‹ Turin et ses curiositésChapitre 35 sur 55 · CONDITION · texte numérisé non relu

CONDITION

DROIT j perçu.

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La récolté 4e la soie en Piémont, dans les années prospères , peut être portée à sept-millecinq-cent ballots en poids chacun de aoo livres de Piémont , ce qui fait quinze-cent-mille livres de soie. Trois-cent-mille livres de soie peuvent se consommer, dans le pays , le reste passe dans l'étranger. D’après ces calculs et d’après le cours du prix de la soie , on peut évaluer à combien doit se monter le total de l'exportation des soies. En y ajoutant douze-mi lions en sus , pour les autres objets dont nous avons parlé, on aura le total de l’exportation du Piémont.

r Les k>ix de ce pays ont toujours favorisé l’établissement des moulins à soie j d’un coté en les affranchissant de tout impôt , de l’autre , en laissant entrer les soies greges pour y être converties on trames et en organsins. Beaucoup d’étrangers envoyoient leurs soies en Piémont pour y être joeuvrées , et ces soies étoient réexpédiées ensuite , payant le droit modique d’un sou par livre de leur valeur , de manière que chaque livre de poids laissait pour le moins dans le pays la somme de trois francs pour la main d’oeuvre.

Pour prévenir toute espèce de fraude , ces soie* entraient par acquit à caution d’un Bureau frontière dans la Douane de Turin , où elles étoient pésées et visitées par un expert qui prenait un échevaut dans chaque ballot, i Après l’oeuvraison elles étoient reportées à la Douane et renvoyées aux propriétaires étrangers , lors que l’expert avait reconnu l’identité de la soie.

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La manufacture des étoffes en soie de Turin, qui n’a jamais pu égaler celles de France et d’Angleterre, n’est pas encore au point de splendeur où elle se trouvait avant la guerre. Il est des fabricans , tels que les sieurs Brachetti frères , Caresana et Delessaut, qui commencent, à exporter des damas et des gros de Tours; ces étoffes vont dans le nord de l’Allemagne et les commissions augmentent tous les jours. Une branche qui a pris un essor remarquable est celle des rubans. Les fabricans rubaniers de Turin soutiennent par leurs produits la «oncurrence des manufactures de Lyon et de saint- Etienne , et font des envois en Italie où l’on ne recherche presque plus les rubans de France. Parmi ces fabriques on distingue celles de Rossi frères , Calandra et Bonnet , Raspo etc.

Les progrès qu’a fait à Turin l’art de la rubanerie, sont dus au génie entreprénant de M. Rossi; mais on les doit aussi en partie au perfectionnement qui s’est opéré dans l’art du teinturier. Le sieur Maïna fils , qui a travaillé à Lyon et à Paris , a établi au faubourg de la Doire , maison Cossato , des atéliers de teinture qui peuvent mériter d’être visités. Cet artiste formé à cette école de teinture qui a été éclairée, dans les derniers tems, par la chimie, a réussi à donner à la soie et au coton des nuances d’une beauté ■et d’un éclat remarquable. Il fait usage de beaucoup de nouvelles compositions , et on y voit , «ntr’autres , le prussiate de fer employé sur la soie " et même sur le coton, à l’aide d’un mordant ap-

proprié , produire un bleu qui surpasse en beauté celui de l’indigo.

On ne , manque pas en Piémont de matières pour la teinture : on y cultive la garance , et depuis des siècles on y fait des récoltés abondantes de pastel. Le Roi Victor-Amédée 111. avait pris soin d’encourager l’emploi du pastel dans la teinture , et lorsque le Gouvernement français eut porté son attention sur cet objet , l’on vit une école s’établir à Turin pour l’extraction de la fécule de V isatis , de manière à égaler celle de Vindigofera , et le chimiste Giobert se distinguer parmi les premiers savans de l'Europe , par la publication du meilleur ouvrage qui ait paru sur cette matière. *

Dans le nombre des objets sortant des manufa- ^ ctures de Turin, un article qui est estimé est celui des liqueurs ; et parmi les fabriqnes de liqueurs on distingue celle d Armandi et Compagnie , dont l’établissemet est au commencement de la rue d’Italie, entre l’hôtel de Ville et la nouvelle Tour. D’intelligence particidière de ce fabricant ; le soin jqu’il prend de n’employer que des matières de première qualité, ont donné à ses liqueurs une perfection qui les fait approcher de celles des Isles.

La maison Armandi lait des envois considérables dans l’étranger.

Les tanneries près de Turin n’ont pas moins profité des progrès que les sciences ont faits dans le pays. Dans le faubourg de la Doire il est des Tanneurs .habiles qui traiiquent avec l’étranger soit

pour se procurer des peaux de bêtes sauvage» d’Amérique , dont le commerce se fait à Buenos Aires f soit pour l’exportation d’articles manufacturés , surtout pour ce qui regarde les gros cuirs* Dans le même faubourg , on remarque une belle manufacture de toiles cirées et imperméables.

