‹ Turin et ses curiositésChapitre 33 sur 55 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

Des Hôtels appartenant à des particuliers et des collections d'objets de science et d'art.

Il existe dans Turin environ soixante hôtels qui appartiennent à des familles opulentes, et qui, paf leur architecture, se font remarquer des autres maisons. Nous allons parler des principaux de ces palais , en les rapportant chacun dans le quartier où jl est placé , et selon les quatre grandes divisions qui partagent la ville de Turin , et que l’on connaît sous le nom de sections de la Doire , du Pô , du Monviso et du Moncenis.

Parmi les hôtels qui se trouvent dans la section du Moncenis , le plus considérable est celui dà

Marquis Fallette de Barole , situé dans l’isle d« sainte-Brigitte. C’est un palais qui a été restauré et embelli par le Comte Alfieri , et qui renferme quelques bons tableaux , outre une bibliothèque thoisie , digne de la réputation distinguée dont jouit le Marquis de Barole , membre de l’Accadéjnie Royale de Turin. On remarque dans ce palais un plafond de Daniel Serter , les quatre éleinenS par le Trevisani , et l’on y voit des peintures de Ëertoloni f Léguant, Guillaume Levra , Pontojn , Félix Bielle , Bapous et Comaneddi . La menuiserie de la bibliothèque est du dessin d' AUberti , et le catalogue des ses livres a été compilé par Bartoli , qui en a cité lui même la préface dans un livre publié à Paris, en 1780, ayant pour titre, Réélections impartiales sur le progré réel où apparent que les sciences et les arts ont fait en Europe , dans le X VIII siècle.

Un autre bel hôtel situé dans la section du M011cenis , est celui appartenant au Comte Peiretti de Cundove, dans l’isle de saint-Sigismondej ce bâtiment a été restauré sur les dessins de Borra, et l’on y remarque des fresques de Gaétan Perego. S. F., le Cardinal de Solar a ses appartcmens dans cet hôtel.

L’hôtel Brusasco, situé dans cette même section, isle saint-Anselme , fait le coin en face l’Eglise de notre Dame del Carminé. Il a été restauré par le Comte Nicolis de Robilant , et on y voit des fresques de Jean-Baptiste Bagnasacco.

L’hôtel Paesana élevé sur les dessins de Planteri occupe toute l’islc de saint-Chiafrédo , et donnait

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autrefois le nom à la place sur laquelle il se trouve situé. Cette place prend aujoud’hui le nom de place Susine.

L’hôtel Verrue, appartenant aujourd’hui au Comte $aint-Martin-La-Motte, est un ancien palais où l’on remarque de fort-bonnes peintures sur les murs. La partie de ce bâtiment, élevée sur la rue da Doire* grosse , est de l’architecte Martinez.

En face de l'Église de saint-Dalmace, est l’hôtel saint-Martin d’Agiié , rebâti par le Comte Galii sur les dessins de l’architecte Cerrone , fils. Cette belle construction a terminé l’alignement de la rue de Doire-grosse,

De l’autre coté de l’Église de saint-Dalmace, est l’hôtel qu’habitait feu le Cardinal de Martiniane, protecteur des arts , et dont est propriétaire l’Avocat Bertolosone.

En reprénant la rue de Doire-grosse à droite , mê* me section, isle de saint-Dalmace, on trouve l’hôtel du Marquis de Cravansane , bel édifice, d’une distribution commode et agréable, élevé sur les dessins de Planteri.

L’hôtel du Comte Martini de Cigala , bâti par Juvarra , est sur la rue de la Consolata passé la place Susine , isle saint-Denis , même section du Moncenis.

Près de la Citadelle sur la place au-foin, est 1# palais Rombelli , possédé aujourd’hui par Monsieur Cossato, isle sainLMathieu ; cet édifice, qui a été occupé souvent par des Ambassadeurs , a été restauré par l’architecte Barra. -

Un superbe hôtel, est celui des Seigneurs de 1» Chiusa , situé dans l’isle de saint-Obertino , non loin des prisons du Sénat : édifice restauré par le Comte AIJieri.

