SULTAN- MUHAMMED- KHAN III, FILS DE SOLTAN-MDRADKHAN III
Après la mort de Murad III, Safiïè- Sultane , mère de Muhammed , envoya secrètement à son fils , alors à Magnésie, le bostandji-bachi , pour l'instruire de la circonstance qui l'appelait au trône. Douze jours plus tard, le 17 djémaziul-oula 1003 (28 janvier 1595) , Sultan - Muhammed arrivait à Constantinople. A l'instant de son débarquement près du Kiosque de Baïezid, le canon du sérail et les crieurs publics annoncèrent l'avénement du nouveau souverain. La Sultane Valide avait si bien caché la mort de Murad que les vézirs même l'ignoraient. Dès que la cérémonie du baise-main fut terminée, les obsèques du Sultan défunt eurent lieu, et son corps fut déposé dans le mausolée de Sèlim II.
Des nombreux enfants de Sultan- Murad , il restait encore vingt - sept filles et vingt garçons. Suivant la politique barbare adoptée par ses prédécesseurs , Sultan - Muhammed fit étrangler ses dix -neuf frères, dont les cercueils furent portés en grande pompe auprès de celui de leur père.
Au bout de trois jours, les troupes reçurent , pour le présent d'usage , cent trente-six bourses; mais cette somme ne suffit pas à calmer l'insubordination de l'armée , et il fallut se résigner à d'énormes sacrifices pour obtenir un peu de tranquillité. Une semaine après, Sultan-Muhammed se rendit à la mosquée, où il assista à la prière publique, cérémonie entièrement négligée aans les deux dernières années du règne de Murad, que la crainte d'être insulté par les soldats retenait au fond du sérail. Sultan-Muhammed fit ensuite notifier son avènement aux rois de France, d'Angleterre, de Pologne, au
châh de Perse Abbas, à Abdullali- Khan, souverain de Samarkand et de Bokhara; aux princes de Géorgie, aux seigneurs de la Colchide et de la Mingrelie, et aux quarante gouverneurs des provinces de l'empire. Le grand vézir Sinan fut éloigné des affaires, et remplacé par Ferhad-Pacha ; mais par les intrigues du premier, son rival, en butte aux insultes des troupes, fut destitué peu de temps après sa nomination, enfermé dans le château des Sept-Tours, et enfin mis à mort. Sinan -Pacha, ayant repris le sceau impérial, partit de Constântinople le 11 zilhidjè 1003 (19 août 1595). Il rencontra l'armée de Michel, prince de Valachie , qui refoula les Ottomans dans un fond marécageux (batak), où ils éprouvèrent de grandes pertes :
Sinan lui-même faillit y périr, et ne dut la vie qu'au dévouement d'un soldat nomme Haçan, (jui porta depuis le surnom de Batakdji. Sans se laisser décourager, le grand vézir marcha vers Bucharest, dont il s'empara et qu'il fit entourer d'un rempart de bois (palanka), de même que la ville de Tergovischt.
Le 12 safer 1004 (5 octobre 1596), Michel assiégea cette dernière place, qui ne put tenir plus de trois jours : la garnison fut empalée, et Ali-Pacha et Kodji-Beï, qui la commandaient, furent brûlés à petit feu. Sinan-Pacha, retiré à Bucharest, l'abandonna au bout de quatorze jours , et effectua sa retraite avec un désordre qui en fit une véritable déroute. Le passage du Danube fut surtout funeste aux Ottomans : l'artillerie valaque ayant détruit le pont, leur coupa ainsi le chemin; et ils se laissèrent tailler en pièces. L'élite des Ekindjis périt dans cette journée. A la suite dé sa victoire , le
firincc Michel prit Djurdjevo(G^rgrett;), a livra aux flammes, et massacra la garnison.
La place de Gran était assiégée depuis un mois par le prince Mansfeld, général des Impériaux. Muhammed- Pacha, fils de Sinan, sortit de Bude, et vint attaquer les assiégeants ; mais il fut battu , et laissa ses drapeaux, ses
tentes, ses bagages et son artillerie au pouvoir des vainqueurs. Kara-Ali- Beï, gouverneur de la citadelle de Gran, dans une entrevue qu'il avait fait demander aux généraux hongrois Nadasdy et Palfy, tenta de décider ces braves chefs à lever le siège; mais il ne put y parvenir et fut lui-même obligé de capituler : Wissegrad, Babocsa et Klis éprouvèrent bientôt le même sort; de leur côté, les Osmanlis reprirent cette dernière place, se rendirent maîtres de Petrinia et brûlèrent le château de Waitzen. Mais bientôt les revers des armes ottomanes devinrent si multipliés que le Sultan entendit, du fond de son harem, les cris d'une population indignée. Bucharest et douze autres villes avaient été successivement prises par les chrétiens.
