‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 14 sur 113 · Volks : invasiOB de Kambanl et de Brennns · texte numérisé non relu

Volks : invasiOB de Kambanl et de Brennns

Soixante années s'étaient écoulées depuis la première expédition de Sigovèse qui remua le centre de la Celtique, jusqu'au traité des Gaulois avec Alexandre-le-Grand ; soixante autres années se passèrent encore depuis ce traité jusqu'aux nouvelles incursions de ces peuples qui pénétrèrent dans l'intérieur de la Grèce , remuant le midi de la Celtique.

Cette partie subit, un siècle après, dé grands changements. A l'époque delà fondation deMassalîa, l'invasion desKeltes s'étendit jusqu'aux embouchures de Rhodan ; mais longtemps encore, au moins pendant deux siècles, le littoral depuis ces embouchures jusqu'aux Pyrénées, resta en possession des Lygiens et forma le pays ligystique , dont Narbo était la capitale des sauvages Helisyks (G^); ainsi du temps de l'invasion de Sigovèse, il n'y avait pas de Tektosags qui pussent partager cette expédition. Cependant, il semble que peu d'années après l'invasion de Bellovèse et de Sigovèse , les Helisyks sont dépossédés par de nouveaux venus, car Ephore ( en 860 ) fait de la Celtique la quatrième partie du monde (68) , les invasions celtiques ayant pénétré jusqu'en Ibérie. La descente des Celtes avait lieu du nord. Les bolgs, volgs ou volks, s'emparèrent de tout le pays entre le Rhône et les Pyrénées , se partageant en tektosags et AREKOMiKs (69) ; il nc resta des Helisyks qu'un souvenir dans le petit bourg d'Élusa.

(67) HecataeiEur. perieg. ap. Steph. Byz. ; H«rodot. VII, 163; Scylacis peripl. I, 4 ;

Gens Elesycum prias Loca liiec tenebat ; atque Narbo civitas Erat ferocis maximum regnl caput. {jfuieni ora marit, 584* 586.}

(68) Ephor. hist. IV, ap. Strab. I, p. 35 ; ap. Cosm. indicopl. II, p. 148.

(69) Tectosagos primaeTo nomine Bolgas. Auson. de clar. urb. Narb. \ Cicero pro Fonteio.

DEUXIÈME PÉRIODE , AGE D'ARGEiNT. 59

La population des Yolgs Tektosags s'accrut prodigieusement après un laps de temps. Il est certain, disent les historiens, qu'ils sont devenus si puissants et si non^reux qu'une sédition étant survenue, on fut obligé d'en faire sortir une très-grande partie à laquelle se joignirent plusieurs fractions de quelques autres peuples. (70). Cette émigration donna origine à différentes entreprises, expéditions , colonisations et fluctuations de plusieurs peuples du midi de la Celtique. Cela arriva à l'époque de l'expédition de Pyrrhus en Italie , dans l'espace de cinq années (280-276) (71). Les Celtes sortirent de leur pays et entreprirent leur première expédition sous les ordres de Kambaules. Étant arrivés jusqu'aux frontières de la Thrace , ils n'osèrent avancer plus loin , parce qu'ils savaient que les troupes qu'ils avaient amenées , étaient en trop petit nombre pour se mesurer à forces égales avec les Grecs. Ils s'arrêtèrent et retournèrent dans leur patrie pour engager un plus grand nombre à participer à une nouvelle expédition. Effectivement , les Celtes résolurent de porter une seconde fois la guerre chez les nations étrangères 9 ils y furent principalement excités par ceux qui s'étaient naguère mis en campagne sous les ordres de Kambaules , et qui s'étaient déjà livrés aux excès d'une cupidité sans borne, ne respirant que rapine et pillage (72).

Ces nouvelles expéditions partirent de la Gaule même , puisqu'il est dit par des contemporains , que les Tektosags sortirent de la Celtique pour aller en Asie (73).

On s'assembla , et il y eut sur pied un corps très-considérable d'infanterie et un corps cavalerie qui n'était guère moindre. Les succès qu'ils eurent , les engagèrent à partager leur troupe. Les chefs divisèrent l'armée en trois parties, dont chacune prit route vers le canton qui lui avait été assigné. Kerethrîus pass£( avec les siens dans la Thrace et dans le pays des Triballes ; Brennus et AkkhoriuH conduisirent les leurs en Paeonie; Belgius alla avec son armée en Macédoine et en Illyrie. La terreur du nom de ces Gaulois , était si grande que les rois qui n'étaient point atta. qués, achetaient volontiers la paix à force d'argent (74). Belgius

(70) Strabo IV, p. 286; Eratosth. ap. Strab.; cap. Caesar, VIT, 24, et ap. Steph. Byz.

(71) Polyb. I, p. 8 ; II, p. 151 ; Pausan. X, p. 856.

(72) Trog. ap. Justin. XXIV, 4 ; Pausan. X, p. 843. {78) Eratosth. ap. Steph. Byzant. confcr. Caesor, VI î, 24. (74) Trog. ap. Justin, et Pausan. 11. ce.

ott Bolgios, oondoisil donc son année dans la Maeédmne. Il combattit contre Ptolémée, qni périt dans le combat avec la majeure partie des troupes macédcmiennes. Cependant les Celles n'osèrent point alors pénétrer en Grèce, et c'est ce qni détermina cette colonie à revenir chez elle. Rrennns Praosien, voyant que le vainqueur Belgius n'allait pas plus Imn, assembla cent cinquante mille hommes de pied(on 1IS9000) etquinze mille (on 20000 ) cavaliers et prit les mesures quil crut convenables pour ruiner la Grèce et piller les trésors du temple de Delphes. Les Grecs accoururent de toutes parts pour repousser le fléau qui les menaçaient : fortifiés par l'espérance de la protection des dieux , ils aUèrrat an-devant et défirent d'abord Brennus aux Thermopjies. Cet échec n'intimida pas le général gaulois. Un détachement séparé, sous la conduite de MCambuitiê et Ore$kmu9^ traversa les montagnes ; Brennus les suivit avec le gros des troupes. D'après l'avis des chefs Bman et Tesmdorus, et se conformant aux cris de l'armée, il tomba sur Ddphes sans délai ( en 378) , mais il y périt avec tonte son armée. On rapporte que les foudres lancés par les dieux sur lui et sur ses compagnons , contribuèrent à leur mine entière (75).

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