L’hôtel du Comte Ciglié , situé sur la rue du Mont-de-Piété , isle saint-André , non loin de sainte- Marie-de-Place , est de l’architecte Planteri.

Plus loin sur la rue de saint-Dalmace est le nouvel hôtel bâti il y a peu d’années par le Comte de Yalesa, sur les dessins de liarberis ; cet hôtel offre des appartemens richement décorés*. , *

L’hôtel du Marquis de Giaglione , bâti par le Baron Vnlperga , dans l’isle de saint- JËufrasie , sur la rue du Sénat , est remarquable par le souvenir du Commandeur Modeste Genevosio qui y avait son logement avec un riche cabinet de tableaux, d'estampes, pierres gravées, camés, dessins originaux et autres objets rares et précieux.

L’hôtel du Marquis de saint-Geofge , isle de sainte-Géneviève , a été restauré par Bellino.

L’hôtel du Comte Grosso , situé comme les prés-, cédens dans la section du Moncenis , donne sur la rue de la ci-devant porte de Suse, isle saint-Anselme, et on y remarque des peintures de Gaétan Perego.

Dans la section de la Doire un ancien hôtel , qui rappelle des souvenirs historiques , est celui des héritiers Caraglio , situé dans l’isle de santa Croce : c’était autrefois la demeure des Marquis d’Este, personnages célèbres à la Cour des Ducs de Savoie , et dans ce palais a logé Torquat© Tasso étant venus à Turin, e;g 1578, et y a qo /n~

posé le dialogue intitulé le Forno délia Nobillà, dans lequel il a mis comme interlocuteur Augustin Bucci professeur de Philosophie à Carmagnole. Cet hôtel a été rebâti depuis par le Comte de Castellamonte.

Un autre hôtel , situé dans cette section et remarquable par de vieux souvenirs, est celui de S. E. le Marquis de Roddi , donnant sur la rue des, Orfèvres , isle de saint Simon , et sur les façades duquel on voit des fresques du célèbre Polidoro de Caravaggio. Ce palais a été bâti par le Comte de Castellamonte .

On peut mettre sur la même ligne l’hôtel du Marquis Novarina Spigno di san Sebastiano , situé dans l’isle de saint-Ignace sur la rue de la Basilica , et bâti par Planteri. Le Marquis de Spigno , propriétaire de ce palais, se fait distinguer par ses goûts pour la musique , et pour la botanique qu’il cultive avec beaucoup de succès dans un jardin dont nous allons parler .

On remarque deux hôtel, dans l’isle de saint- Second , l’un appartenant au Marquis de Cigliano et l’autre comme ayant été la demeure du Comte Villa Durando , personnage qui a contribué a répandre le goût des arts et de la bonne littérature en Piémont. Le premier de ces palais est de Planteri, l’autre, sis en rue de Doire-grosse , est de l’architecte Qallo.

Les plus beaux palais se trouvent dans les deux sections du Monviso et du Pô, qui appartiennent presqu 'entièrement à la nouvelle Ville.

Parmi les hôtels situés dans la section du Monviso

l'on «distingue celui du Marquis du Bourg , place saint-Charles , île de saint-Jean Évangéliste. L’intérieur de ce palais restauré par le Comte Alfieri , a été embelli ensuite par l’architecte Castelli. L’on y remarque la peintnre du plafond de la grande salle , qui est le chef d’oeuvre de Bernardin Galliari. Dans cet hôtel furent données, en 1771 , par l'Ambassadeur de France, les fêtes pour le mariage de la Princesse Joséphine de Savoie avec Monsieur, le Comte de Provence , aujourd’hui S. M. le Roi Louis XVIII.

