A TOI FRANÇOIS
QUI CS ROI DU ROYAUME DE FIIAUCeI
La lettre que vous avez adressée à ma cour, asile des rois , par Frankipan, homme digne de voire confiance, certaines communications verbales que vous lui avez recommandée^ m'ont appris que l'ennemi domiue dans votre royaume, que vous êtes maintenant prisonnier, et que vous demandez secours et appui de ce côté-ci pour obtenir votre délivrance : tout ce que vous avez dit a été exposé au pied de mon trône, refuge du monde ; les détails explicatifs en ont été parfaitement compris , et ma science auguste les embrasse dans tout leur ensemble. En ces temps-ci, que des empereurs soient défaits et prisonniers , il n'y a rien qui doive surprendre. Que votre cœur se réconforte ! que voire âme ne se laisse point abattre! Dans de telles circonstances, nos glorieux prédécesseurs et nos grands ancêtres (que Dieu illumine leur dernière demeure ! j ne se sont jamais refusés d'enlrer en campagne pour combattre l'ennemi et faire des couquêtes ; et moi-même aussi , marchant sur leurs traces, j'ai soumis, dans toutes les saisons, des provinces et des forteresses puù-
Pendant ces négociations infructueuses , Hobordansky , premier amiantes et de difficile abord ; je ne dors ni nuit ni jour, et mon épée ne quitte pas me» flancs. Que la justice divine (dont le nom soit béni!) nous rende l'exécution du bien facile ! Que ses vues et sa volonté apparaissent au grand jour, à quoi qu'elles s'attachent !
Au surplus, interrogez votre envoyé sur l'état des affaires et sur les événements quels qu'ils soient ; restez convaincu de ce qu'il vous dira , et sachez bien qu'il en est ainsi.
Écrit dans la premiéie aécade de la lune de rebi* second , l'an neuf cent trente-deax (de l'hégire) [vers la mi-février i5a6 de /. C).
De la résidence impériale de Constant!nopte la bien gardée et la bien munie.