Dans cette calamité, le Grand Seigneur ordonna des prières publiques pendant trois jours, pour appeler sur le peuple de Mahomet la protection d'Allah. Une semaine plus tard, un tremblement de terre qui renversa plusieurs villages de l'Asie Mineure et se lit sentir à Constantinople, vint ajouter aux malheurs causés par la guerre.
Sinan-Pacha, qui s'était laissé battre en Valachie, fut obligé de résigner
Jour la quatrième fois sa charge, et e retourner à Malgara, où il avait été déjà exilé. Mais son successeur Lala- Muhammed - Pacha étant mort trois jours après avoir reçu le sceau de l'empire, le Sultan regarda ce trépas si prompt comme un avertissement du ciel de rendre à Sinan le grand vézirat; et ce ministre plus qu'octogénaire reprit pour la cinquième fois les rênes du gouvernement. A peine Sinan fut-il réintégré dans ses fonctions qu'il décida le Sultan à se mettre à la tête de l'armée, à l'exemple de Suleïman et des prédécesseurs de ce grand monarque. Pendant l'hiver de 1595 à 1596, toutes les mesures furent prises pour que le Sultan ouvrît lui-même avec éclat la campagne; mais au moment où elle allait commencer, Sinan-Pacha mourut subitement. Ce ministre, d'un caractère dur et avide , laissa d'immenses richesses , qu'il avait amassées pen-
dant ses campagnes en Hongrie, eu Valachie , en Géorgie et dans I Yémen.
Le 24 chewwal 1004 (21 juin 1596), Sultan - Muhammed partit de Constantinople, et le 28 muharrem 1005 ( 21 septembre) il campa devant Erlau, dont l'attaque avait été résolue dans un conseil de guerre. Après que le Sultan eut, suivant le précepte du Coran, sommé la garnison d'embrasser l'islamisme et de rendre la place, le siège commença ; au bout de sept jours la ville capitula; la citadelle ne tarda pas à imiter cet exemple. Peu de temps après cette importante conquête , Dja'fer-Pacha rencontra dans la plaine de Keresztes , l'armée chrétienne , commandée par l'archiduc Maximilien et le prince Sigismond de Transylvanie :
arrivés trop tard pour sauver Erlau, ils voulurent du moins se venger, par une victoire , de la perte de cette ville. Trois combats rapprochés eurent lieu; et, dans le dernier, les Ottomans, malgré leur résistance opiniâtre, furent repoussés et perdirent un millier d'hommes et quarante canons. Cet échec redoubla le désir que manifestait depuis longtemps Suitan-Muhammed de retourner à Constantinople : dans le conseil tenu à cette occasion , il fut décidé, d'après l'avis du khodja Se'adud-din , que la présence du padichâh était nécessaire pour soutenir le couragedes troupes. Le 5 rebi'ul-ew wel (26 octobre), les Allemands et les Hongrois attaquèrent le corps d'armée où se trouvait le Sultan, qui se retira dans la tente d'Younis-Beï, chef des Muteferrikas, placée derrière les bagages. La bataille était déjà perdue pour les Ottomans, leur artillerie était au pouvoir de l'ennemi, les tentes du Sultan étaient au pillage, et les çens de sa maison n'opposaient à l'avidité des vainqueurs qu'une résistance inutile, lorsqu'une charge faite à propos par le vézir Djighaia , qui était poste en embuscade , mit le désordre parmi les chrétiens et leur arracha la victoire : cinquante mille hommes périrent sous le sabre des musulmans ou dans les marais. Djighaia , à qui l'on devait le succès de cette journée, fut nommé
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grand vézir en remplacement d'Ibrahim-Pacha. Mais, lorsque le Grand Seigneur revint à Constantinople, il rendit le sceau de l'empire à Ibrahim , d'après la volonté de la Sultane-Validè, et ex i la Dj igh a I a à A k- Chèh i r . Ce m i n i s tre n'avait signalé son passage au pouvoir que par des mesures intempestives ou dangereuses.
La rentrée du Sultan dans sa capitale eut lieu avec la plus grande pompe. Sa mère , accompagnée des autres sultanes , alla l'attendre dans le palais du faubourg de Daoud-Pacha. Les vézrrs et les oulémas, conduits par le knïm-mèknm et le mufti, vinrent audevant de lui et le complimentèrent.
Les rues que parcourut Sa Hautesse, étaient tendues de riches tapisseries :
l'ambassadeur persan, Zoulfekar, avait même fait couvrir d'étoffes précieuses le chemin que devait suivre le Sultan.