Dans le même quartier, sur la rue de S.t-Cbarles, est l’hôtel de Prié , élévé sur les dessins 4e Boira, et que l’on aime à visiter à cause des objets d’art qu’il renferme. Les stucs, qui décorent l’intérieur des appartemens, sont de Bolina et de San Bartolommeo ; Les sculptures en bois sont de Bolgeri , celles en marbre sont de Ferrero , et quelques parties de la décoration ont été exécutées d’après les dessins de Marini: mais le plus intéressant à y voir est la galerie du Marquis de Cambian , propriétaire de la maison , qui a hérité du noble penchant que son frère avait pour les arts. Lé Marquis de Prié conservait dans son palais une bibliothèque précieuse qu’il se proposait de rendre, publique ; le Marquis de Cambian y possède une superbe collection de tableaux , qui excitent la curiosité des étrangers.

On y remarque une sainte famille que depuis long-tems on attribue au Baroche et qui a été gravée par Belmondo , artiste Piémontais j une autre

s-ainte famille que l’on attribue à Raphaël ; une Profession religieuse de Paul Veronese , tableau admirable et d’un prix inestimable ; Un beau Guide représentant une sainte Vierge ; une Vénus de grandeur naturelle , où l’on voit la Déesse mollement étendue et l’amour ,, qui , ayant voulu monter sur le cou de sa mère , s’est endormi sur elle d’une manière pleine de grâce r tableau que l’on dit du Titien , et que les connaisseurs attribuent au Pordenon; une Magdelaine de Rubens d’un coloris vigoureux et suave , et qui retrace la manière de ce grand maître ; un superbe tableau du Guerchinf qui représente saint-Jean dans le désert , et qui est vraiment remarquable par le grandiose du dessin et par la belle expression de la tête du saint Précurseur j peinture d’un effet surprenant ; l’cnleveroent d’Europe par Luca Giordano , d’une manière grande et large j une sai,nte Vierge de Sasso Ferrato , et un autre de Carlo Dolce ; une tête du Christ par le Pcrugin ; la guérison d’un possédé que l’on attribue à le Sueur; les pélérins d’Eminaus par le Prête Génois ; l’inhumation de saint- François d’Assise par le Massacio ; un théâtre anatomique dessiné par Lafite ; le portrait d’un prêtre par Sublejrras ; une sainte-famille de Schi-> don , un tableau représentant Lucrèce avec Tarquin qui pourrait bien être de Salviati de Florence ; un tableau d’animaux dans la manière de Paul Potier ; avec celà deux Peleruefs , un Rreughel de Vèlours un Salvator Rose etc. etc. , et des recueils de destin* de Guerchin , et de Palmieri , de cette heu-

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reuse hardiesse qui caractérisé les oeuvres du génie.

En revenant sur la place de saint-Charles , isle de saint-George , est l’hôtel de feu le Comte Pastoris où loge aujourd'hui le Comte de •Saluées l’auteur de l’histoire militaire du Piémont. Cet hôtel a été restauré par le Comte de Tarilian élève de Juvarra, et l’on y remarque des peintures de Gaétan Perego.

Du même coté de la place de saint-Charles , est l'hôtel Pertengo , bâti sur les dessins de Borra çt occupé aujourd'hui par l’Ambassadeur de France.*

Sur cette même place au sud , on remarque l’hôtel du Marquis 'Fana , où l’on peut voir des fresques de Galeotti et des peintures de Majerle : Palais qui est occupé par l’Ambassadeur de Naples.

Sur la rue de saint-Charles , à la droite de la place, est le bel hôtel du Comte Trucchi de Levaldiggi , bâti par le Comte de Castellamonte , en 1670} où l’on voit des tableaux du célèbre Gaudenzio Fer - 1 rari et l’on admire les sculptures en bois qui décorent la porte d’entrée, d’un dessin et d’un travail qui méritent d’être notés.

Plus loin, dans l’isle de sainte-Élisabeth, est l’hôtel de Perron, d’un superbe dessin de l’architecte Borra.

En face est l’hôtel Canelli de Barbaresco, dans l’isle de sainte-Thérèse , bâti par le Baron de Valperga et restauré par Barberis.

A’ coté de l’hôtel Canelli , est l’hôtel d’Arcourt bâti par Castelli.

