux correspondais , et qui furent augmentées par son successeur le Docteur Dana. Mais cet établissement doit sa célébrité aux soins de l’infatigable Professeur Balbis , qui régularisa l’étude de la botanique et surtout la méthode des excursions , publia des catalogues d’une très- grande exactitude, mit de l’ordre dans la classification et la nomenclature des plantes et enrichit le jardin d’un trèsgrand nombre d’espèces rares et intéressantes. On regrette que ce célébré Botaniste , malgré ses efforts , n’ait pu obtenir de l’autorité qui existait alors, les fonds nécessaires pour y faire rebâtir les anciennes serres, ce qu’il aurait exécuté , sans doute, .avec beaucoup d’intelligence.

Ce soin fut laissé au Docteur Biroli , dans le peu de tems qu’il a occupé la chaire de Botanique. Le Roi Victor Emmanuel en décréta l’établissement .et comme le local était d’une heureuse disposition, on pouvait y établir toute sorte de serres sur une jnême ligne, soit pour les plantes des terres australes qui exigent en hiver beaucoup de lumière et .une chaleur tempérée , soit pour celles qui croissent entre les tropiques et qui aintent une haute tem pérature ; mais au lieu d’entreprendre la bâtisse de différentes serres vérticales plus au moins inclinées ; bâches couches etc. on ne fit que construire une longue serre vérticale que l’on divisa dans l’intérieur à l’aide de croisées en serre chaude et tem- .pérée ; on venait cependant de publier en Piémont, .dans le .dernier volume de l'Antolegista Botanico de

l'Avocat Colla, un modèle de construction pour toute sorte de serres, et surtout de celles inclinées d’après les plans suivis en Angleterre.

Le Docteur Biroli a aussi augmenté le nombre des plantes , et le Docteur Capelli , le Professeur actuel , a déjà enrichi le jardin de trente genres nouveaux , de manière que les élèves des écoles de médecine trouvent dans cet établissement de quoi se former dans la connoissance des qualités médecinales des végétaux, et de quoi satisfaire leur curiosité s’ils veulent poursuivre l’étude d’une science qui est une des branches de l’histoire naturelle. Qu’il soit permis d’ajouter, que la direction du jardin est confiée à un homme , qui , sous un extérieur simple et modeste cache beaucoup d’instruction, le sieur Molineri frère de celui , dont le Docteur Allione a fait mention dans la Flora Pedemontana ; et qu'il est une famille intéressante attachée à ce jardin , qvii s’occupe du soin de réproduire par des dessins coloriés toutes les plantes qu’on y cultive ; famille qui pleure la mort de son chef, le sieur Battione. Cette collection de dessins, vraiment originale , est conservée à la Bibliothèque de l’Université.

L’école de Chimie , dont Bonvoisin et Giobert avoient été les fondateurs , est continuée par deux de leurs élèves , les Docteurs Michelolli et Mezzera. Le Professeur Bonelli remplit la chaire de Zoologie , et l’Abbé Borson fait dans l’une des salles de l’Académie des sciences , a portée du Musée d’histoire naturelle , son cours public de Minéralogie : c’est bien que les élèves de l’école de Mé-

decine soient tenas de suivre ce cours j en l’état de nos connoissances le règne minéral emporte sur le végétal par les ressources qu’il offre à l’art de guérir.

Parmi les parties de l’enseignement qui ont reçu des améliorations , nous croyons, de voir classer l’art vétérinaire. L, 'établissement en Piémoiit d’une école vétérinaire doit se rapporter à l’époque du retour du Professeur Brugnone , qui avait été envoyé à Paris parle Roi Victor Amédé III à dessein de former un bon Vétérinaire pour le service de ses écuries. Ainsi , dès-lors on vit aux écuries du Roi s’établir une forge pour l'exercice du maréchal-ferrant , et un nombre d’élèves qui y accouraient pour apprendre l’art de traiter les chevaux et les autres animaux domestiques. En 1801 , l’école vétérinaire eut un superbe établissement au Valentin avec 70 élèves et un nombre de Professeurs : cette institution n’a pas durée , et depuis ce tems la partie vétérinaire a toujours réclamé la sollicitude de l’autorité supérieure sans qu’on n’ait rien fait pour elle, hors que des projets. Aujourd’hui un local est préparé pour cet objet à la' Vénérie , et le zèle dit personnage qui y prend intérêt , promet à cette partie un établissement convenable.