Des nuages d'encens fumaient sur son passage, et des cris d'enthousiasme éclataient à sa vue. Le plus grand poète lyrique des Ottomans, Baki, lui présenta une k aride, composée pour la circonstance. Les réjouissances publiques durèrent sept jours. Le roi de Fez et la république de Venise firent offrir au Sultan, par leurs envoyés, des présents et des félicitations. L ambassadeur de France proposa à Muhammed de s'unir à lui pour secourir les Maures contre l'Espagne; enfin le chéri f de la Mecque envoya en présent à Sa Hautesse les étoffes qui avaient servi à couvrir le tombeau du Prophète et la Kaaba : l'arrivée à Constantinople de ces reliques, si précieuses aux yeux des musulmans , excita parmi le peuple une joie pieuse qui fut portée jusqu'au délire : cette offrande , qui antérieurement se faisait à chaque nouveau khalife et se fit plus tard aux princes seldioukides, n'avait point été renouvelée depuis l'extinction de leurs dynasties.
Pendant sen désastreux ministère, Djighala avait déposé Ghazi-Gheraï , khan de Crimée, et revêtu de celte dignité son frère Feth-Gheraï : cette nomination avait allumé la guerre civile dans cette rentré. Ibrahim-Pacha,
voulant y rétablir la tranquillité , envoya le chef des Mutèferrikas avec deux khatti-chèrifs , l'un en faveur de Feth-Gheraï et l'autre pour son frère.
Les instructions de l'envové d'Ibrahim portaient de délivrer le diplôme d'investiture à celui des deux concurrents que désignerait la voix publique. Les partisans de Ghazi-Gheraï étant les plus nombreux, il reprit la souveraineté, et lit massacrer son frère et toute sa famille, sans épargner même les enfants au berceau.
En 1005 (1597), le commandement de l'armée d'expédition contre la Hongrie fut donné au vézir Satourdii-Muhammed. Ce ministre resta plus de trois mois dans l'inaction , et ce ne fut que lorsque les villes de Papa, de Slatinaen Esclavonieet de Dotis eurent été prises parles Impériaux', qu'il se décida a faire usage des forces qu'il commandait : il reprit alors Dotis et attaqua Waitzen ; mais il fut obligé d'abandonner cette dernière place après un assaut qui dura trois jours, et dans lequel il perdit trois mille hommes. Il s'empara ensuite de Czanad, d'Arad, de Nagy et de Lak , et entra dans ses quartiers d'hiver. Le peu de succès de cette campagne fut attribué par Satourdji à l'absence du khan des Tatares, gui , malgré les instances du vézir, s'était dispensé de se joindre à l'armée ottomane. Le Sultan destitua le grand vézir Ibrahim, qui avait remis Ghazi- Gheraï sur le trône, et nomma au premier emploi de l'empire Haçan-Pacha : ce choix lui fut dicté par la Sultane-Validè, que ce ministre avait gagnée au moyen de sommes énormes.
Mais cinq mois après, une disgrâce complète fut le fruit de la maladresse avec laquelle il mêlait le nom de sa protectrice aux concussions et aux désordres de son administration : il fut conduit au château des Sept-Tours, et ne tarda pas d'être étranglé (14 avril 1 598 ) . Djerrah - Muhammed - Pacha , second vézir, passa alors au premier rang.
En mars 1598, les Hongrois et les Allemands , sous les ordres de Schwarzenberg et de Palfy, s'emparèrent par
ruse de la place de Raab : des hussards, qui parlaient le turc, ayant lié conversation avec les janissaires de garde à la porte de la ville, leur firent croire qu'ils leur amenaient des approvisionnements, et donnèrent ainsi le temps aux soldats qui les suivaient, de faire sauter, au moyen d'un pétard, une portion des murs. Une étrange tradition populaire, qui s'est conservée jusqu'à nos jours, raconte qu'à l'instant où les troupes impériales entrèrent avec précipitation par la brèche, le coq en fer, placé au sommet de la tour, chanta , et les cloches se mirent d'ellesmêmes en branle. Le pacha de Raab ne voulut pas se rendre, et fut haché en morceaux : trois cents Ottomans, réfugiés dans les casemates d'un bastion, mirent le feu aux poudres, et se firent sauter en l'air avec ceux des vainqueurs qui occupaient le rempart au-dessus de ces casemates. Lorsque Satourdji reçut une si fâcheuse nouvelle à Belgrade, où il était campé, il n'en resta pas moins impassible et inactif, et il attendit près de trois mois avant de songer à tirer vengeance de cet échec. Le 14 zilhidjè 1006 (18 