En revenant sur la rue de saint-Charles, isle de

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sainte-Élisabeth, passé l’hôtel du Perron, est la maison bâtie par le Banquier Nigra sur le terrein des Capucines. Maison qui s’embellit des aspects qui la découvrent au midi , et de l’espèce d'observatoire que l’on voit s’élever au dessus des toits.

Presqu'en face est l’hôtel du Comte Masin, restauré par l’architecte Castelli , et dont la grande salle a été décorée par Galliari.

De l’autre côté de la rue est le ci-devant hôtel de saint-Thomas , appartenant aujourd’hui au marquis I.ascaris de Ventimille , l’un des Syndics de la ville de Turin. L’architecture de ce palais du Comte de Castellamonte , a été restauré par le Comte Dellala de Beinasco .

En descendant cette même rue jusque passé 1® place de saint-Charles , dans l’isle saint-Aimont , est l’hôtel Cavaglià, bâti sur les dessins du Comte Castellamonte et possédé aujourd’hui par le Marquis Doria del Maro. Dans cet hôtel ont été données, en 1781, les fêtes pour le mariage de Madame Caroline de Savoie avec un Prince de la Cour de Saxe.

Sur la rue de l’Arsénal , supérieure et parallèle à celle de saint-Charles, dans l’isle de sainte-Agnès, est l’hôtel de Cavour , élevé sus les dessins de Planteri ; et dans l’isle xde sainte-Euphème est l’hôtel de Cirié , bâti par le Comte Valperga Ga~ lasso , et le superbe hôtel de Rivalba bâti par le Comte Alfieri et restauré ensuite par d’autres architectes.

A’ l’extrémité de la rue de traverse qui borde

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l'hôtel de Rivalba , près des remparts et dans ï’isle de s. Agnès, est l’hôtel Parella restauré par le Comte Dellala de Beinasco , et dont la grande salie a été décorée par les frères Galliari.

En remontant dans cette même rue dans l’isle déjà citée de saint-Aimon, est le bel hôtel du Comte borgaro, bâti par Juyarra et décoré de balustres avec des statues en marbre. On y remarque des peintures de Crosati.

Sur la rue des Corroyeurs , parallèle à cette dernière , dans l’isle de sainte-Christine, est l’hôtel de Monasterolo , bâti par l’architecte Boris.

Plus haut et sur la place de Carignan, on s’arrête pour observer la maison du Commandeur Morelli qui sert de frontispice au Théâtre de Carignan. Cette maison, bâtie par Bnrray est peut être lapins belle de Turin. Dans les appartenons du propriétaire on voit environ quarante dessins de Palmieri d'un bon choix , et des carions de Borra que l’on regarde comme très-précieux.

Sur la rue de sainte-Thércse , en face de saint- Philippe , est l’hôtel de saint-Marsan , bâti par le capitaine Guroé et restauré par le Comte Alfieri. Le jardin pratiqué dans l’intérieur de cet hôtel, cultivé autrefois par le Docteur Belardi , renfermait un nombre de plantes exholiques très-rares.

Plus loin vers la Citadelle et dans l’isle de saint* Aventin, est l’hôtel Colegno bâti par le père Gitarmi , remarquable par le grandiose de son vestibule.

A’ l’extrémité de cette même rue à gauche, est l'hôtel Casektte dont l’architecture est du Comte

de Castallamonte. Maison que l’on ne peut voir sans se rappeler, que c’est dans ce lieu que devait se trover en 1640 l'appartement habité par le Comta de Praslm Ambassadeur de France , où fut enlevé dans la nuit du 3q décembre par l’adresse du Prélat Mazarin et par ordre du Cardinal , Duc de Riche-, lieu , le Comte Dom Philippe d’Aglié pour être conduit à la Citadelle et de là transféré au château de Vincennes en France , comme ayant conseillé à la Duchesse Christine , à Grénoble, de ne point remettre le jeune Duc aux Français.

En remontant la même rue vers l’Eglise de sainte- Thérèse, est l’hôtel Casalgrasso, dont la porte d’entrée est surmontée d’un balcon soutenu par des colonnes.

