CHAPITRE SECOND
Du Séminaire , du nouveau Collège des Jésuites , et des Etablissemens pour l' instruction et l'éducation de la jeunesse.
ÎS^ous avons réuni dans ce Chapitre , qui fait suite à celui de l’Université, tout ce qui peut avoir trait à l’instruction de la jeunesse. Quoique le Séminaire
toit sous ha dépendance de l'Archevêque, son institution concerne la plus importante de toutes les branches de l’éducation publique , celle qui se propose de former de bons Curés dont la prudence et la sagesse soient la sauve-garde des moeurs et de la paix dans les familles. C’est le Concile de Trente qui a ordonné que dans chaque Diocèse il dût y avoir un Séminaire pour y recevoir les garçons qui se destinoient à l’état Ecclésiastique. Celui de Turin est placé non loin de l’Église Cathédrale, à l’endroit où il y avait jadis l’Église paroissiale de saint-Étienne : son palais , bâti sur les dessins de Juvarra , est d’une belle construction; l’architecte Cerruli a fait quelques nouvelles dispositions dans la distribution de l’édilice. Son intérieur est de forme carrée ayant la Chapelle en face de 1 st porte d’entrée : la cour, d’une propreté remarquable , est ornée de deux rangs de portiques où l’on remarque les portraits de quelques personnes élevées en prélature , et tout semble concourir pour donner à cette maison un aspect qui annonce la décence et le recueillement. La Bibliothèque y est bien fournie de livres. Elle provient d’un legs de neuf-mille et plus de volumes , fait à l’établissement par le Piètre Caspard Giordano, et d’un autre legs de livres laissés postérieurement par l’Abbé Costa , outre de quelques achats particuliers. Les Séminaristes , qui sont au nombre de quatre-vingt , ne profitent point de la Bibliothèque : il suivent les différens cours de Philosophie et de Théologie qui se donnent à l’Université des études , et ont
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l’avantage de trouver dans le Séminaire de bons Répétiteurs.
Collège des Jésuites. Ce nouveau Collège est destiné à faire revivre en quelque sorte l’ancien Collège des Nobles , qui, fondé en 1678 par la Duchesse Marie-Jeanne-Baptiste, avait été administi é par les Jésuites jusqu’en 1773 époque de leur suppression. Le Roi Victor Lmmanuel , porté à restaurer la Compagnie de Jésus , après avoir rétabli les Jésuites à Gènes et à Novare, leur a confié le soin de l’éducation des enfans de bonne famille dans la Capitale de ses États. Pour cet objet il leur a cédé une portion de l’ancien Couvent des Carmes et quelques revenus en immeubles, entr’autres ceux d’une maison appartenant jadis à leur Société. On ne connait pas encore le plan du nouveau Collège : mais on dit qu’il sera organisé de manière à laisser l’espoir à toute personne bien née de pouvoir y placer ses enfans.
Outre de l’école de Peinture qui a son établissement au palais de l’Université , dans la partie supérieure, et qui relève de l’Académie Royale de peinture et de sculpture , il y a au couvent des Carmes sous la direction des Administrateurs de la Ville , trois diverses écoles dont deux pour le dessin soit de la figure , soit des ornemens , et l’autre pour la gravure. Le Peintre Monticone est le Professeur de la première ; la seconde est confiée aux talens variés de l’architecte Spagnolini et le fils du célèbre Palmieri dirige la troisième. Ces écoles sont très-suivie», et outre
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que l’art du dessin entre dans l’éducation de 14 jeunesse, on voit avec plaisir le Bijoutier, l’Orfèvre, et l’Ébeniste, comme le Tisserand et le Faïencier se former le goût sur les bons modèles pour l’em. plois des ornemens dans les différens genres de décoration. Depuis six mois que l’administration <le la Ville a établi l’école de gravure , de bons sujets s’y sont appliqués , et le Pays qui a produit lioelto , 'J'asniere , Melini et Porporati , promets encore d’excellens graveurs.
Au nombre des moyens d’instruction qu’offre la ville de Turin , on doit mettre le cours de Sténographié ouvert il y a peu d’années par Philippe Delpino Génois; cet ha'bile Calli graphe a formé des élèves dans l’art d’écrire aussi vite que l’on parle, et a promis la publication d’une bonne méthode sténographique.
On compte à Turin trois belles institutions pour l’éducation des jeunes demoiselles ; ces maisons appelles Conservatorü sont la casa del soccorso délie J'ergini , le Jiglie de l Deposito di san Paolo , et la Provv idetiza. De leur origine ces étahlissemens n’étoient point ce qui sont devenus par la suite : leur régime intérieur, soumis à des réglemcns trèsaustères, s’est amélioré progressivement et les personnes du sexe y reçoivent aujourd’hui , avec les principes de la Réligion et de la Morale , cette instruction qui les forme aux soins du ménage sans les priver des agrémens d’une belle éducation. Ces Conservatorii se trouvent , savoir.... •
La Casa del Soccorso pelle L'erg im , fondée çn i5g3 par la Congrégation de saint-Paul , est
dans un beau bâtiment , sis rue de saint-Philippe audelà de la place Carline j il deposito di SAff Paolo, maison fondée en 1684 par la Comtesse Marguerite Fulcombella femme du Sénateur Perachino , est rue de Doire-grosse près la Citadelle ; LA ProvyiDENZA , fondée en 1748 et placée dès lors sous la protection de Sa Majesté, se trouve dans un palais , d’une belle architecture , bâti en 176a par le Comte Alfieri , et sis rue de l’Arsénal en face de l’Église de la Visitation.