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Imilation de slatères au coin du char

Le coin du roi Philippe accorda le cavalier à toute la monnaie de Macédoine, à tous les métaux, à For, à l'argent et au cuivre ; le bîge y est réservé à For seul. Aussi le coin gaulois, dès sa naissance, n'imprima le bîge que sur For ; le cavalier y est également sur les monnaies d'or ou d'argent ; cependant plus tard , le cavalier se trouve par préférence sur l'argent. La Gaule avait de For en abondance , on le déposait dans des sanctuaires, et il servait à la parure des femmes et des hommes. Les uns croyaient qu'on le retirait des fleuves , nommément de ceux de raelvétie; les autres disaient, d'après le récit des Celtes, que les mines de Kemmenon ou des Géhennes , en fournissaient une grande quantité. On le trouvait aussi avec'facilité en Aquitaine chez les Tarbelles (5i). C'était donc un métal local , qu'on ne

(5i) Mercuriiim c*lunt, hnitissuiit plarima simulaeni, huno omnium in* ▼entorem, artium feront ; huno Tiarum atque itinerum diicem, hune ad qnœstus pecuoifiB mercatarasque habere vim mazimam arbi(rantur.(CaB8ar VI, 17.) Les inscriptions postérieures lui donnent les épithétes de Mercurius negotiator, nundinator, postversus. (Gruter, p. 55; Spon miscel. p. 92; Petau ; Dom Martin II, 18.)

(53) Posidon. ap. Strab. IV, p. 188 ; ap. Athen. V, 23; Diod. Sic. V , 27; StraboIII, p. 146, IV, p. 190.

retirait plus depuis longtemps des mines de l'Ibérie. Or, il n'était pas difficile aux Celtes de copier et d*imiter les statères et les demi-statères macédoniens. Aussi on les retrouve dans le sol des Biturigs et des Carnutes (53) , ils se retrouvent sur différents points de la France (54).

Le bige est l'empreinte de différentes monnaies grecques , on pourrait donc douter si celui de la monnaie gauloise prend son origine de la macédonienne , s'il n'était réservé, dès son origine, exclusivement à For seul , à la manière de Hacédoin , et si tous les débris de récriture monétaire , toutes ses fractions ne prouvaient que ce sont les restes du nom de <I>lAinnOT. Ces restes

qu'on rencontre parfois , sont : AIIITI. FFION. LVIII. VnOA (pi. II, il, i%) (55). Si donc on trouvait quelque part les traces d'une autre inscription , si l'on trouvait quelques signes accessoires étrangers à la monnaie de Philippe et appartenant à la monnaie de Syracuse, ou à quelque autre , il finudrait conclure qu'une influence extraordinaire concourût à ces exceptions.

£n effet , il est nécessaire aux investigateurs de porter leur attention sur ces débris de l'épigraphique , pas autant pour y retrouver une origine étrangère à la macédonienne, que pour y rechercher la localité et l'époque. Il est possible que certaines localités , admettant une fois une défiguration déterminée , lobservaient quelque temps ; et il est certain que les pièces offrant ces débris épigraphiques , sont de l'époque plus ancienne ; c'est la marque de l'ancienneté, et il serait difficile de les reporter à la troisième période où l'art gaulois, achevant son progrès, s'affranchit de cette indolence primitive.

Le bige en Gaule , ne reste pas toujours et partout le même , il se divise avec le temps en différentes branches , et engendre plusieurs coins tout spéciaux pour certaines localités. Une des plus anciennes variétés , est le bige de la monnaie concave (pi. II , 10 ). Presque toute la monnaie grecque de cette époque se présente légèrement bombée d'un côté, et aplanie ou un peu enfoncée de l'autre. Les Gaulois, en imitant cette inégalité, des deux côtés , exagèrent souvent la convexité et la concjikvité ,

(53) Trouvaille de Chastellier, revue nuin., t. I, p. 84 ,* pi. II et suiv.