Accademia Reale , École militaire, qui doit sa première fondation à la Duchesse Marie-Jeanne- Baptiste de Nemours , Régente des États de Savoie durant la minorité du Duc Victor Amédée II, pour l’éducation delà jeune Noblesse. Le bâtiment consacré à cette école a été élevé en 1677 sur les dessins du

Comte Amédée de Castellamonle , et se trouve au commencement de la rue de la monnaie : il offre une grande et belle cour carrée , dont trois côtés sont ornés de portiques à deux étages soutenus par des colonnes , et servant aux besoins de l’Académiej l’autre côté est occupé par le palais des Archives T dont nous avons parlé. L’observateur , qui veut connoître les diverses parties de cet établissement, après avoir visité les chambres , les galeries , liî réfectoire et les écuries qui sont grandes et spacieuses , doit porter son attention sur le Manège, qui est un des beaux morceaux qu’on puisse voir en ce genre. C’est un grand emplacement sablé , et couvert d’une vôute , qui a une portée extraordinaire ; dans le pourtour et à la hauteur de l’entablement on a pratiqué une espèce de loges ouvertes, qui sont commodes pour les élèves et les spectateurs et dont la haute dimension est agréable à l’oeil. Le Manège a été bâti par le Roi Charles Emmanuel III sur les dessins de Juvnrrn.

L’Académie Royale , qui, dans son commencement n’était qu’une maison où l’on apprenait l’exercice de l’équitation , la danse et les talens d’agrément convenables à un gentilhomme , fut fermée par les suitesdes guerres qui ont désolé le Piémont entre la fin du dixseptième et le commencement du 18.* siècle. Elle fut rétablie en 171;! , après le traité d’Utretch , et fut érigée en Académie militaire par les Rois Victor Amédée II et Charles Emmanuel III. Toute personne du haut parage s’empressait d’y placer ses enfans , et c’est le i.er août 1708 qu’y

fit son entrée le célèbre poète Alfieri lorsqu'étant jeune il s’était destiné à la milice. Après l’occupation de Turin par les Français , l’Académie fut de nouveau fermée, et parla suite son palais fut choisi pour l’établissement d’un Lycée à l’instar de ceux qui se trouvent dans les grandes villes de France. Après le retour de S. M. le Roi Victor Emmanuel, l’Académie Royale militaire fut réorganisée sur un pian mieux conçu. Cette époque sera celle de son lustre et de sa véritable utilité j il suffirait de nommer les personnages chaxgés de sa direction pour préconiser sa grandeur. Ses réglemens , qui sont le résultat de la sagesse acquise par l’expérience , embrassent ce qui peut contribuer à soutenir les bonnes études , comme ce qui sert à maintenir les exercices d’une belle éducation , dans le noble but de former des hommes pour l’art de la guerre. Cet établissement, vraiment Royal, offre à toutes les familles honnêtes le moyen d’y faire élever les enfans qu’on destine à la carrière des armes , et la belle tenue que l’on remarque dans les élèves correspond parfaitement aux desseins de ceux , qui ont dirigé l’institution.

Collegio reale delle PRormciE. Pensionat fondé , comme nous l’avons déjà dit, en 1739 , par le Roi Victor Amédée II pour y recevoir les jeunes étudians tirés des provinces de l’état, et les y former dans les sciences nécessaires au service public. Le nombre des élèves y considérable , et outre de ceux que l’on y admet pour les places gratuites provenant des bourses , qui appartenaient

à des fondations pieuses , on y reçoit aussi d’autres pensionnaires moyennant une modique rétribution. Les bons réglemens , qui qpt dirigé l’administration de ce Pensionat , sont la cause de l'excellente réputation qu’il s’est acquise ; dans tous les tems on y a vu sortir des hommes qui ont marqué dans la Magistrature , dans la Médecine comme dans les sciences et dans les lettres : aussi le Collège des Provinces est il regardé en Piémont comme la pépinière des hommes de mérite. Durant le régime des Français il avait été déplacé de son hôtel sur la place Carline pour êtrte logé dans lé couvent des Religieuses du Crucifix , qui paraissait offrir un meilleur emplacement à beaucoup d’égards ; on parle aujourd’hui de son rétablissement sur la place Carline , où son palais sera, dit-on, évacué par le Corps Royal des Carabiniers. Le dessein où l’on est de remettre sur pied le couvent des Religieuses du Crucifix , destiné à recevoir des personnes de la première noblesse , est la cause de ces translations.

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