Monnaie uniface : cheval de la race belgue , croissant
Nous avons laissé les deux coins du centre de la Gaule , celui du cavalier et du bige , en dérangement par le symbolisme , et prêt à se ramifier en différentes modifications. Nous avons même signalé une sorte de monnaie, très-concave, sur laquelle le bige est accompagné du croissant et d'une rouelle à quatre raies. Les traits réguliers et globuleux de cette monnaie , rattachent notre attention à des pièces dont les traits de la décomposition du bige et de la tète, offraient des formes globuleuses(pl. II, 14; IV,12). La manière du faire de leur empreinte , rapproche le temps de leur fabrication de celui des espèces concaves.
Sur une pièce doucette monnaie, à forme globuleuse (pi. IV, 12), nous voyons la figure d'un cheval symbolique, distinguée spécialement par la gorge. Cette gorge avec la tète , le poitrail et le garot, est séparée du corps et terminée fourchue (pi. III, â6, 88; IV, 12 , 16). C'est le cheval de la race belgue ; car , autant que je sache, on ne le retrouve presque nulle part, tandis que sur le sol des anciens Belgs on retrouve à chaque pas des monnaies avec l'empreinte de ce cheval singulier (99). Ce cheval est
^99) 0" retrouve quelquefois celte pièce aux bords de la Loire (revue uumism., t. H, pi. III, l, *i ) : mais ce sont les terrains belgs et de l'île brilpiinique qui en fourmillent.
reproduit» dans toute sa perfection, sur la monnaie d'or uniface^ ou lisse d'un côté. Il a ordinairement une bordure sous ses jambes, comme ornement qui remplace l'inscription grecque ( pi. UI, S6 )• Le conducteur y est déjà en destruction complète, on voit seulement au-dessus de la croupe et des rdns , le crois> sant que le conducteur tenait : le sens mystique ne permettait point de négliger ce croissant.
Mes lecteurs ont pu remarquer que , jusqu'à ce moment, tous les coins gaulois que nous avons reportés à ces anciens temps , avaient des croissants. Le croissant, ou la lune, est infiniment plus fréquent dans les pièces plus anciennes que dans les postérieures. Aussi on connaît une monnaie unifaee en or(ioo)quin'ofiredans son coin que le croissant radié à relief. Ce type démonU'e que les Gaulois, à l'époque où ils frappaient la monnaie unifaee, variaient déjà leur type ; et celui-ci peut retrouver qudque analogie avec le coin d'autres peuples : la monnaie unifaee des Gaulois offre encore un coin qui n'a plus aucune conformité avec ceux des autres étrangers; il est éminemment national.