(54) Conbr. 1,2,3,8, 17, 45; 62.

(35) Conbr. 1, 2, 3, 8; revue num., t. 1 , pt.II, 1.

eu inventant uae monnaie irèsHConcave , à Finsiar d'un godet (56). Scm or est souvent pÂle, Fempreinte faible et douce. Oti j voit dn côté ooDcare une tète imberbe , réduite aux traits symétriques , assez réguliers, et eoordoonés entre eux ; du cMé concaye ua bige avec des croissants et «me rouelle. De tout ce cpie |*ai vu de cette espèce /de monnaie y je n'ai pu distinguer rien de plus. Tonte sa composition , particulièrement le bige , n'étant pas endommagée et ioffirant un icfaar attelé de deuxcbe^ vaux , prouve que^ette monnaie remoate presque à Forigkie du mounayage gaulois quand il c<^iait encore ; qa'éAe «st de ia première époque ou bien s*en rapproche beaucoup.

Bientôt le l»ge, dans le plus grand oombre ^'imitations, perd

unciieval,et se change en un char traîné par un cheval, de suite

il p^d son char, en sortequ^l ne reste que le cheval oendult, en^

fin le 4;onduct»ir4isparatt , 'il ne reste que le cheval soumis aux

transmutations. Il faut cep^idaot remarquer qu'il y a des mé^

dailles de Philippe , qui n'ont qu'un damul attelé au char : les

Gaulois, en négligeant un cheval du bige, pouvai^it donc imiter

ce modèle. Ces changements offrent grand nombre de variétés ,

et un champ U'ès*vaste et fertile à cultiver dans Fhistoire <le la

numismatique gauloise, le ne doute pas qu'on n'y obtienne una

récolte abondante.

%A. Point de départ; et la déeorapositipa du char.

Le bige étant d'abord le coin exclusif de l'or , devait se répandre dans la Gaule méridionaile où l'on exploitait For.dapsles Géhennes. Cependant, selon toutes les apparences et toutes les dates que Fhistoire du monnayage nous présente , dès le commencement , il devint le type du centre et de la partie septentrionale , comme il Fêtait postérieurement dans toutes ses ramifications. C'est que le monnayage gaulois , partant de Foment, prit sa naissance dans le centre de la Gaule , et non pas dans 'le midi qui , ne participant guère à la commotion de Fépoque , forma postérieurement son monnayage , et suivit un système différent en dehons des espèces en or. Le char trouva un hangar commode dans le pays des Biturigs etdesGarnutes, d'où il roula dans dilfêrenftes directions.

Les esseda ou covina celtiques sont connus. Anciennement les

(56) Nummi scyphati| de temps postérieurs.

Gaulois en Italie , plus tard les Bretons , et plusieurs peuples celtiques combattaient sur leurs esseda. C'était surtout, dans les anciens temps , au nord de la Gaule, que cet usage de guerre existait. Les esseda des Belgs étaient connus encore dans des temps postérieurs (67). On croirait donc que le bige devint le type de prédilection delà Gaule septentrionale, s'il n'était bientôt dépouillé d'un cheval, du char, du conducteur. Dans les recherches sur les cérémonies religieuses des Gaulois on trouve que les druides se promenaient dans des chars consacrés ; on parle d'un char sacré , dans lequel on conduisait une divinité dans les fêtes (58). Mais la même raison , c'est-à-dire la décomposition graduelle du bige , s'oppose à y voir le motif de la prédilection monétaire pour le bige. Ce n'est que l'imitation qui l'a installé avec le numéraire en or, comme nous l'avons vu, et l'existence prolongée dans le centre et au nord de la Gaule, des espèces de ce métal, rafifermit le type du bige , du char , du cheval conduit, sans empêcher sa décomposition.