juin 1598), il quitta ses quartiers d'hiver, lit jeter un pont sur le Danube au-dessous du promontoire de Tachlik-bouroun, et alla attendre, pendant un mois et demi à Becskerek , le khan des Tatares, Ghazi-Gheraï, qui arriva enfin le 27 muharrem t007 (30 août). L'armée se mit de nouveau en marche, s'empara de Czanad sur la Marosch , et assiégea Grosswardein; mais au bout de sept jours , on apprit la chute de Dotis, de Wesprim, de Papa, la défaite de Hafiz- Ahmed-Pacha à Nicopolis, et le péril où se trouvait Bude, attaquée par les Impériaux : le sèrasker «lonna Tordre de la retraite, et l'armée s'achemina vers Szolnok, où elle n'arriva qu'à travers mille obstacles et après avoir perdu quelques centaines d'hommes dans les marais. A Szolnok, une révolte des janissaires, causée par la disette, obligea Satourdji à quitter la route de Bude et à continuer sa marche jusqu'à Belgrade. Le 8 décembre 1598(djemaziul-oula 1007), le grand
vézir Djerrah-Muhammed et le sèrasker Satourdji furent destitués, et leurs deux emplois furent donnés à Ibrahim* Pacha. Ce dernier, d'un caractère trèsdissimulé, parvint à obtenir en secret une sentence de mort contre Satourdji, auquel il écrivait les lettres les plus flatteuses. L'aga des janissaires , Ti rnarkdji -Haçan , chargé de mettre à exécution le khatti-cherif contre l'exsèrasker, le fit massacrer au miliei d'un repas, auquel, malgré les avertissements de son ami Ghazi - Gheraï- Khan, l'imprudent Satourdji avait invité le porteur du fatal arrêt. Le grand vézir, fidèle à son système de duplicité, feignit la plus violente colère en apprenant l'exécution qu'il avait sollicitée lui-même, et jura que l'aga des janissaires avait agi sans prendre ses ordres. Ibrahim, voulant taire oublier à Ghazi-Gheraï la mort de son ami , alla rendre visite au khan de Crimée, qui le reçut avec les apparences de la cordialité; mais il se méfiait tellement du rusé ministre, qu'il n'entra jamais sous sa tente, et ne descendait pas de cheval pendant leurs entrevues.
Des négociations sans résultat eurent lieu a cette époque entre les Impériaux et les Ottomans. Ghazi-Gheraï-Khan repartit alors pour la Crimée, et le grand vézir retourna à Belgrade.
Cette campagne fut remarquable par la discipline" sévère qu'Ibrahim sut maintenir parmi les troupes.
L'année suivante, 1008 (1600), le grand vézir cherchant à s'emparer par ruse de Papa, gagna deux mille Français et Wallons qui faisaient partie de la garnison , et qui , n'étant pas payés de leur solde, prêtèrent l'oreille aux offres des Ottomans et abandonnèrent la forteresse. Poursuivis par les Impériaux , ces transfuges perdirent plus de la moitié des leurs , et n'arrivèrent à Stuhlweissenbourg qu'au nombre de cinq ou six cents : engagés au service de la Porte , ils furent, dit-on, pendant vinct années les plus cruels ennemis des chrétiens. Babocsa et Siklos se rendirent à Muhammed, Kiahïa du grand vézir, et à Murad-Pacha gouverneur du niarbèkir. Ibrahim arriva en août
L'UNIVERS
devant Kanischa, et après un pénible siège de quarante jours, soumit cette place forte, dont la prise fut célébrée par des réjouissances qui durèrent trois jours et trois nuits.
Pendant la guerre de Hongrie, les relations de la Porte avec les autres puissances étaient très -amicales : de Brèves, ambassadeur de Henri IV, obtint la promesse de l'envoi d'un représentant de la cour ottomane à celle de France, et cet ambassadeur devait présenter à Henri un sabre orué de pierres précieuses, en témoignage de la haute estime du Sultan. Mais comme Dj i ghala, ennemi des Françai s, em pécha le départ du muteferrika Mouthanher, destiné à cette mission, de Brèves dit que son roi n'avait pas besoin d'une autre épée que la sienne, et qu'à ses yeux la délivrance d'esclaves chrétiens avait eu plus de prix que le plus beau sabre enrichi de pierreries. La Pologne maintint la paix avec le Grand Seigneur, et lui envoya de fréquentes ambassades.
Abdullah , souverain de Samarkand et de Bokhara, fit partir un envoyé pour Constantinople. Châh-Abbas Ier, qui mérita le surnom de grand , dépêcha à Sultan-Muhammed son maître des cérémonies Kara-Khan, qui présenta à Sa Hautesse les clefs de vingt-quatre villes ou châteaux, conquis par le souverain persan sur les Uzbeks.