Un autre hôtel dans le même quartier, qui retrace des souvenirs historiques* est celui d’Ormea situé sur la rue qui conduit à l’Arsénal. L’architecture en est du Comte d e Castellamonte et l’on y remarque de belles peintures A'Olivieri : mais on se rappèle, en le parcourant, que dans cette maison logeait le vieux Marquis d’Ormea , l’un des Ministres les plus estimés de la Cour de Sardaigne ; et que l’on y arrêta, en 1703, le Ministre de France Comte Phelippeau, ensuite des mauvais procédés de Louis XIV envers les Troupes Piémontaises campées sur le Mincio.

Nous faisons en outre mention de l’hôtel d’Harache , situé dans cette mêmej section , à cause des objets d’art conservés par le Comte d’Harache qui en est le propriétaire. Dans le nombre de ces

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objets sont un Albert Durer représentant un savant qui lit j un paysage de Smibaldo Scorza j les trois parques del cosï detlo Capucino. Des tableaux que l’on attribue au Titien, au Carache et au Piola Génois et un bel Oudrj, représentant des animaux , avec quelques dessins de Palmieri.

11 nous reste à parler des hôtels situés dans la section du Pô, dont le principal peut bien être celui qui appartient au Prince de la Cisteme , isle de l’Assomption sur la rue de saint-Philippe. Le frontispice, qui décore ce palais, est du Comte Dellala de Beinasco. Les stucs sont de Bolina et les sculptures de Terrero. Dans les appartenons on voit des tableaux du Poussin, vraiment admirables par tous les traits qui caractérisent ce grand peintre ; et l’on y conserve les portraits des personnes de la famille Dalpozzo, exécutés par Perin artiste Français.

Sur la même rue de saint-Philippe , isle de l’Angegardien , est l’hôtel Carpenetto qui a été restauré par l’architecte Bonvicino. (

Sur la place Carline , en face , dans l’isle de iaint-Melchior, est l’hôtel de Guarene 'bâti sur les dessins d’un Comte de la famille Guarene avec un beau frontispice de Juvarra. L’on y remarque des peintures de Galeotti.

L’hôtel du Marquis Thaon de Revel de saint* André, se trouve sur la rue parallèle à celle de saint-Philippe de Neri, vers le sud -, le dessin de ce palais est de l’architecte Bovis , et son ensemble est somptueux. Dans ce palais on remarque un

bel original de Léonard de Vinci , et d’autres peintures très-rares.

Sur la rue des Ambassadeurs , qui est en face , l’hôtel qui fait le coin appartenait à feu le Comte de Tavilian , bâti par lui même ayant étudié à l’école de Juvarra. L’on y remarque des fresques de Galliari. C’est dans cet hôtel qu’a logé l’Empereur Joseph II, lors de son séjour à Turin , en 1769.

Peu loin de l’hôtel de Revel est l’hôtel Moroz^o appartenant aujourd’hui au Comte d’Agliano , bâti par Garoà mais achevé par le Comte Alfieri. On y voit des peintures de Guillaume Levra, de Beiti de Florence et de Rapous. Les décorations de l’ameublement sont de Marini et les sculptures sont de Berner o et de Ferrero.

L’hôtel du Comte de la Trinité, situé dans l’isle de saint-Sébastien, est digne d’être observé par son ordonnance extérieure , qui serait très-belle si elle était achevée. Le dessin en es.t du Comte Burgaro .

Un joli hôtel est celui du Marquis Satirana de Jîreme, sur la rue du Théâtre d’Angennes isle saint- Sauveur. Le dessin en est de Castelli . et l’on y remarque des stucs de Bolina et de San Bartolommeo j il appartient à présent au Marquis Taparelli d’Azeglio.

Sur la rue Bogin on trouve l’hôtel de feu le Comte Bogin , aujourd’hui de S. E. le Comte Balbe l’héritier de la fortune et de la sagesse de ce grand Ministre. Le buste du Comte Bogin est sur le premier palier de l’escalier. Dans cet hôtel a logé l'Envoyé de la Cour de Bavière.