Le bige, avant de se porter sur quelque 'autre métal, choisit l'or et l'électrum, il opéra toutes ses permutations sur l'or, ainsi que l'or avec Thistoire du bige, du char, du cheval conduit, prolongèrent leur existence jusque vers le temps des Romains. Nous suivrons cette histoire espérant que d'autres investigateurs

(57) Lit. X, 28, XXII , 46 ; GiBsar, bell. gai. patsim ; Sirabo IV, p. 200 (306) ; Diod. Sicul. V ; 29 ; Oros. V , 14; Lucan. I, 426; Lucian. Zeux, t. T, p. 581, t. II, p. 323; Martial. XII , 24; Jornandes de bel. got. 2 ; VirgiU Georg. III, 204. Belgica esseda, Gallicana véhicula , nam Belgae civitas est GallisB ia qua huiusmodi vehiculi repertus est usus (Serv. ad Virgil.). Esseda autem vehieuH vel currus genus qao soliti suât pugnare Galli , Cœsar testis est libro ad Ciceronem tertio ; multa millia equitum , atque essedariorum habet (Pbylargyr. ad Virgil.). C. Cœsar Gallorum folcalas quadt-igas eadem ratione palis defiiis excepit , inhibuitque (Frontin. stralag. II, 3). Et docilis rector rostrati Belga eovini. (Lucan. I, 426). Dimicant non equitatu modo^ aut pedite, \erum et bigis et curribus, Gallice armati ; covinos Yocant quorum falcatis axibus utuntur (Mêla III, 11). Or, les biges s'appellent covùm en celtique, esseda en latin. La langue celtique fournit à la langue latine plusieurs mots pour désigner les voitures. Plurima gallica (verba) valuerunt , ut rheda et petoriium quorum altero Cicerotamen, altero Horatiusutitur (Quiuctil, I, 5). Voyez petorritum dans Âul. Gell. XV, 30.

(58) Voyez Bouteroue dans Dom Martin, t. II, p. 32, la monnaie EBVRO- VICE AVLERCO , citée par ces auteurs et négligée ou désavouée par Mionnet, Conbrouse. Sur la promenade des simulacres, de divinités, sont les témoignages de temps postérieurs, de St.-Symphorien (ap. Ruinard), de Greg. de Tours (glor. conf. 77 , de Sulp. Sévère (vita S. Martini 9).

seront à même de perfectionner ces premières explorations. A mon avis, le bige, le char à deux chevaux, disparait presque avec la première période, au moins il devient très-rare dans la suivante, et je n'ai rencontré aucune trace qui m'indiquât qu'il se perpétuât jusque vers l'époque romaine. Il reste un char traîné par un cheval, dirigé par un conducteur. Ce char et le cheval conduit, se retrouvent dans toute TArmorik et les pays adjacents. A mesure qu'un nouvel atelier monétaire s'ouvrait quelque part, le cheval conduit était placé sur la monnaie ; lui et la tète imberbe subissaient des changements remarquables. Là, c'est le conducteur qui est métamorphosé en une figure fantastique, ailleurs, c'est le cheval qui se transforme, reçoit à son corps une tète humaine, androcéphale. Ces variétés toujours produites du bige, du char, se multipliaient â mesure que les peuples gaulois érigeaient chez eux de nouveaux hôtels de monnaie ; et ces variétés si multipliées ayant pris naissance , consécutivement à différentes époques, prolongèrent simultanément leur existence. Plus on y voit de formes fantastiques , de bizarreries évidemment fixes et convenues, moins on doit attribuer ces déviations à la détérioration de l'art ; il faut absolument y voir un sens mystique, entouré de symboles, et attribuer la cause de tous ces changements à la doctrine religieuse, au druidisme, à l'art drui-^ dique. Les mythes grecs disposaient maintes fois de la bizairerie du coin de différentes cités grecques ; de même, les mystères druidiques s'emparaient du coin gaulois en naturalisant et nationalisant l'imitation étrangère. Mais cette ramification du char, appartient à la période suivante , c'est donc plus tard que nous suivrons quelques-uns de ses embranchements.

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