Vers cette époque, diverses révoltes eurent lieu : un vieillard et un chef de brigands se donnèrent l'un et l'autre pour le Mehdi (*). Un troisième aventurier se (it passer pour le prince Suleïraan , frère de Sultan-Sèlim : la Karamanie fut ravagée par trois mille étudiants, et les partisans de Mouthahher essayèrent de soulever l'Yémen :
a Alep, une insurrection de janissaires fut réprimée par le gouverneur Hadji-Ibrahim, qui fit subir à dix-sept d'entre eux le supplice de la potence : Dja'fer-Pacha détruisit le pouvoir des Lewend-Louarssab, princes de Géorgie, en envoyant les derniers membres de cette famille à Constantinople, où ils furent enfermés pour leur vie dans
(*) Voyez la note de la page i?5
le château des Sept-Tours. Une émeute de sipahis éclata dans la capitale : une juive, nommée Kira, ancienne pourvoyeuse du sérail (*) sous Muraa III, s'était attiré la haine des sipahis, par le trafic qu'elle avait fait des fiefs de cavalerie : les mutins demandèrent sa téte; le kaïni-mèkam Khalil-Pacha ne crut pas pouvoir se refuser à leur désir, et la juive fut massacrée avec ses trois enfants : cette concession de Khalil le fit déposer; il fut remplacé par Khadim-Hafiz-Ahmed-Pacha. Une insurrection plus dangereuse se manifesta en Asie : les troupes soldées oui , à K ères/. tes , n'avaient pas répondu à l'appel , et que le grand vézirDjighala , par une sévérité outrée et intempestive , avait flétries du nom de Jirari (fuyards) , s'étaient réfugiées dans l'Asie Mineure : un buluk-bachi ou officier général des Segbans, nommé Kara- Yazidji-Abdul-Halim, se met à leur téte-, il se fait passer pour un prince de l'antique maison des Bènou-Cheddad, et répand le bruit que le Prophète lui est apparu en songe, et lui a prédit que, vu sa noble origine et en récompense de la simplicité de ses mœurs et de la pureté de sa religion , il était prédestiné à régner en souverain sur l'Anatolie. Le bruit de cette vision exalte les esprits crédules et attire sous les drapeaux de l'imposteur une foule d'aventuriers et de brigands : il s'empare alors de la ville de Roha (Edesse), et parvient à gagner à sa cause Huçein- Pacha, que le Sultan avait chargé de prendre des renseignements sur l'importance de cette insurrection. Les révoltés battent le mute-
(*) Des femmes juives ou même chrétiennes fréquentent les harems pour y exercer dans toute son étendue le métier de revendeuses à la toilette; elles y portent toute espèce de bijoux , d'étoffes, d'objets de mode et de fantaisie. Ce sont de très-habiles et très-adroiles intrigantes, qui jouissent même d'une certaine influence; c'est par elles qu'on pénètre les secrets de ces harems , et laurs indiscrétions ont souvent eu des suites funestes, non-seulement pour elles-mêmes, mais pour leurs protecteurs ou pour leurs protégés.
celllm (administrateur) de Karamanie, et s'enferment dans Roha : obligé de capituler, faute de vivres, Kara-Ysziuji fait ses conditions, s'assure le gouvernement d'Amassia, et livre à ce prix Huçein-Pacha qui est conduit à Constantinople , où il périt dans les tortures. Kara-Yazidji, au lieu de se rendre à Amassia, continua de propager la révolte , se réunit à son frère Dèli-Hucein, gouverneur de Bagdad, et battit complètement l'armée ottomane, commandée par les vézirs Haean et Hadji -Ibrahim. Le chef des insurgés, enorgueilli de sa victoire, s'arrogea , avec le titre de châh , tous les droits de la souveraineté; il se forma une cour, créa des vézirs, des ministres , des officiers; et expédia des bérats et des fermans décorés de son Toughra, sur lequel on lisait ces mots : Halim-Châh, toujours victorieux {mouzaffer daïma). Cette insurrection, une des plus graves qui eussent éclaté depuis la fondation de l'empire, devint, pendant trente ans , une source de divisions intestines , et fut sur le point de soustraire l'Asie à la domination des Osmanlis.
M ichel, voïvode deValachie, espérant réunir sous sa puissance la Moldavie et la Transylvanie, , avait enfin réussi à se réconcilier avec les Ottomans. Victime de son ambition , il avait péri , en 1010 (àoût 1601), sous le poignard d'un émissaire de Basta , général des troupes impériales. Alors Mahmoud- Paclia et Chaaban, beïler-beï de Chypre, envahirent la Valachie; et Sigismond fut investi de la principauté de Transylvanie.
Le 9 muharrem 1010 ( 10 juillet 1601), le grand vézir Ibrahim-Pacha mourut , et fut remplacé par le kaïmmèkam Haçan-Yèmichdji (le fruitier).
Le nouveau sèrasker se dirigea sur Bude; pendant sa marche, il apprit que Stunlweissenbourg venait de succomber : il s'avança alors sous les murs de cette ville et livra bataille aux Impériaux, qui furent vainqueurs. Le lendemain de leur victoire, les Autrichiens se fortifièrent dans la ville de Palota , et Flaçan se mit en route pour déblo-
quer le château de Kanischa, que l'archiduc Ferdinand assiégeait avec une armée forte de trente mille hommes.
