‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 15 sur 113 · Colonisation des Tektosags · texte numérisé non relu

Colonisation des Tektosags

La retraite des Gaulois avec leur butin , remplit les Grecs de confiance, à un tel point, qu'ils ont cru qu'il ne revint aucun Celte sain et sauf. En effet, tous les anciens écrivains sont d'accord qu'il n'échappa que peu de monde , ou même pas un seul homme de l'armée que Brennus conduisit en Grèce (76). Cependant ils savaient que les Gaulois dans une guerre malheureuse contre les Delphes, ayant perdu Brennus leur chef, prirent subitement la fuite, et passèrent, partie en Asie, partie en Thrace, ou retournèrent dans leurancienne patrie, suivant le chemin, par lequel ils en étaient sortis (77): car la division se mît dans le corps de Brennus lorsqu'il arriva chez les Dardaniens, et chaque partie dissidente se sépara.

(76) Trog. ap. Justin. XXl\\ 5-8; Fausan. X, p. 843 et seq. ; Poiyaen. Btrat. VII, 35.

(76) Pofidon. ap. Slrab. IV, p. 282, Trog. ap. Justin. XX1V,8, Pausan.X, p. 856.

(77) Trojj. ap. Justin. XXXIT , 3. Inde per eadem vestigia qua venerunt anliqiiam patrinm repcti^ere.

Vingt mille hommes se détachèrent sous la conduite de Leon/or et Lutarius et allant joindre ceux qui étaient dans la Thrace , ils se dirigèrent vers l'Asie (78).

Une partie des troupes, composées de Tektosags, se fixa au confluent du Danube et de la Save et prit le nom de skoedisks (79) ou Kordistes, KopSitTrat. Cette nation, reste des Gaulois quimarchèrent contre les Delphes , fut établie dans les campagnes voisines du Danube , par leur chef Bathanatius. C'est de lui que le chemin par lequel ils s'en retournèrent, reçut le nom de Bathanatie, et ceux qui descendent de lui sont encore aujourd'hui appelés Bathanates (80).

la troisième partie composée de Tektosags et de plusieurs autres peuples qui avaient été à cette expédition, retourna chez elle (81). Ces tbrtosâgs, étant revenus à Tolosa, leur ancienne patrie , par le même chemin , qu'ils en étaient sortis , furent à leur retour, attaqués d'une maladie contagieuse. Us n'eurent pas plutôt recouvré la santé que, pour se conformer aux réponses des augures, ils jetèrent dans le lac Tolosan l'or et l'argent qu'ils avaient amassés dans ces guerres sacrilèges (Ss).

Quant aux Skordiks, pour expier le sacrilège, ils ne voulurent plus souffrir d'or dans leur pays (83).

De ceux des Gaulois qui se réunirent sous plusieurs chefe dans la Thrace on n'entend plus parler de Kéréthrius leur premier général. Ëux-mémes firent de grands progrès. Ils soumirent ceux qui leur résistaient et mirent à contribution ceux qui leur demandaient la paix. Us vinrent ensuite à Byzance et s'emparèrent de toutes les villes de cette contrée. De là, il leur prit envie de passer en Asie (84). La division se mit de nouveau entre les chefs. Komontorius resta dans la Thrace où il fonda un royaume (85); Leonor se retira à Byzance ; Lutharius, seul, passa la mer. L'intervention du roi de Bithynie, Nicomédès, rapprocha ces chefs.

(78) Liv. XXXVlir, 16.

(79) Trog. ap. Justin XXXII, 3.

(80) AUien. VI,5, p. 234.

(81) Trog. ap. Justin. XXXH, 3, Atlicn. IV, 5, Strabo IV, p. 286.

(82) Trog. ap. Justin. XXXII, 3, Posidon, ap. Srab. IV, rejôlent cet(e iradition.

(83) Athen. VI,5.

(84) Liv. XXXVIll, 16.

(85) Polyb. IV, p. 431.

Ils ne réunirent que dix -mille Gaulois, qui fiir»it la terreur de l'Asie. Us obtinrent une province du roiNicomédès , en récompense de leurs services, et s'y établirent sous le nom de plusieurs peuples formant un état gallo-grec (86). Leurs peu|dades s'appelaient : tektosags, Trokmes, ToUstoboiens, Teutobodiaks, Votures, Ambituens (87). Ils étaient puissants. Trente ans plus tard ( en 245) près d'Ancyre, ils remportèrent une victoire sur le roi de Syrie , Seleucus. Encore Attale , roi de Pergame , fit venir en Asie (en 240 ) les Galates aigosags (88).

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