Une grande manufacture aux environs de Turin, est celle du Parc , Ir. IIegio Pabco. C’est à la fois une fabrique de tabac et une papeterie. Elle se trouve à la distance d’un mille de Turin , sur une belle avenue et près des confluens de la Sture et de la Doire dans le Pô. Autrefois c’était un lieu de délices que le Duc Charles Emmanuel I. avait bâti sur un dessin somptueux , et dont les alentours avoient donné au Tasse l’idée des jardins d’Armide. T)n voyait encore sur les bords du Pô quelques ruines de ce vieux château, et ces restes d’une belle architecture, vus d’entre les groupes de peupliers qui s’élèvent sur le côté'opposé de la rivière, ayoient quelque chose de pittoresque qu’on ne saurait rendre ; le matin , au soleil lévant , on aurait crû voir en ces lieux les nimphes pleurant la mort de Phaeton. On trouve dans le livre du Père Au* diberli , la description de l’ancien château du Parc, que cet auteur appelle Regium vivarium.

Les bâtimens qui sont destinés aujourd'hui à la manufacture du tabac et du papier, ont été élévés en 1768 sur les dessins de Ferroggio , et la fabrique du tabac a un autre établissement à Turin, situé en rue de Pô , où cette feuille reçoit les dernières manipula lions. Dans les environs du Parc on fait

•de grandes cultures de Nicoliane , qui est dans le Piémont un objet exclusif de gabelle.

Après la manufacture du Parc , les plus belles papeteries sont à Caselle , à cinq milles de Turin; elles s’y trouvaient déjà au iô.e siècle , et c’est là qu’ont paru les belles éditions de Fabrj ÏÀngonense , que l’on recherche comme des prémices de l’Art.

Parmi les autres manufactures on cite i.° Les fabriques d ' Arduino , Montegrandi , Depaoli et Laclaire pour les draps. Branche industrielle qui serait florissante, si l’éducation des mérinos avaitreçu ces encouragemens que pouvait suggérer le zèle du Ministre , qui , le premier les avait introduits en Piémont. C’est feu le Comte Graneri qui à son retour d’Espagne réveilla l’attention du Gouvernement sur cette source de richesses. On vit par la suite les fondateurs de la Société Pastorale, et les membres de la Société d’Ariculture, s’occuper de cet objet qui peut devenir très-important pour le pays.

a.0 La Verrerie Saroldi et Compagnie , située à l’extrémité de lu rue de Pô à gauche , où l’on travaille toute sorte de verres et de cristaux.

3.° La fabrique de papiers peints et de couleurs de Mabboux , dont l'entrepôt est suf la rue du Pô près de l’Hôspice de la Charité.

4-° La fabrique de faïence de Rossetti , sur l’avejiue de la Vigne de la Reine , où plus loin on voit un établissement de blanchissage Bertkoléen dtabli par Gatti le fils.

5* La fabrique de porcelaine de yinovo de,

l’ancienne Compagnie Gioanetti , etc. dont l’entrepôt est au palais de l’Académie. Dans cette fabrique on conserve les modèles du célébré Tamietti , artiste qui a vécu dans le dernier siècle

6.Q Les deux fabriques de voitures , l’une de Rossi Louis , l’autre de Démonté ; branche d’industrie qui jouit de beaucoup de réputation non seulement a cause de la solidité du charronage , que par la bonté du fer et des cuirs, et par l’élégance de tout, ce qui concerne la carosserie.

Parmi les fabricans éclairés on cite Bruno , pour la tapisserie de haute lisse , au palais de l’Université.

Zest , Fournier e t Lana, pour les instrumens de Fhisique, et d’arpentage.

Price Henri , pour les ouvrages en acier.

Galvngno , pour les grands appareils de distillation.

Bonanis et Borcan , et Norza , pour la fabrique des Poêles.

Lé té Pillem.ent , pour les instrumens de musique.

Chianale pour les boulons.

Sclopis , pour la fabrique d’acides minéraux.

Caltarelli , pour la préparation des couleurs.

Rejcend, pour la Cire d’Espagne.

Musy , Pasta et Pavie , pour l’horlogerie.

Balbino , et Borani , pour l’orfèvrerie.

Gilardi , pour la jouaillerie et la bijouterie.

Rarberis , Pane et Fat ale , pour l’Imprimerie.

Giovine , pour la relieure des livres.

Pela et Amati , pour la gravure sur cuivre.

Festa , pour la gravure de la musique j artiste qui a le mérite d’avoir introduit en Piémont les procédés de l’Imprimerie Litographique , dont on

voit un établissement au Ministère de la Police Générale.

Qu’il nous soit permis de citer après ces établissemens, la tuilerie bâtie par M. Blot à Moncalier, où l’on fabrique toute sorte de briques avec épargne de combustible , soit par l’usage que l’on y fait de la tourbe , soit par l’économie qui résulte de la construction des fours. Cette manufacture peut devenir intéressante , si M. Blot réussit à mettre en circulation beaucoup de ses brique» dont la qualité est excellente.

Nous croyons aussi devoir noter, avant de finir ce chapitre, que la ville de Turin offre toutes les commodités pour les bains publics , soit à vapeurs, soit d’eaux minérales. Les principaux de ces établissemens sont rue sainte-Thérèse, prè» de la Citadelle, rue de Doire-grosse , près de saint- DaTmace , près de la rue de Pù et près de l'Église de la Consolata.

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