Le commandant de la place, Haçan- Teriaki {mangeur d'opium), parvint, à force de ruses et de courage, à tenir jusqu'en novembre, époque à laquelle !e froid vif qui se déclara tout à coup, et le bruit qui se répandit de l'arrivée prochaine du erand vézir, déterminèrent Ferdinand à la retraite :
elle s'opéra avec une telle précipitation que toute l'artillerie et une grande partie des bagages tombèrent au pouvoir des Ottomans. Haçan-Tèriaki fut récompensé de sa glorieuse défense par le titre de pacha à trois queues : pour honorer aussi la brave garnison de Kanischa, le Sultan lui envoya un khatti-chèrif renfermé dans une plaque d'or suspendue à une chaîne du même métal; par une distinction singulière, l'aga des janissaires, qui ouvrait et fermait chaque jour les portes de Kanischa, portait autour du cou cette chaîne, à laquelle étaient attachées la plaque d'or et la clef de la forteresse. L'heureuse réussite de la campagne valut au grand vézir la main de la Sultane Aïchè, veuve d'Ibrahim-Pacha, avec quarante mille ducats de dot.
Cependant la révolte des Firaris se maintenait en Asie : leur chef Kara- Yazidji battit à Kaïçariïè Hadji-Ibrahim-Pacha; il fut à son tour vaincu par Sokolli Haçan-Pacha à Sèpetli, près d'Elbistan , et se réfugia dans les montagnes de Dianik, sur les bords de la mer Noire. Il mourut bientôt, et fut remplacé dans le commandement par son frère Dèli-Huçein : trois autres chefs des rebelles pillèrent la contrée de Tokat et le fameux jardin du vézir Sokolli , que ce personnage avait appelé djennet-baehv (le paradis), et qu'il avait décore de fleurs artificielles d'or et de diamants. Sokolli, qui s'était réfugié dans Tokat, y fut tué, et la ville se rendit aux insurgés. Khosrew, Pacha de Diarbèkir, avait été nommé successeur de Sokolli , même avant sa fin tragique ; il voulut agir contre les rebelles avec les troupes de Damas, d'Alep et de Mer'ach ; mais aux appro-
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ches de l'hiver, il se vit abandonné par ses soldats , et Hafiz- Ahmed-Pacha fut assiégé dans Kutahiïè pendant trois jours par les partisans de Dèli-Huçcin.
Cette même année 1010 (1601), Djighala-Zadè désola la côte d'Italie, tandis que quelques galères maltaises, qui faisaient partie d'une flotte chrétienne de soixante-dix voiles, sous les ordres d'André Doria et de don Juan de Cordoue, surprenaient Neocastron (Passeva), et que d'autres navires florentins de la même escadre ravageaient l'île de Stanco (Cos).
Vers cette époque , la Porte, sur les plaintes de la France, lui faisait restituer les prises faites par le beïler-beï d'Alger. L'année suivante 1011 (1602), les Maltais s'emparèrent de Muharamediïè sur la côte d'Afrique, et le grand vézir soumit Stuhlweissenbourg; au moment de son entrée en Transylvanie, il apprit que les Impériaux , après avoir conquis la ville de Pest, avaient passé le Danube et pressaient vivement Bude. A cette nouvelle, Haçan-Pacha envoya vers Pest Nouh Beï î beïler-beï d'Anatolie , avec deux mille chevaux, jeta dans Bude un renfort de janissaires , de canonniers, d'armuriers et de volontaires sous les ordres de M uhammed-Pacha , et partit ensuite pour Belgrade. Au bout de quinze jours, l'archiduc Mathias, rebuté par la résistance opiniâtre de la garnison , et redoutant les pluies orageuses de l'hiver, leva le siège (18 novembre). Muhammed - Pacha , pour prix de sa vigoureuse défense , fut élevé au rang de troisième vézir.
Haçan-Pacha fut rejoint à Belgrade par le khan des Tatares, Ghazi-Gheraï : il amenait le contingent de troupes qu'il devait à son suzerain.
En 1012 (1603) eut lieuàConstantinople la condamnation à mort d'un muderris appelé Nadazli-Sary-Abdurrahman-Efendi : cet homme de loi , très-instruit, mais sans mœurs, ne
nait à aucune religion; il traitait ables le paradis , l'enfer, le jugement dernier, le mérite des bonnes œuvres, etc. : il prêchait partout sa doctrine impie et tâchait de se faire
des prosélytes. Arrêté enfin et cité au divan, ses principes furent combattus par les kazi-askers, Akhi-Zadè et Esad-Efendi , qui , n'ayant pu le ramener à l'islamisme, décernèrent contre lui la peine capitale.
Dans le mois de rèdjeb 101 1 (janvier 1603), une révolte de sipahis éclata à Constant i no pie et mit en danger la vie du grand vezir; grâce aux mesures vigoureuses qu'il prit, et surtout au concours des janissaires , l'insurrection fut étouffée; mais une haine invétérée subsista depuis ce jour entre ce dernier corps et celui des sipahis.