Sur la même rué , jjàs bien loin , est l’hôtel dé Graneri que les uns attribuent au Baroncelli , et ‘les autres plus sagement à un Comte Graneri qui était Ministre à Rome. Ce palais, tout en pierre^ est d’un aspect imposant et a l’avantage de se trouver en face de la rue des Finances.

Sur cette derrière tué l’on remarque l’hôtel de Salmatoris bâti par le Comte de Castellarhonte et restauré par le Comte de Robilant , et l’hôtel Nomis de Pollone de ce même Comte de Castellamonte , restauré par l’architecte Rocca.

En face de l’hôtel de la monnaie l’on remarqué l’hôtel du Chevalier Ferdinand Dalpozzo, qui fut Restauré en 1731 par l’architecte Juvarra , et dont l’intérieur de la cour , le vestibule et l’escalier sont "dignes d’être notés par le sévère et le grandiose de leur architecture. L’observateur doit faire attention & la gradation de lumière que l’architecte a voulu ménager en réglant la hauteur des quatre partie» de l’édilice. *

Les corps de maison que le chevalier Dalpozzè fait rebâtir dans ce moment, sur le derrière dans un emplacement très-vaste, ajoutent à la magnificence de ce palais.

Pour ne rien oublier de ce qui peut avoir trait "nui objets d’Art, nous citons ehcOre la maison de M. Modeste Gautier , sise rue dii Théâtre d’Angennés , où l’oh peut Voir une collection de beaux dessins de Palmieri et de bustes dê Collini , qui forrrtoient le cabinet de feu M. Collé , jouailler de la Couronne. Comme nous citerons le cabinet die

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M. Spalla, sculpteur , dont on connaît les travaux k la Cour de Bavière j celui de M. Revelli , peintre , qui possède la Belle collection des modèles de Lorif dotiio , et qui est l’auteur d'une sainte-Famille que le Pape a bien voulu porter à Rome : et enfin le cabinet de madame Giordano , née Clerc « artiste d’un talent respectable pour la peinture , ayant travaillé à Rome et à l’école de madame Demaron , là soeur du célèbre Mengz. Le cabinet de M. Spalla est près des écuries du Roi j celui de M. Revelli , est au Couvent de saint-François de Paule ; cèlui de Madame Giordano est non loin dq ses appartenons , maison Avena, derrière l’hôtel de la Cisterne. Les chambres de madame Giordano sont toutes décorées de ses tableaux, qui font l’admiration des Connaisseurs.

Parmi les artistes décorateurs on distingue M. Dugud, qui a ses ateliers à côté du Théâtre d’Angennes ; et parmi les sculpteurs en bois on donne le premier rang à M. Bonzanigo , dont les ateliers «ont attenant au Couvent de saint-Philippe de Neri. Vient ensuite M. Tanadei , connu par ses travaux en ivoire , dont l’atelier est en face du Manège de l’Académie militaire. Pour le dessin à la gouache on cite M. Reviglio , qui demeure dans la maison du Prince de la Cisterne , et pour la peinture de décoration on voit employer avec succès le sieur Morgari, qui travaille maintenant au palais du Roi.

Parmi les artistes qui peignent le portrait en miniature nous citerons messieurs Vacca * et Pe~ eheux fils , dont les ouvrages sont d’autant plus

considérés que 1* amour de l’Art est héréditaire dans leurs familles; et après ces diverses citations il nous est agréable de noter, que le goût de la peinture a aussi fait des amateurs parmi les personnes les plus distinguées (a), telles que le Chevalier Benevell* , intelligent dans le clair obscur et bon coloriste ; l’Abbé Ponte , graveur au burin d’une force remarquable ; ensuite Madame Borghese , femme de beaucoup d’esprit , d’un talent supérieur pour la peinture et qui a appris l’art à Madame la Comtesse Masin sa fille ; M. Degubernatis, qui peint le passage d’un ton de vérité et de fraîcheur admirable, et enfin le Comte Chiavarina et le Chevalier Meana, cités avec honneur, l’un pour l’histoire et l’autre pour le paysage . Comme nous nous faisons un devoir de rappeller qu’il est des particuliers riches, qui croyent faire un bon usage de leur fortune en achetant des tableaux'; parmi lesquels nous citerons M. Lavaria , qui se montre empressé d’augmenter la collection qu’il a dans son logement près de saint-Augustin , déjà assez remarquable par des tableaux Italiens d’un quelque ehoix , et par des ouvrages Flamands des célèbres Teniers , Peternefs , Vanderdoes , Martin del Vos , Dreschler etc.