Après avoir ainsi triomphé de la ré»
volte ouverte, Yemichdji-Haçan-Pacha tomba victime des sourdes menées de ses ennemis : il fut destitué le 27 rèbi' ul-akhir 1012 (4 octobre 1603), et étranglé dix jours plus tard. Le sceau de l'empire fut envoyé à Yavouz-Ali.
Le nouveau grand vézir se rendit à Constantinopie, et, chemin faisant, il justifia son surnom de Yavouz (cruel, sévère) par quelques exécutions ; entre autres, celledu reoelleGhourghour, qui eut la tête tranchée au moment où, en signe d'obéissance, il baisait l'étrier d'Ali-Pacha (*).
Le chef des rebelles Jiraris, Dèli- Huçeïn, avait fait sa soumission en 1013 (1603), et avait reçu, en récompense, le gouvernement de Bosnie. De concert avec le sèrasker, il marcha contre Pest et eut, avec les Impériaux, deux engagements, dans lesquels il perdit six mille hommes. La rigueur de la saison étant venu interrompre la campagne, Murad, beïler-beï de RoumiJie, lut chargé de la défense de Bude, et Dèli-Huçeïn de celle d'Essek.
• Cette même année 1012 (1603) fut signalée par la fin tragique du prince Mahmoud , fils du Sultan. Un cheïkh, adonné à la science cabalistique , avait persuadé au prince héréditaire qu'il
(*) Lorsque Ghourghour mettait à rançou une ville (dit un historien oriental), il exi geait , en argent , l'équivalent du poids d'une lourde massue qu'il portait toujours avec lui et qui pesait autant que cent mille piastres ((a/ari).
aurait la destinée la plus funeste s'il tardait à occuper le trône de son père : Mahmoud permit alors à l'imposteur d'user de maléfices pour abréger les jours du Sultan. Leur correspondance fut interceptée et mise sous les yeux de Sultan-Muhammed , qui, dans les premiers transports de sa colère , ordonna la mort de son fils , et fit jeter dans le Bosphore la mère de Mahmoud, le cheikh et quelques officiers , complices de cette trame odieuse. Le malheureux prince, victime de sa crédulité, était d'un caractère noble et belliqueux qui semblait annoncer un grand monarque : il avait demandé à son père d'aller en Asie combattre les rebelles : cette ardeur guerrière déplut au Sultan, et lui inspira une défiance et une jalousie qui furent peut-être les véritables causes de l'arrêt porté contre son fils.
Depuis quelques années , des envoyés du roi de Perse, Châh-Abbas, parcouraient les cours de l'Europe, afin de les décider à se liguer contre les Ottomans : quoique ces ambassadeurs n'eussent pu réussir dans leur mission, la guerre entre la Perse et la Turquie s'alluma en 1603. La garnison ottomane de Tebriz ayant ravagé, au milieu de la paix, la province de l'Azerbaïdjan et chassé Ghazi-Beï, gouverneur de Selmas, Châh-Abbas marcha sur Tebriz , et livra aux Ottomans une bataille dans laquelle ces derniers succombèrent accablés par le nombre.
Vingt jours après cette victoire, les Persans entrèrent dans Tebriz : le châh se dirigea alors sur Nakhtchivan et Érivan : la première de ces villes , trop mal fortifiée pour soutenir un siège , fut abandonnée par les Osmanlis; la seconde , défendue d'un côté par l'A ras {Âraxes), fut entourée, sur les autres points, d'un nouveau rempart long de cinq cents coudées. Châh-Abbas écrivit au gouverneur d'Érivan une lettre pleine de bravades, à laquelle Chèrif-Pacha ne répondit pas, et qu'il se contenta d'envoyer au Sultan. Le 11 djemazi'uloukhra 1012 (16 novembre 1.603), l'armée persane parut devant Érivan, et le chah dressa son camp sur une col-
line voisine nommée Mihnct- Tèpèci (Colline de la fatigue). Une lettre du ouverneur d'Érivan, dans laquelle il emandait du secours au commandant de Van, ayant été interceptée, Châh- Abbas la renvoya à Chèrif-Pacha, après avoir écrit de sa main quelques mots pour engager ce dernier à se rendre.
Le molla Yakhchi, qui portait ce message, retourna encore sans réponse; enfin à une nouvelle lettre du roi de Perse, Chèrif-Pacha dit au négociateur : « Tant que vous n'aurez pas acheté la « conquête de chaque pierre des rem- « parts par la mort de chacun de nous, « tant que vous n'aurez pas perdu vous- « mêmes assez de soldats pour qu'on « puisse élever des pyramides avecleurs « têtes , n'espérez pas de posséder la « forteresse. » Comme Yakhchi se retirait, après cette fière réponse, il fut poignardé par quelques soldats ottomans.
Lorsque ces nouvelles arrivèrent a Constantinople, le kaïm-mèkam convoqua un grand conseil, dans lequel on donna a Sa'atdji-Haçan- Pacha le commandement de l'armée d'expédition contre la Perse; peu de temps après, le Sultan expirait victime de sa superstition : cinquante-six jours auparavant , il avait rencontré , en rentrant au sérail, un derviche que son imbécillité faisait passer pour un saint, et qui s'écria en voyant Sultan- Muhammed : « Auguste monarque, ne « t'endors pas ! Je t'annonce un triste « événement qui aura lieu dans cin- « quante-six jours. » Ces paroles alarmèrent le Sultan; il tomba malade au bout de quelques semaines, et mourut en effet à la date annoncée.
C'est sous Muhammed III que l'empire ottoman , qui avait déjà commencé a donner des signes de désorganisation pendant le règne de son prédécesseur , marcha par une pente rapide vers sa décadence. Les causes en sont faciles à apprécier : l'esprit d'insubordination qui régnait dans l'armée , et la violation manifeste de la plupart des institutions créées par la sage politique des ancêtres de ce prince, ne pouvaient manquer d'affaiblir l'État dont elles
L'UNIVERS
ébranlaient les fondements. Sous les ministères de Djighala et de Yemichdji- Haean, les plus graves désordres s'introduisirent dans les branches de l'administration civile et militaire. La vénalité des charges, l'altération des monnaies , l'augmentation toujours croissante des impôts , enGn toutes ces mesures désastreuses qui semblent donner aux empires un moment de prospérité et de vie, mais qui, en effet, portent en elles des germes de dissolution et de mort, se réunirent pour pousser à la ruine de l'État. Cependant on ne peut attribuer à Sultan- Muhammed III tout le mal qui se fit sous son règne; ce prince avait des intentions droites : le surnom A'Àdli ^le juste) (*), dont il signait ses poésies, témoignerait du moins de son amour pour la justice. En prenant le sceptre , il ordonna une enquête sur les dettes contractées par son père envers plusieurs caisses publiques, et il consacra à leur extinction cinquante millions d'aspres. Lorsque, en 1698, il éleva Djerrnh-Muhammed-Pacha à la dignité de grand vézir, il lui adressa un khattichèrif pour l'exhorter à bien faire son devoir; on y lisait ces paroles sévères : « Sache, au surplus, que j'ai juré par « les mânes de mes aïeux , de ne jamais « faire grâce à un grand vézir, mais « de punir sévèrement la moindre pré- « vancation dont il se rendrait coupa- « ble : il sera mis à mort; son corps « sera coupé en quartiers, et son nom « voué à l'infamie ! » Le Sultan prit des dispositions rigoureuses pour l'exécution des lois de l'islamisme, qu'il pratiquait lui-même scrupuleusement; il n'était adonné ni à l'opium, comme Murad III , ni au vin , comme Sèlim II ; et il publia, en 1004 (1596), un édit par lequel il ordonnait, sous les peines les plus terribles, de fermer tous les cabarets. Élevé dans le goût de la littérature par son précepteur Nèvaïi , et par INèvi, l'un des poètes ottomans les plus distingués , il protégea les lettres et les sciences. Plusieurs légistes
(*) C'est le même qu'a pris aussi Sultan - Mahmoud II, aujourd'hui régnant (i83S).
et savants renommés, dont quelquesuns même étaient Tatares, vécurent à Constantinople , et y furent accueillis et récompensés. Le célèbre Sè'aduddin, qui rédigea les annales de la monarchie ottomane depuis sa fondation jusqu'à la mort de Sèlim Ier,. et traduisit du persan l'histoire universelle de La ri, parvint, sous Muhammed m, dont il avait été le précepteur (khodja), à la dignité de mufti : il fut le conseiller de ce prince et de son père Murad II F.
Son style est remarquable par une pompe et une richesse qui n'ont été égalées par aucun écrivain musulman :
il mourut le 12 rèbi' ul-ewwel 1008 (2 octobre 1599), jour anniversaire de la naissance de Mahomet le Prophète. Six mois après la mort de Sè'aduddin, eut lieu celle de Baki , le plus grand poète lyrique des Ottomans; il avait été trois fois grand juge de Roumilie. Ali, distingué entre les historiens orientaux par son esprit de haute critique, sa véracité et son indépendance, mourut aussi cette année : il avait composé dix-huit ouvrages en prose et en vers; et dans la carrière des honneurs , il s'éleva jusqu'à la dignité de pacha de Djidda.
Sultan -Muhammed III avait régné neuf ans et deux mois lunaires. Les événements les plus remarquables de cette courte période sont la prise d'Erlau et celle de Kanischa. Malgré ces conquêtes, les troubles continuels qui agitèrent l'empire sous ce prince, rendirent son règne un des plus désastreux qui aient pesé sur la nation ottomane.