Outre les amateurs de tableaux, dont nous avons parlé , la ville de Turin a aussi des amateurs d’estampes, parmi lesquels on cite le Marquis de Prié, les héritiers Bignon, l’Avocat Yernazza, et surtout le Comte Castcllani Tettoni dont la collection est vraiment intéressante.

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, Mais , ce qui prouve que dans Turin les arts •nt fait quelques progrès , c’est que la recherche des objets d’antiquité n’y manque pas non plus d'adeptes , qui ont pris soin de former des collections précieuses d’antiques, de médailles , de camés et de pierres gravées . Parmi ces collections on distingue celle de l’Abbé Pullini , et celles de l’Abbé Incisa et du Théologien Cagna. La collection de l’Abbé Pullini , que la mort a enlevé aux sciences et aux arts , appartient aujourd’hui à S. E. le Comte Pullini de saint-Antonino , le Premier Président de la Chambre des Comptes , et c’est un monument du savoir , du goût et du zèle de son estimable auteur. La collection de l’Abbé Incisa est riche en médailles Grecques et Romaines , soit en bronze, soit en argent ; elles sont au-delà de trois mille. Collection précieuse et qui acquiert du prix de» qualités qui distinguent son illustre possesseur.

11 nous reste à parler de la collection du Théolog ien Cagna , qui est la plus variée. Elle se compose i.° D’environ quatremille médailles Romaines, qui se partagent en médailles Consulaires et Impériales, depuis César jusqu’à Eraclius. 2.0 D’une Dattiliothèque assez nombreuse de pierres gravées , et de camés antiques. 3.° De plusieurs statues , vases et ustensiles des Romains. 4-° D’une B ibliothèque de manuscrits rares et intéressans , et d’éditions premières du r5.e siècle. 5.° D’une Pinacothèque de tableaux originaux, parmi lesquels on remarque une superbe collection de Bouchers , représentant des sujets variés. Le Théologien Cagna, ci-devant Conservateur, de la Bib.Uothè,que de l’hôtel

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de Ville , a son logement au palais Cravenzana f rue de Doire-grosse près de S. t-Dalmace.

Pour rendre plus faciles aux voyageurs, les incursions qu’ils sont dans le cas d’avoir à faire pour examiner les objets d'Art , nous prenons soin de leur indiquer .le principe, d’après lequel on a étiquetté les divers quartiers de Turin , et l’on a procédé au numérotage des maisons.

Les quatre Sections de Turin , comme Ton voit , prennent leur nom des quatre objets principaux qui les dominent , et l’on peut en voir la démarcation sur la planche n. X , qui représente l’état actuel de la Ville ; le nom des quatre Sections sert aussi ponr désigner les quatre barrières. Chaque coin de quartier porte dans son cartel , les noms de la rue de l’isle et de la section. Dans le numérotage des maisons , ou des portes d’entrée , on a pris pour hase la chûte des eaux, en plaçant le numéro 1 a l’endroit le plus élevé de chaque rue , avec cette règle , que les numéros pairs sont à droite et les impairs à gauche en descendant.

On compte à Turin 4^5 réverbères , qui servent pour l’éclairage des rues, des places , du pont et des faubourgs : ces réverbères » d’une construction avantageuse , sont allumés toutes les nuits. Leur établissement date du commencement du dernier siècle: mais , comm’ils avaient été abandonnés par les suites des guerres , le Roi Victor-Amédée III les a faits rétablir en 178a.

C’est- de cette époque que date l’impàt sur le foin que l’on paye à l’enftrée de la Ville, et dont la recette fournit à la dépense de l'éclairage.

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